PNR des Baronnies Provençales

Agriculture-Forêt, Développement durable |

A la découverte des plantes sauvages du Sud

Une variété incroyable de plantes tapisse et enjolive les paysages de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour les randonneurs, elles sont une source de curiosité ou de cueillette improvisée. Voici une première sélection de cette flore typique de notre région à la fois sauvage, médicinale ou comestible.

Sur notre chemin, on les croise souvent. Certaines nous sont familières alors que d’autres nous semblent inconnues ou étrangères. Les plantes sauvages de la région Sud sont aussi belles qu’utiles à bien des égards. Elles ont le don de ravir nos yeux par leur couleur et leur forme, l’art de nous faire saliver lorsqu’elles s’invitent dans nos assiettes et le pouvoir de nous faire bénéficier de leurs vertus bienfaisantes. Que la nature est généreuse !

4 700 plantes à fleurs en Région Sud

La variété géographique et climatique de la Région Sud permet une extraordinaire diversité de milieux naturels et d’espèces associant caractères méditerranéen et alpin. C’est en Provence-Alpes-Côte d’Azur que se trouve la plus importante proportion des espaces naturels de France (75 %) où vivent 2/3 des espèces végétales françaises. Parmi celles-ci, on compte 4 700 plantes à fleur sur le territoire* et 184 d’entre elles font partie de la « Liste rouge des espèces menacées en France ». A la fois belle et fragile, la flore de notre région mérite notre attention en participant tous à sa préservation.           

*Selon la DREAL PACA – Juillet 2009

Les plantes pour les yeux mais pas que…

Les plantes à la beauté sauvage ont souvent fait l’objet de nos premiers bouquets, ceux qui ont marqué les souvenirs de notre enfance. Il y en a pour tous les goûts : des blanches, des rouges, des bleues, des vertes… Parmi les plus connues, on retrouve les pâquerettes, les coquelicots, les iris sauvages ou encore les violettes.

                                      

La star au printemps est bel et bien le coquelicot des champs ! Faisant partie de la famille des pavots, cette plante herbacée annuelle se distingue par sa couleur rouge vif qui se démarque nettement des vertes prairies. Aussi photographier des champs de coquelicot en Provence reste un acte toujours aussi prisé face à la beauté de ce tableau offert par la nature toutes les années. 
On peut apercevoir la cousteline, cette fleur jaune aux feuilles charnues,au printemps et en automne à la même période où la chasse est autorisée. C’est pour cette raison qu’elle porte aussi le nom de salade des chasseurs car ces derniers la cueillent pour accompagner leur gibier. C’est aussi une des salades les plus connues du Sud.

                                                  

Mais elle peut arborer d’autres coloris et apparences en fonction de la nature de son sol. Dans la rocaille ou sur des terrains arides, elle prend des tons rouges, rouilles ou violets et sa taille reste très petite (pas plus de 5-6 cm de diamètre) avec peu ou pas de feuilles à l’extrémité. A l’inverse, lorsqu’elle se développe dans de meilleures conditions, elle présente une large touffe (30 cm de diamètre) avec des extrémités en forme de spatules.Une fois cueillie avant sa floraison et méticuleusement lavée, la cousteline se prépare en salade, coupée en très fine lamelle, saupoudrée de sel et arrosée avec d’un peu de vinaigre ou du citron.

Faites connaissance avec l’immortelle (Helichrysum italicum), cette plante protégée et vivace de 25 à 50 cm de hauteur qui se reconnait par ses bouquets de petites fleurs jaunes situés au sommet des tiges et par ses effluves semblables à celles du curry. Connaissez-vous son secret ? Elle est appelée « Immortelle » car cette fleur ne se fane jamais même après avoir été cueillie ! Lorsqu’on l’applique sous forme de crème, de lotion ou d’huile essentielle, cette plante, véritable élixir de jouvence, augmente la production de collagène permettant à la peau de rester ferme. L'immortelle atténue également les hématomes et les brûlures et favorise la disparition des cernes, de la couperose et des varices.
                                                

