AFEV

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Des bénévoles confinés, mais solidaires !

Comment respecter les mesures de confinement sans abandonner les personnes les plus isolées et vulnérables ? C'est la question à laquelle sont désormais confrontés les acteurs de la solidarité. A l’Afev, réseau d'entraide et de soutien scolaire intervenant dans les quartiers difficiles d’Aix-en-Provence, Avignon, Nice et Marseille, les étudiants bénévoles continuent leur accompagnement à distance.

Pour les étudiants bénévoles de l’Afev (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville), pas question de rompre le lien avec les jeunes des quartiers défavorisés qu’ils accompagnent habituellement chaque semaine. Si chacun a dû stopper les rendez-vous en présentiel pour suivre les consignes du gouvernement en restant confiné chez soi, la solidarité s’organise autrement pour éviter que ne se creuse encore un peu plus le fossé des inégalités éducatives.

#Ongardelelien

« Dès le début du confinement, l’Afev a lancé l’opération #Ongardelelien pour que les étudiants bénévoles puissent poursuivre, à distance, leurs activités avec leur jeune », raconte Candice Le Tourneur, déléguée régionale de l’Afev en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Garder le lien, un atout sans aucun doute précieux pour les enfants ou les jeunes en situation de fragilité dans leur parcours scolaire.

Concrètement, l’association a adressé un certain nombre de recommandations à ses étudiants bénévoles : « Identifier tout d’abord les outils avec lesquels il va pouvoir communiquer avec son jeune - WhattsApp, Facebook, Tiktok, Snapchat, Skype… et la fréquence à laquelle ils souhaitent communiquer ensemble, le but étant de maintenir un contact régulier. Ensuite, parler de la situation, afin d’identifier ensemble les émotions et réactions que suscitent cette période si particulière, essayer de comprendre ce qu’il se passe. Autre conseil : parler d’autre chose que du virus et de la pandémie, pour réduire aussi l’anxiété que peut générer la situation », explique Candice. Des fiches pratiques ont été mises en ligne sur le site de l’Afev, pour répondre au maximum aux besoins et aux questionnements des bénévoles.

De l'enthousiasme chez les élèves... et les bénévoles !

Clara, étudiante bénévole en 3e année de droit à Nice raconte : « J’accompagne le jeune Mohammed, qui est en classe de CM2, depuis 3 semestres. Notre accompagnement s’est toujours très bien passé. En revanche il a été freiné par l’annonce des arrêts d’accompagnements personnalisés en présentiel. Et pour cette raison nous avons décidé de maintenir l’accompagnement à distance. Nous nous sommes déjà appelés deux fois en vidéo. Ces séances se sont très bien déroulées. Nous avons pu réaliser plusieurs activités : tout s’abord les devoirs que son maître leur avait fait parvenir par email. Nous avons également pu utiliser les sites Lumni et ‘Un jour, Une actu’ conseillés par l’Afev. Nous envisageons également de faire des jeux en ligne. J’ai trouvé que Mohammed avait réagi avec beaucoup d’enthousiasme à cette forme d’accompagnement. Je pense que c’est vraiment une bonne démarche à adopter. L’important, c’est surtout de maintenir le lien avec le jeune. »

« Un simple appel téléphonique suffit »

Sur les réseaux, on peut retrouver le témoignage d’Amandine, également bénévole de l’Afev qui témoigne de son expérience pour inciter d’autres bénévoles à garder le lien : « Moi, mon accompagnement s’effectue par visioconférence sur Messenger. Vous avez plein d’autres moyens, Skype, Whattsapp, Snapchat, et j’en passe. Un simple appel téléphonique suffit. L’important d’est de maintenir le lien que vous avez pu créer en présentiel avant le confinement. Concrètement comment ça se passe ? La maman m’envoie les devoirs du petit avant que je l’appelle, pour que je puisse connaître les exercices avant, vu que je connais ses difficultés. Ensuite on s’appelle, et on effectue les devoirs ensemble. »

Aujourd’hui, l’Afev continue de créer des ressources disponibles en ligne pour que les bénévoles continuent à nourrir le lien avec leur jeune accompagné. « Nous sommes persuadés qu'en cette période, le lien humain et de confiance établi entre les étudiants, les enfants et les familles, s'il peut se maintenir et même se renforcer, est un outil fort et utile, termine Candice. Nous travaillerons d'ailleurs à voir comment faire une remontée et une valorisation de cet accompagnement à distance. »

En savoir plus sur l’Afev

Depuis 20 ans, l’Afev lutte contre les inégalités éducatives en mobilisant des étudiants bénévoles en direction d’enfants et de jeunes en difficulté repérés par les équipes enseignantes dans les quartiers prioritaires. Chaque année, ce sont en France plus de 7000 étudiants qui s’engagent en accompagnant individuellement un enfant. En Région Sud, l’Afev intervient à Aix-en-Provence, Avignon, Marseille et Nice. 776 étudiants étaient mobilisés avant le confinement, et 800 jeunes accompagnés.

Concrètement, un étudiant bénévole accompagne un enfant ou un jeune en fragilité dans son parcours, identifié par les équipes éducatives. Cet accompagnement est personnalisé. Centré sur ses besoins et ses centres d’intérêts, l’accompagnement englobe et dépasse le cadre scolaire pour travailler sur la motivation, la confiance en soi, l’ouverture culturelle, la mobilité, l’autonomie… Il se déroule en priorité au domicile de l’enfant afin de favoriser le lien avec sa famille, tout au long de l’année scolaire à raison de deux heures par semaine.

Plus d’infos sur afev.org