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Développement durable |

Engageons-nous pour une Méditerranée sans plastique !

Le berceau de la civilisation est menacé par celle-ci ! un comble ! Mare Nostrum, détentrice d’un des plus riches patrimoines environnementaux au monde, fait aujourd’hui partie des mers les plus polluées de la planète. Avec 95% de déchets plastiques en haute mer, sur les fonds marins et sur les plages de la Méditerranée. Nous devons ensemble, accélérer les mesures contre l’une des pires pollutions de tous les temps comme le Plan régional « Zéro déchet plastique en 2030 ».

Nous pouvons tous agir

A l’heure des plages et des ballades en pleine nature, nous avons tous râlé sur un site d’une grande beauté défiguré par des détritus ! Même individuellement nous pouvons agir ! Nous pouvons les ramasser ou du moins ne pas en rajouter car il est de notre responsabilité à toutes et tous de préserver la nature. Elle nous garantie une eau pure, un sol fertile et un air pur, seule l’humanité la pollue, donc nous tous. Un papier plastique par terre peut apporter des polluants aux graves incidences sur notre santé. Pensons tous à nos enfants et à la nature que nous souhaitons leur confier.

Voici quelques arguments pour vous convaincre, si ce n’est déjà fait !

Urgence mondiale ! pourquoi ?

En 2018, le programme des Nations Unies pour l’environnement a placé la question du plastique dans l’océan parmi les six urgences environnementales les plus préoccupantes avec le changement climatique, l’acidification des océans et la perte de biodiversité.

Actuellement, les estimations indiquent la présence de plus de 150 millions de tonnes de plastique dans l’océan. Si rien n’est entreprit, l’océan contiendra 1 tonne de plastique pour 3 tonnes de poissons d’ici 2025, et d’ici 2050, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons (en poids). L’Europe constitue le deuxième producteur de plastique au monde après la Chine.  Sur les 27 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année en Europe, seul un tiers est recyclé.*

Dérivées du pétrole et d’autres matériaux fossiles, les matières plastiques sont utilisées en raison de leur longévité mais ce n’est pas sans conséquence car le plastique n’est pas biodégradable et reste dans l’environnement durant des milliers d’années.

Le cas méditerranéen

Entre 220 000 et 630 000 tonnes de macro et micro-déchets plastiques sont déversés chaque année dans la Méditerranée. Les microplastiques, ces fragments de moins de 5 mm, atteignent des niveaux records en Méditerranée avec une concentration presque quatre fois plus élevée que sur le 7e continent (le continent plastique) du Pacifique nord.

Le bassin méditerranéen abrite 150 millions de personnes, qui produisent entre 208 et 760 kg de déchets solides, par an et par habitant. S’ajoute à cela, plus de 200 millions de touristes chaque année, générant 40 % de déchets marins supplémentaires l’été. la situation doit être sous contrôle très rapidement car cette mer semi-fermée fonctionne telle un piège pour le plastique qui s’y accumule en grande quantité. Alors qu’elle ne représente qu’1 % des eaux mondiales, la Méditerranée concentre 7 % de tous les micro-plastiques de la planète. Aujourd’hui, le plastique représente 95 % des déchets en haute mer, sur les fonds marins et sur les plages de Méditerranée.

« Dans certaines régions, les concentrations de plastiques sont les mêmes que les concentrations de zooplanctons, à la base de la chaîne alimentaire. C’est principalement au large de la Corse, près de l’Italie et des Baléares que ces concentrations sont les plus élevées » indique auNational Geographic , Jean-François Ghiglione, chercheur au CNRS spécialiste en écotoxicologie microbienne marine à l'Observatoire Océanographique de Banyuls.

Réservoirs majeurs de la biodiversité marine et côtière,  la Méditerranée compte entre 10 000 et 12 000 espèces marines, dont 25 % sont endémiques. Quinze d’entre elles sont classées en danger critique d’extinction par l’UICN*.

*Le Congrès mondial de la nature de l’UICN (union internationale pour la conservation de la nature) se tient à Marseille du 3 au 11 septembre 2021. 

Les incidences des déchets plastiques

Grave impact sur notre santé

Confondant les micro-plastiques avec le plancton ou algues, les animaux marins ingurgitent le plastique et s’intoxiquent. Les conséquences induisent une raréfaction des poissons ou une augmentation de la toxicité des ressources marines et des ressources en eau potable en général. En entrant dans la chaîne alimentaire, les fragments de micro-plastiques menacent la santé humaine ainsi que de nombreuses espèces animales allant jusqu’à contaminer l’air, l’eau du robinet et en bouteille, la nourriture et les boissons, y compris le sel ou le miel..Quant auxmacros-morceaux de plastique, ils blessent ou tuent des animaux marins, y compris des espèces en voie de disparition, telles que les tortues marines.