Plus discrètes mais dont le charme vient embellir les espaces verts de la région, d’autres plantes se présentent sur nos chemins de randonnée. Il suffit d’y prêter un tant soit peu attention ! Par exemple, vous pouvez croiser la clématite flamme, cette fleur blanche du Sud, assez haute, qui pousse dans les coteaux ensoleillés ou encore l’églantier, le cousin sauvage du rosier, la ciste à feuilles de Sauge, la ciste à fleurs blanches, la fougère, le millepertuis qui se repère par sa couleur jaune soleil…

Les plantes pour la cuisine

Certaines plantes de nos campagnes sont aussi idéales pour rehausser ou pour composer des plats typiquement méditerranéens à la fois goûteux et originaux. Telle une invitation à voyager au cœur de la Provence, découvrez quelques-unes des plantes comestibles qui se trouvent à côté de chez vous.

Si vous vous baladez dans des endroits incultes, vous y trouverez des plantes qui ont encore quelque chose à vous offrir comme le brocoli sauvage par exemple. Ses extrémités, formées de fleurs encore fermées, se mangent avec de la vinaigrette une fois blanchies ou bien mélangées à une soupe ou sautées à la poêle.

Parmi les divers types de roquette, il y a la Roquette sauvage (Diplotaxis erucoides), également appelée fausse Roquette ou Roquette blanche, qui s’épanouit au cœur des vignobles durant presque tout l'hiver et le début du printemps. Elle se mange jeune en salade mais il est préférable de la mélanger avec d’autres pousses car son goût est assez fort. Quant à la roquette jaune (Diplotaxis tenuifolia), elle se rencontre au gré des promenades dans les terrains vagues mais aussi sur le littoral. En cuisine, les feuilles plus anciennes se prêtent bien à la préparation de soupes et de ragoûts ou bien comme légume pour concocter des sauces vertes ou en pesto. Autre idée : les jeunes feuilles peuvent être ajoutées en garniture sur des pizzas au jambon de parme ou encore dans des sandwiches. Riche en en vitamine B9 (folates), en vitamine K et en calcium, la roquette aurait des vertus antioxydantes pour lutter contre le stress, la pollution, le tabac…

Dès l’enfance, nous apprenons à reconnaître le pissenlit ou taraxacum de son petit nom en latin. Tout est bon dans le pissenlit !Ses racines se mangent crues ou bouillies et peuvent servir à confectionner un café riche et corsé avec des notes subtiles de caramel (cf. recette maison). Cueillies au printemps, avant la floraison, les jeunes pousses se consomment en salades et les boutons floraux se conservent dans du vinaigre ou du sel pour se consommer comme les câpres. Enfin, les feuilles (très riches en vitamine C et β-carotène) qui ont une action détoxifiante hépatique douce, servent à préparer de nombreux plats (cf. « Pissenlits à l’auvergnate »)

Fabriquez votre Café de pissenlit

Sans caféine, le café de pissenlit au léger goût de caramel est en réalité une infusion préparée à partir des racines de pissenlit séchées, torréfiées et broyées.

Préparation

  • Récoltez des racines de pissenlit et coupez-les en petits morceaux.
  • Placez les morceaux au four à 200° jusqu’à ce que les racines soient brunes
  • Laissez refroidir.
  • Broyer dans un moulin pour en faire de la poudre.
  • Préparer votre café.

Bonne dégustation !

Préparez votre miel de pissenlit

Riche en vitamines, minéraux et oligo-éléments, le miel de fleurs de pissenlit maison est une alternative économique et gustative pour le petit déjeuner.

