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« CECI » facile de coopérer… : le Sud bouge les lignes pour une autre économie !

Comment vous et moi, citoyens d’Europe, nous impliquons-nous pour le développement de nouveaux modes de consommation et de production, issus de l’« économie circulaire » ? Echanger sur ce sujet avec d’autres Régions d’Europe en vue d’améliorer les politiques publiques, c’est l’objet du projet européen de coopération interrégionale baptisé CECI. Malgré Covid-19 et confinement, la Région Sud y contribue activement et valorise ses projets citoyens exemplaires, dont Super Cafoutch, Totem Mobi, La Roue ou encore Synchronicity.

Le sujet est plus que jamais d’actualité face à la crise sanitaire mondiale qui, depuis un an, interroge nos pratiques d’achat, de consommation et nos façons de produire. « Réduire, Réutiliser, Réparer, Recycler » : la règle des 4 R résume à elle seule la philosophie de l’économie circulaire. Cette économie circulaire, la Région Sud l’a placée au cœur de sa stratégie de développement économique et de son « Plan climat » adopté en 2017.

Nous savons tous que notre planète dispose aujourd’hui de ressources naturelles limitées, pour ne pas dire en voie d’extinction. De plus, la population mondiale croît sans cesse et atteindra 9,7 milliards d’humains à l’horizon 2050. Le Sud ne sera pas pas épargné par cette foudroyante démographie et les enjeux qu’elle implique. Au lieu d’acheter sans cesse de nouveaux produits, nous pouvons les faire circuler, les partager et les recycler dans un cycle vertueux… C’est l’économie circulaire. En région Sud, elle est devenue un réel projet de vie et de développement.

Cap sur l’économie circulaire !

L’économie doit être au service de la transition écologique : tel est le credo de la Région Sud avec son Plan climat (1,4 milliard d’euros), fil rouge de toutes ses actions. Elle accompagne ainsi les entreprises de Provence-Alpes-Côte d’Azur dans cette nécessaire transition face aux défis du changement climatique, en les aidant à entreprendre et produire autrement, de manière plus respectueuse de l’environnement, depuis leurs premiers pas jusqu’à la transformation complète de leur modèle économique. Mais la Région Sud s’intéresse aussi de près au rôle des citoyens dans le déploiement de l’économie circulaire, aux actions qu’ils proposent pour consommer autrement. C’est précisément l’objet du projet CECI au plan européen, un projet de coopération auquel participe la Région Sud.

S’inspirer mutuellement

CECI, c’est le nom de l’un des 258 projets retenus par un appel à projets lancé en 2019 par l’Union européenne (précisément, par son programme de coopération interrégionale Interreg-Europe)*.  CECI signifie « Circular Economy & Citizen Involvement », en français, « Implication des citoyens dans la mise en œuvre de l’économie circulaire ». L’Europe l’a doté de 1,592 million d’euros de 2019 à 2023, destinés à cofinancer les projets innovants ou exemplaires proposés par ses huit partenaires publics (issus de six pays différents)**. Jusqu’à 85 % des dépenses d’un projet sont éligibles. Le chef de file du CECI est l’université Lahti en Finlande, la ville de Lahti ayant été désignée capitale verte européenne pour 2021 par la Commission européenne (après Lisbonne en 2020 et Grenoble en 2022).

Pourquoi réinventer sans cesse l’eau chaude chacun de son côté, quand on peut avancer mieux et plus vite ensemble ? C’est donc le principe du programme Interreg-CECI. Il permet de partager solutions, idées et bonnes pratiques entre partenaires. Bref, le CECI, c’est du bon sens et de l’intelligence collective appliqués à l’économie circulaire et plus particulièrement au rôle exercé par les consommateurs pour la développer. On s’intéresse à leur façon de s’engager dans le développement de nouveaux modèles de consommation. Au final, ce qui est attendu du CECI par la Région Sud et ses autres partenaires, c’est de s’inspirer d’expériences observées et comparées (principe du « benchmark ») pour élaborer leurs politiques publiques ou les améliorer. La Région Sud intègrera l’issue de ces travaux dans le nouveau schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation qui devrait être lancé en 2021. Ils pourront bien sûr également inspirer les orientations des nouveaux programmes européens 2021-2027.

Comment ça marche ?

Concrètement le projet CECI-Interreg se déroule en deux phases :

  • Dans un premier temps et durant trois ans, desrencontres interrégionales réunissent les partenaires à tour de rôle. La première a eu lieu du 2 au 5 décembre 2019 en Finlande. La Région Sud devait accueillir la 2e en juin 2020, à Marseille, mais la crise sanitaire Covid-19 n’a pu permettre cette rencontre en présentiel. La Région Sud s’est donc repositionnée pour accueillir ses partenaires fin 2021 ou 2022, dans des conditions, on l’espère plus favorables (avec visites de projets locaux sur le terrain) ;
  • Une demi-douzaine de réunions d’échanges et d’ateliers thématiques doivent également se tenir (en visio-conférence pour l’instant).

