JP Garufi

Agriculture-Forêt, Développement durable |

A la découverte des plantes sauvages du Sud, 2ème épisode !

Vous avez aimé découvrir la première sélection de plantes sauvages du Sud. Voici un autre florilège de plantes de même nature qui poussent dans nos campagnes. Pour une ambiance bucolique, un coup de pouce à notre santé ou un repas nutritif, les plantes sauvages sont de véritables cadeaux de la nature. Prêt pour la cueillette ?

Après une première sélection de plantes typiques de la région Sud qui poussent à l’état sauvage, la découverte se poursuit avec un autre bouquet de plantes tout aussi discret mais intéressant. Parce que celles-ci sont méconnues, elles passent bien souvent inaperçues même si on les croise souvent en chemin, sur des terrains vagues, dans la garrigue ou plus largement dans nos campagnes et forêts. Pourtant, chacune d’entre elles renferme des propriétés qui peuvent être à la fois utiles et agréables à l’humain : plaisir des yeux, surprise gustative, saveur authentique et bien-être tout en douceur… La nature est un livre ouvert pour ceux qui y plongent leur regard. Alors ouvrez grands les yeux et apprenez à repérer ces plantes dignes d’intérêt !

Plantes pour les yeux mais pas que…

Si « l’amour est un bouquet de violettes, plus doux que ces fleurettes » comme le chantait Luis Mariano, la douceur, la couleur et le parfum de la violette odorante ont tout pour nous séduire. Dès les premiers signes printaniers, cette plante vivace, plutôt rampante et velue, pointe le bout de son nez dans les bois près de ruisseaux ou à l’orée de forêts dans des endroits assez ombragés. Vous pouvez la reconnaître par son absence de tige et ses 5 pétales mauves ou blanches parfois. A ne pas confondre avec la pensée sauvage ! Il vous suffit simplement de sentir la fleur pour les différencier. Alors que la pensée sauvage n’exhale aucune senteur, la violette diffuse un parfum très agréable que l’on retrouve d’ailleurs dans les compositions de parfum.

©Espirat

Cueillies au printemps, les fleurs de violette peuvent être ensuite séchées pour une utilisation ultérieure en infusion par exemple (cf. Encadré). La douceur de cette fleur peut venir à votre rescousse en cas de bronchite, rhume, toux, maux de gorge, grippe et même lors de constipation passagère. Ne jetez pas les feuilles de violette, elles peuvent soulager une irritation oculaire si vous les utilisez en compresse. En infusion, en décoction, en cataplasme, en confiserie, en décoration de salade ou en aromatisation de cakes, sirops, miels, confitures, gelées… Gourmande et bienfaisante, la violette s’invite partout ! Sachez toutefois que de nombreuses espèces de violettes sont protégées en France car malheureusement certaines d’entre elles sont en voie de disparition. La cueillette se pratique toujours de manière raisonnable et dans le respect de l’environnement. Partageons les fruits de la nature aussi avec les papillons ou encore les abeilles qui se nourrissent notamment auprès de cette espèce végétale aux couleurs attrayantes.

Recette maison : sirop de violette

100 gr de fleurs de violettes
500 gr de sucre blanc
300 gr d’eau pure
Mettre sur le feu jusqu’à obtenir la consistance d’un sirop.
Infusion de fleurs de fleurs de violette
2 à 10 gr de feuilles de violette par litre d’eau et laisser 2 minutes à chauffer
2 à 10 gr de racines de violette par litre d’eau et laisser 5 minutes à chauffer

Plantes pour le corps

Non, ce n’est pas une mauvaise herbe ! Le pourpier (portulaca oleracea) pousse naturellement dans les jardins à l’état sauvage et on aurait tendance à l’arracher machinalement pour le jeter. Or, il ne demande qu’à être cueilli pour se retrouver sur vos tables sous forme de salade, de potage ou d’omelette.

Vous le repèrerez facilement à son apparence de plante grasse, avec des tiges rougeâtres et des petites feuilles plutôt ovales et charnues.

Tout son intérêt pour la santé réside dans sa teneur nutritive fort intéressante, plus particulièrement en acide gras de bonne qualité : les omégas 3 (acide alpha-linolénique ou ALA). Aujourd’hui, on sait toute l’importance d’avoir un bon niveau d’oméga 3 pour un fonctionnement optimal de notre organisme.