De plus le plastique contient des polluants organiques, tels que des pesticides, des phtalates, des PCB et le tristement célèbre bisphénol A. Parmi ces polluants, 78 % ont des effets nocifs avérés sur les organismes. Une fois dans le corps, les plastiques libèrent jusqu’à 30 fois plus de polluants et peuvent causer des dommages au foie et altérer les hormones. Ces dernières jouent un rôle crucial dans la croissance, le développement, la nutrition, la reproduction de toute espèce vivante. Les substances absorbées et libérées par le plastique peuvent également modifier l’ADN.

« On observe en laboratoire que ces additifs sont des perturbateurs endocriniens, ils provoquent un dérèglement hormonal chez certaines espèces » confirme Jean-François Ghiglione, chercheur au CNRS spécialiste en écotoxicologie microbienne marine.

Les secteurs économiques de la Méditerranée (pêche et tourisme)  subissent les effets négatifs de la pollution plastique.

10 à 20 millions de tonnes de plastique finissant chaque année dans les océans avec un coût économique global estimé à environ 13 milliards de dollars par an en dommages environnementaux sur les écosystèmes marins. Cela comprend les pertes financières subies par les industries de la pêche (60 millions d’euros de perte annuelle pour la flotte de pêche de l’Union Européenne ) et du tourisme, ainsi que le nettoyage des plages.

La Région Sud en action

À travers son Plan Climat, la Région Sud mène de nombreuses actions pour préserver les milieux naturels et la biodiversité. Dès 2017, la Région lance un programme ambitieux “Zéro Déchet Plastique à l’horizon 2030“ pour lutter contre les déchets rejetés dans notre environnement et précisément en mer Méditerranée. La Charte d’engagement “Zéro Déchet Plastique“ a été créée pour permettre aux collectivités, entreprises et associations de s’engager aux côtés de la Région à réduire les déchets plastiques en mer et sur terre.

Objectif Zéro plastique en mer en 2030

Aujourd’hui, les intérêts économiques et environnementaux convergent par conséquent les entreprises doivent s’engager à :
-Diminuer puis arrêter la commercialisation des plastiques
-Protéger les espaces naturels par des opérations de prévention et de nettoyage
-Recycler les déchets plastiques en valorisant ces nouvelles filières

La Région Sud s’engage et vous ? Engageons-nous dès à présent pour Zéro déchet plastique!

Certes les collectivités, les entreprises et les associations doivent s’engager, mais s’ils sont en partie responsables de cette pollution, nous le sommes tous à titre individuel. Refuser de jeter le moindre déchet à terre ou en mer doit devenir un réflexe. C’est possible sans grande contrainte et en éduquant ses enfants (par ailleurs héritiers de cette situation).

La Région met à votre disposition tous les renseignements qui vous permettront de vous engager. En savoir plus : https://www.maregionsud.fr/la-region-en-action/amenagement-et-developpement-durable/je-protege-lenvironnement 

Les solutions à l’étude

Il est encore possible de nettoyer et de protéger la mer Méditerranée des plastiques. Mais cela nécessite l’engagement et la collaboration de tous : gouvernements, entreprises et particuliers. Il nous reste à faire de toute urgence (en résumé):

Collectivités, gouvernements et entreprises

  • Rattraper les retards en termes de gestion des déchets plastiques dans la plupart des pays de la Méditerranée.
  • Stopper la production de certains micro-plastiques dans l’industrie, tels que les agents additifs pour savons, crèmes, gels et dentifrices
  • Interdire l’utilisation de tous les objets plastiques à usage unique
  • Atteindre 100 % de la collecte des déchets grâce à des plans efficaces de recyclage et de gestion des déchets.

Particuliers

  • Stocker les aliments dans des récipients en verre plutôt qu’en plastique,
  • Acheter aliments et détergents sans emballages
  • Eviter les produits à base de polyéthylène, le polypropylène ou le polychlorure de vinyle et bisphénol A.
  • Jeter systématiquement tous ses déchets (mégots, emballages) dans les contenants prévus à cet effet afin d’éviter la pollution de l’environnement et des plages.

Béatrice MICHEL

Sources : WWF/ National Geographic/European Chemicals Agency (ECHA)