Ces échanges et ce benchmark ont pour objectif d’élaborer des plans d’actions et des feuilles de routes précises ;

  • Dans un second temps (la dernière année), les actions prévues dans les feuilles de route seront mises en œuvre.

Tous les projets en cours sont consultables sur www.interregeurope.eu/CECI/ 

On y trouve une base de données des bonnes pratiques régionales, présentées par chaque partenaire sous forme de « fiches projets », disponibles auprès de toute la communauté en vue d’engager des échanges d’expériences ou des partenariats.

Les rencontres et ateliers sont le lieu d’un réel transfert de connaissances. Ils constituent à la fois une formidable vitrine pour les initiatives régionales et une source d’inspiration et de réflexion pour leur « duplicabilité » ! Par exemple, lors de l’atelier thématique sur la mobilité urbaine durable et la mobilité partagée du 26 janvier dernier a été présenté le projet CitiCAP de la ville de Lahti en Finlande. L’idée est de doter chaque citoyen, en fonction de sa situation, d’un quota de carbone à ne pas dépasser, avec, à la clé, une récompense sous forme d’euros « virtuels » utilisables dans des commerces et services locaux. Pour ou contre ? Transposable ou non ? A méditer

 En France, la cité phocéenne n’est pas en reste et foisonne de projets, comme partout ailleurs dans les territoires de Provence, des Alpes et de la Côte d’Azur.

Super Cafoutch, un supermarché coopératif et participatif à Marseille 2e

Original, solidaire, coopératif, participatif : le Super Cafoutch serait-il un modèle de commerce en devenir ? C’est du moins le premier supermarché du son genre à Marseille, qui se veut une « alternative à la grande distribution pour bien manger à des prix abordables ». En attendant son ouverture sur une plus grande échelle (800 m²), le « Super Cafoutch » est actuellement testé par son épicerie pilote (le Mini Cafoutch), dont la création en 2016 a été soutenue par la Région Sud. Sur ses étals, au cœur du 2e arrondissement, une large gamme de produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien, souvent locaux, bios, équitables. Il fonctionne sous forme de coopérative autogérée. Les consommateurs sont propriétaires, avec diverses possibilités de souscription, de la formule « J’effectue mon service de 3 h toutes les 4 semaines, je viens faire mes courses, j’ai une voix à l’Assemblée générale » jusqu’à l’investissement dans l’affaire.

Synchronicity : pour un futur désirable à Marseille

Vincent Gay et Maxime Ducoulombier, co-fondateurs de la société coopérative d’intérêt collectif de l’économie circulaire Synchronicity, aiment bien le rappeler : « Seul, on va vite, mais ensemble on va plus vite et plus loin ! ».

La présentation de leur société était au programme de la 2e rencontre internationale du CECI, du 4 au 6 novembre dernier. Installée à Marseille depuis 2019 et soutenue par la Région Sud, cette société coopérative mobilise un collectif d’entrepreneurs, de producteurs et de développeurs autour d’un panel de services de proximité et de logistique (stockage, livraison, collecte…) et de solutions mutualisées. Les domaines concernés : les déchets, les circuits courts (promouvant les achats « dans MA ZONE plutôt qu’AMAZON »), la mobilité non émettrice de CO2 (mobilité décarbonée) ou encore la recherche-innovation et de gestion des salariés.

Au total, 63 parties prenantes sont impliquées dans Synchronicity, qui veut ainsi créer un futur désirable et faire de Marseille une ville durable…

Et tant d’autres bonnes pratiques estampillées Le Sud

Totem-Mobi, autre projet aidé par la Région Sud, figure également au catalogue des projets européens répertoriés par CECI-INTERREG. Cette start-up marseillaise très dynamique est aujourd’hui en pleine expansion sur le secteur de la location urbaine courte durée, en libre-service, de mini-voitures électriques. Citons enfin, parmi d’innombrables bonnes pratiques dans notre région, la monnaie locale La Roue, « complémentaire et citoyenne » (1 Roue = 1 euro, avec 3 000 utilisateurs). Ses créateurs la revendiquent comme une réponse à la crise du Covid-19, dans la mesure où elle permet de relocaliser les achats chez les commerçants, paysans ou entreprises qui l’acceptent (1 000 professionnels) et, par conséquent, de réduire la pollution liée au transport des produits tout en créant du lien social. La newsletter d’actualité du CECI, adressée à ses membres européens, y consacre un article intéressant dans son numéro du 3e trimestre 2020. A suivre.
* financé par les crédits du fonds « FEDER » (fonds européen pour le développement régional)
**Belgique, Bulgarie, Espagne, Finlande, France, République tchèque.

                                                 

En savoir plus :
Le Plan climat « Une COP d’avance » de la Région Sud : https://www.maregionsud.fr/planclimat 
Le Projet européen CECI : www.interregeurope.eu/CECI/ 

Les bonnes initiatives citées à découvrir sur :
http://synchronicity.team/ 
https://laroue.org 
https://supercafoutch.fr/  et https://www.interregeurope.eu/policylearning/good-practices/item/4105/cooperative-supermarket-supercafoutch/ 
www.totem-mobi.fr/