 

©Jrocquet

En consommant 100 grammes de pourpier frais, vous vous garantissez un apport entre 300 à 400 mg d'acide alpha-linolénique soit environ 20 % des besoins quotidiens (selon LaNutrition.fr dans La Meilleure Façon de Manger). En plus d’être très peu calorique, cette plante sauvage contient également une bonne source de vitamine C (20 à 25 mg/100 g) et de bêta-carotène (1000 à 2000 µg/100 g) mais aussi de vitamine E (10 à 12 mg), de potassium (442 mg/ 100 g), de magnésium (77,5 mg/ 100 g), de calcium (90 mg/100 g) et même de glutathion (15 mg) qui est le principal détoxifiant cellulaire. Alors pourquoi s’en priver ? Sachez que le pourpier n’a pas une longue vie hors du sol. Après avoir été cueilli, il ne se conserve pas plus de 2 jours au réfrigérateur.

Plantes pour la cuisine

Au-delà d’offrir une dimension bucolique aux paysages de Provence-Alpes-Côte d’Azur, nombre d’entre elles se retrouvent même dans nos assiettes.

Très facile à identifier, même pour les débutants, le plantain lancéolé estune plante sauvage comestible qui présente en bouche un goût subtil de champignon. Il s’intègre donc très bien à une recette de risotto. On l’appelle « lancéolé » car ses tiges longilignes s’apparentent à des lances avec un embout floral. Hormis les racines, tout est bon dans le plantain lancéolé ! Avec ses feuilles, vous pouvez préparer un pesto pour agrémenter vos salades ou vos plats par exemple (cf. Encadré). La cueillette est facilitée par la présence étendue du plantain en campagne comme en ville (attention quand même à sa propreté !) et sa préparation ne nécessite pas d’avoir des talents de chef cuisto. Recouvrez ensuite de pesto les pâtes, le riz ou bien les fonds de tarte. Autre idée : tartinez de pesto de plantain lancéolé sur des tranches de pain pour l’apéritif ou pour accompagner une salade verte.

©Robert Flaugaus-Faust

Au-delà de son aspect gustatif, le plantain est une des plantes médicinales les plus utilisées depuis l’antiquité notamment pour ses vertus anti-inflammatoires sur les muqueuses (toux et bronchites utilisé en tisane) et sur la peau. En cas de piqûre de moustique, pensez à vous frotter avec une feuille de plantain pour calmer les démangeaisons ! Cette plante est également réputée pour son effet positif pour apaiser les crises d’allergie notamment celles dues aux pollens dont ceux de plantain ! En laissant macérer quelques graines du plantain dans un verre d’eau ou une tisane ou en l’intégrant à une soupe, elles peuvent être bénéfiques lors de constipation pour leur vertu laxative, à la fois douce et efficace.

Recette maison : pesto au plantain lacéolé

Ingrédients :


2 bonnes poignées de feuilles de plantain lancéolé
1 poignée de graines de tournesol (ou de graines de courges ou des pignons environ 40 g)
1 càs de vinaigre balsamique
1 pincée de sel
3 càs d’huile d’olive
1 gousse d’ail (ou deux selon votre goût)
100 g de parmesan
20 g de pecorino

Préparation :
Faites blanchir les feuilles de plantain coupée en lamelles
Mixez le plantain, l’ail et les pignons
Ajoutez le sel et le vinaigre balsamique
Ajoutez le parmesan et le pecorino puis mélangez bien
Ajoutez l’huile jusqu’à obtenir une consistance épaisse pour qu’il soit facile à tartiner

A conserver, dans des petits pots stérilisés 20 mn, dans un endroit frais et sombre

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/08/31/pesto-au-plantain-lanceole/ 

4 700 plantes à fleurs en région Sud

La variété géographique et climatique de la Région Sud permet une extraordinaire diversité de milieux naturels et d’espèces associant caractères méditerranéen et alpin. C’est en Provence-Alpes-Côte d’Azur que se trouve la plus importante proportion des espaces naturels de France (75 %) où vivent 2/3 des espèces végétales françaises. Parmi celles-ci, on compte 4 700 plantes à fleur sur le territoire* et 184 d’entre elles font partie de la « Liste rouge des espèces menacées en France ». A la fois belle et fragile, la flore de notre région mérite notre attention en participant tous à sa préservation.
*Selon la DREAL PACA

Céline BEDDOU