  • Ramasser vos pissenlits, séparez les fleurs du reste de la plante et mettez-en 500 g dans un bol.
  • Rincez à l'eau tiède (avec éventuellement un peu de vinaigre).
  • Essorez-les et hachez-les grossièrement.
  • Rassemblez les autres ingrédients pour la recette : 500 g d'eau, 500 g de sucre, un 1/2 sachet de sucre vanillé ou un 1/2 bâton de vanille et 1 citron.
  • Dans une casserole, mettez les 500 g d'eau, les fleurs de pissenlits et le citron préalablement coupé en morceaux (en gardant l'écorce).
  • Portez ensuite le tout à ébullition.
  • Une fois le tout bouilli, éteignez le feu, couvez la casserole et laissez refroidir une vingtaine de minutes.
  • Filtrez la mixture au-dessus d'une autre casserole et ajoutez-y le sucre vanillé et les 500 g de sucre.
  • Cuisez ce mélange à petit feu cette fois pendant une heure environ. Pour savoir si le miel est prêt, déposez quelques gouttes sur une assiette froide et regardez si la préparation perle. Si c'est le cas, c'est fini, le miel est prêt.
  • Si le miel est prêt, arrêtez alors le feu et commencez la mise en bocaux.

Toujours au printemps, vous pouvez cueillir de l’ail sauvage ou ail des ours. Cette petite herbacée sauvage comestible pousse dans des endroits peu ensoleillés et plutôt humides. Mais pourquoi est-elle appelée "ail des ours" ? Parce que les ours en sont très friands, attirés par la forte odeur de l’ail… Feuilles, boutons floraux et fleurs… Toutes les parties de la plante se consomment. Son goût relevé s’intègre très bien à une recette de tagliatelles fraîches au saumon, de risotto ou encore de pesto au basilic

Qui s’y frotte, s’y pique !Tout le monde connait à ses dépens la fameuse ortie car son contact est très urticant… En cause, ses longs poils qui recouvrent cette plante vivace (entre 60 à 150 cm de hauteur) qui génèrent une sensation de brûlure sur la peau. On la reconnaît par ses pousses en colonies, ses tiges dressées et ses feuilles de couleur vert foncé en forme de dents triangulaires. Malgré ses abords récalcitrants, l’ortie offre de multiples bienfaits pour la santé. Très reminéralisante, les feuilles et les racines de l’ortie agissent de manière bénéfique sur les terrains inflammatoires, en en cas de fractures, d'ostéoporose, de tendinites, d’entorses d'anémie… La tisane d’ortie prévient et traite également les calculs rénaux, les rhumatismes, l'arthrite... Petite astuce : il est possible de faire sécher les feuilles d’ortie et de les mixer pour saupoudrer ensuite vos plats au quotidien.

« Vous reprendrez bien une tasse d’ortie ? »

En tisane de racines : faire bouillir, pendant dix minutes, 1,5 g de racines en poudre dans de l'eau froide. Laisser infuser dix minutes et filtrer.
En infusion de feuilles : faire bouillir 3 cuillères à soupe de feuilles séchées dans 500 ml d'eau. Boire plusieurs tasses par jour de cette préparation.
En décoction de racines (contre les troubles mictionnels) : faire bouillir trois minutes 50 g de racines dans 1 litre d'eau. Laisser infuser vingt minutes. Boire à volonté.

Très facilement repérable grâce à ses fleurs violettes, la mauve sauvage (malva sylvestris)ou fausse guimauve pousse aux bords des chemins et les terrains non cultivés. Les fleurs et les feuilles de la mauve se consomment comme n'importe quel légume. Quelques fleurs de mauve fraîches viennent souvent décorer les salades. Séchées, ces extrémités fleuries permettent la préparation de tisanes idéales pour passer l’hiver avec plus de sérénité. Par son effet adoucissant, la mauve est recommandée contre la toux, les laryngites, les bronchites et les trachéites mais également contre les infections digestives et urinaires… Et par sa richesse en mucilage, elle agit comme un laxatif très doux, très utile en cas de constipation.

