Edwige Lamy

Culture |

Création du Comité pour le folklore régional

L’identité culturelle spécifique de Provence-Alpes-Côte d'Azur se fonde sur un ensemble de traditions, de mémoires collectives et sur une pluralité linguistique remarquable, reflets des divers territoires. Pour conserver, transmettre et valoriser cet héritage, la Région Sud crée son Comité pour le folklore régional.

Pourquoi créer un Comité pour le folklore régional ? 

Depuis des décennies, l’identité culturelle spécifique de la Région Sud se fonde sur un ensemble de traditions, de mémoires collectives et sur une pluralité linguistique remarquable, reflets des divers territoires. Aujourd'hui encore, cette culture vivante est en partie portée par les groupes folkloriques (plus d’une centaine) qui œuvrent pour perpétuer et transmettre cet héritage à travers des formes d’expression multiples telles que la danse, la musique, le port du costume et l’ensemble des us et coutumes associés. Mais cet héritage est fragile : partie intégrante du patrimoine et de la culture vivante de la Région Sud, il doit être préservé. 

Pour y parvenir,  la Région Sud souhaite accompagner les acteurs concernés pour développer, perpétuer et diffuser davantage les expressions artistiques et les pratiques culturelles traditionnelles matérielles et immatérielles, à la fois en région, en France et à l'étranger pour transmettre et renouveler les approches de la culture et des traditions régionales 

C'est pourquoi la Région Sud a crée le Comité pour le folklore régional.

Le rôle du Comité

Sa mission est d’être un expert sur toute question relative au folklore, porte-parole des diverses pratiques locales, force de proposition pour toute initiative au service du folklore régional, que ce soit en matière de préservation ou d’innovation et un relais des activités du comité sur l’ensemble de la région. Il se réunira au moins deux fois par an. 

La composition du Comité

Le Comité est présidé par Monsieur Philippe Vitel, Vice-Président de la Région, délégué à l’Identité régionale, aux traditions et aux relations entre la défense et la Région.

Le Comité est composé de 12 personnalités qualifiées membres de groupes folkloriques issus des six départements du territoire régional, sélectionnés pour leur connaissance et leurs pratiques du folklore régional et leur volonté d’être force de propositions auprès de l'Institution.  

Département des Alpes-de-Haute-Provence (04) : 

  • Serge Klutchnikoff :  Lei Fiéllouë d'Auresoun (Oraison)

Département des Hautes-Alpes (05) : 

  • Raymonde Eynaud :  Groupe folklorique et régionaliste du pays Gavot (Gap)

Département des Alpes-Maritimes (06) : 

  • Christelle Lelaurin : La Brissaudo (Vence)
  • Louis Tighlit : Académie provençale de Cannes
  • Stanislas Palomba : Nice la Belle

Département des Bouches-du-Rhône (13) : 

  • Christian Aravecchia : La Poulido de Gèmo (Gémenos) 
  • Denis Pantaléo : Roudelet Felibren de Château-Gombert (Marseille)
  • Jean-Michel Turc : Lou Grihet dóu Plan dei Cuco (Plan de Cuques)

Département du Var (83) : 

  • Anaïs Barrau : L’Alen de Saint-Maximin
  • Joelle Antoine : Farigouleto de La Garde

Département du Vaucluse (84) : 

  • Mireille Saladin : Canto cigalo (Le Pontet)
  • Caroline Montrignac : Les Enfants d’Arausio (Orange)

 

Quels objectifs de travail pour le Comité ? 

Le Comité pour le folklore régional a détermine lors de sa première réunion, jeudi 3 mars 2021 les thématiques de travail sur lesquelles il devra se pencher en priorité.

- Le folklore régional face au Covid-19 : comment continuer à le faire vivre ?

- Faire l’inventaire des besoins et attentes des groupes folkloriques

- L’inclusion à l’Inventaire national des pratiques culturelles immatérielles

- Le dialogue avec les autres acteurs régionaux et le niveau national

- Les rapports avec le Ministère de la Culture, la Fédération Française des Arts et Traditions populaires, le rôle que peut jouer le Comité pour le folklore régional à l’échelle nationale

De belles perspectives pour cette nouvelle structure, pour préserver et valoriser le folklore de la Région Sud ! 

Le folklore, qu'est ce que c'est ? 

Le premier sujet sur lequel se pencheront les membres du Comité pour le folklore régional est la définition même du mot folklore, qui occupe les spécialistes depuis au moins le XVIIIe siècle. Galvaudé ou parfois même péjoratif, le « folklore » recouvre pourtant un champ extrêmement riche de productions humaines, dont les groupes folkloriques sont les gardiens les plus visibles.

La volonté de conserver et faire vivre les us et coutumes de nos terroirs ne date pas d’hier, tout comme la peur légitime que ceux-ci ne disparaissent sous les effets de la modernité.

Dès la fin du XVIIIe siècle, l’on avait entrepris en Allemagne, puis dans toute l’Europe, de collecter les contes et légendes. C’est ainsi que les frères Grimm collectèrent de nombreux récits issus des traditions orales lors d’une vaste campagne pour découvrir, valoriser et diffuser le « génie du peuple ».

L’intérêt pour le « folklore », terme qui apparaît en 1846 sous la plume de l'anglais William Thoms de « folk », peuple et « lore », savoir, connaissances, science, se développe au XIXe siècle dans le contexte d’émergence des nations européennes et fait l’objet de nombreux débats entre spécialistes. Tandis que certains le limitent aux faits de tradition orale, d’autres s'intéressent également aux autres productions émanant des cultures populaires telles que les croyances, les costumes, les arts, les techniques ou encore la médecine traditionnelle.

En France, Arnold Van Gennep est le premier à développer une base méthodologique pour l'étude scientifique du folklore. Le « folklore » désigne alors la science du savoir populaire autant que le savoir populaire lui-même. Son ouvrage fondamental resté inachevé est le « Manuel de folklore français contemporain », qui fut publié en plusieurs tomes entre 1937 et 1958. Il joue un rôle important dans la définition du « folklore ». Pour lui, les productions folkloriques sont d'abord le fait de créations individuelles, mais elles doivent être traitées comme des productions collectives, dans la mesure où elles ont largement été adoptées par le peuple et sont l'œuvre d'un auteur anonyme. Ces productions dépassent très largement les éléments mythiques, religieux ou les traditions orales. Elles relèvent plus largement de la vie quotidienne. Ainsi c’est l'ensemble des productions collectives émanant d'un peuple et se transmettant d'une génération à l'autre par voie orale et par imitation. Ces arts et traditions populaires comprennent la culture littéraire (contes, récits, chants, musiques et croyances), figurative (rites, costumes, danses, décors, représentations), et matérielle (habitation, outillage, techniques, instruments, etc.).

La Recommandation de 1989 sur la sauvegarde de la culture traditionnelle et populaire applique la définition ci-dessous aux termes « folklore » ou « ‘culture traditionnelle et populaire ». Cette définition est également utilisée par l’UNESCO depuis 1989 pour désigner le ‘patrimoine culturel immatériel :

« Le folklore (ou la culture traditionnelle et populaire) est l’ensemble des créations émanant d’une communauté culturelle fondées sur la tradition, exprimées par un groupe ou par des individus et reconnues comme répondant aux attentes de la communauté en tant qu’expression de l’identité culturelle et sociale de celle-ci, les normes et les valeurs se transmettant oralement, par imitation ou par d’autres manières. Ses formes comprennent, entre autres, la langue, la littérature, la musique, la danse, les jeux, la mythologie, les rites, les coutumes, l’artisanat, l’architecture et d’autres arts ».