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Circuits courts : Manger bon et local au lycée ? À Carmejane, c’est tous les jours !

Dans les assiettes des lycéens de Carmejane, près de 40 % des produits sont issus de l’agriculture locale. Pour comprendre le fonctionnement de cet établissement exemplaire, une délégation du Parlement Régional de la Jeunesse s’est rendue sur place, le 24 janvier 2018. Reportage.

« Nous sommes venus voir comment vous fonctionnez et quel circuit d’approvisionnement vous avez mis en place, explique Paul, l’un des 8 jeunes du Parlement Régional de la Jeunesse (PRJ) venus rencontrer l’équipe du lycée agricole Carmejane, près de Digne-les-Bains (04), mercredi 24 janvier. Ces jeunes font partie de la Fabrique « environnement » du PRJ qui doit contribuer à l’élaboration de la nouvelle politique régionale d’alimentation dans les lycées.

« Aujourd’hui, 40 % des produits que nous utilisons proviennent de productions locales, répond Ghislain Cariou, le chef de cuisine. Quand nous avons commencé en 2015, nous étions à peu près à 8 %. » La preuve que c’est bien possible, mais comment ? « Cela demande une autre façon de travailler, raconte Ghislain. On ouvre moins de sachets, mais on épluche plus de légumes ! J’ai la chance d’avoir une équipe au complet et très motivée. C’est indispensable. » Autres ingrédients essentiels : « il faut que ce soit un vrai projet d’établissement, porté collectivement et beaucoup communiquer, martèle Ghislain. Sans quoi ça ne peut pas fonctionner. »

Proximité et transparence = confiance 

Pour mettre en place le circuit d’approvisionnement, le chef de Carmejane s’est appuyé sur Régal, réseau mis en place à l’initiative de la Région et du Département pour promouvoir une restauration collective de qualité à partir de produits locaux. « Notre rôle est d’identifier les producteurs et les mettre en relation avec les chefs de cuisine, explique Albert Alameldine, venu présenter Régal aux jeunes du PRJ. Notre réseau est basé sur la transparence : on connaît parfaitement les méthodes de culture de nos producteurs et le prix est construit ensemble. » Les avantages ? « Je suis en direct avec les producteurs, témoigne Ghislain. En plus d’être assuré de la qualité des ingrédients, l’argent leur revient directement, ce qui permet de développer l’agriculture locale. » Qui plus est, le prix du repas a diminué depuis le début de la démarche, passant de 2,33 € par repas en 2014 à 2,26 € en 2017 !

En direct avec les producteurs

Les avantages ? « Je suis en direct avec les producteurs, témoigne Ghislain. En plus d’être assuré de la qualité des ingrédients, l’argent leur revient directement, ce qui permet de développer l’agriculture locale. » Qui plus est, le prix du repas a diminué depuis le début de la démarche, passant de 2,33 € par repas en 2014 à 2,26 € en 2017.

C’est plus intéressant au niveau prix car il n’y a pas d’intermédiaire

Et les producteurs dans tout ça ? Karine Manent et Émilie Marcellin, membres d’un collectif de 7 éleveurs qui fournit une dizaine de collèges et lycées du département (dont celui de Carmejane), sont venus apporter leur témoignage. « Cela permet de mieux valoriser notre production, et c’est plus intéressant au niveau prix car il n’y a pas d’intermédiaire, explique Karine. Autre avantage : nous pouvons anticiper ! À la fin de l’année scolaire, les chefs nous donnent leurs prévisions d’achat pour l’année, ce qui permet au collectif de préparer les bêtes en fonction des besoins. » La journée s’achève par la visite de l’exploitation du lycée agricole. Prochaine étape pour les jeunes de la Fabrique : remettre leurs recommandations en vue de généraliser ce type de démarche dans les autres lycées de la région. Les arguments ne manquent pas !

* Régal : Réseau de Gouvernance Alimentaire Locale

 

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