                                                                

Une des plantes « star » de notre région pourrait bien être le romarin. Tout le monde peut aisément s’en procurer, notamment lors de la période printanière lorsqu’il est en fleur, pour en faire une cure sous forme de tisane.Excellent pour le moral et la mémoire, c'est un dépuratif puissant pour l'organisme et il soulage, entre autres, efficacement les douleurs musculaires et les névralgies. Connu aussi sous lenom d'herbe aux couronnes ou encore d'herbe des troubadours, le romarin est un arbrisseau aromatique touffu qui pousse à l’état sauvage dans les collines sèches et calcaires du pourtour méditerranéen, plus précisément dans la garrigue, le maquis et les terrains calcaires. En cuisine, il apporte une touche aromatique qui sent bon la Provence…

Céline BEDDOU

Pissenlits à l’auvergnate

Ingrédients

  • 400 g de feuilles de pissenlit
  • 1 échalotte
  • 2 gousses d’ail
  • 80 g de champignons
  • 2 cuillères à soupe d’huile de colza
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de vin
  • Sel

Préparation

  • Epluchez et lavez les pissenlits et égouttez-les soigneusement
  • Couper finement une échalotte et mélangez-là avec un peu d’huile d’olive et du sel. Ajoutez aux pissenlits coupés en morceaux dans un saladier.
  • Faites dorer les champignons de saison dans une poêle avec de l’huile d’olive et de l’ail haché.
  • Retirez du feu et ajoutez le vinaigre. Versez chaud sur les pissenlits.
  • Remuez et mangez sans attendre pour goûtez le contraste du froid et du chaud.

Crêpe farcie à l’ortie

Ingrédients

• 200g de farine de sarrasin (ou châtaigne, vos crêpes auront un goût plus sucré)

• 1 œuf

• 375 ml d’eau

• Sel

• Huile d’olive

• Un saladier plein de pointes d’ortie

• 1 oignon

• 50g de crème fraîche (ou crème végétale)

• 1 fromage de chèvre mi-frais (ou tofu fumé)

Préparation

  • Verser la farine dans un saladier, ajouter le sel et commencer à mélanger au fouet. Verser l’eau petit à petit en fouettant constamment. Laisser reposer la pâte pendant 1 heure (mais si vous avez décidé au dernier moment que vous ferez des galettes, comme ça m’arrive souvent, ça le fait aussi d’utiliser la pâte tout de suite…).
  • Faire chauffer une poêle avec quelques gouttes d’huile. Verser une petite louche de pâte, bien l’étaler en penchant la poêle et faire cuire chaque crêpe 1 minute du premier côté, 20 secondes de l’autre.
  • Bien laver les pointes d’ortie. Ciseler l’oignon. Faire revenir les oignons dans l’huile d’olive dans une casserole. Ajouter les pointes d’ortie et un petit verre d’eau, couvrir et faire cuire 5 à 10 minutes à feu doux. Egoutter et mélanger avec la crème. Saler.
  • Au centre de chaque crêpe, poser des pointes d’ortie en ondin et des tranches de fromage de chèvre et rouler chaque crêpe sur elle-même.

Omelette aux fleurs de pâquerette

Ingrédients pour 2 personnes

  • 4 œufs
  • 1 petit oignon
  • 2 poignées de fleurs de pâquerette
  • Huile d’olive
  • Sel aux herbes

Préparation

  • Battre les œufs avec le sel. Ajouter les fleurs de pâquerette (en en gardant quelques-unes pour la déco).
  • Ciseler l’oignon.
  • Chauffer 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive dans une poêle et faire revenir les oignons.
  • Verser les œufs battus avec les fleurs. Baisser le feu et laisser cuire doucement jusqu’à obtention de la consistance souhaitée (baveuse ou plus ou moins cuite).
  • Replier l’omelette sur elle-même et faire glisser sur l’assiette de présentation.
  • Décorer avec les fleurs réservées.

Source : « Cuisiner les plantes sauvages, Les 10 recettes indispensables »