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Face au Covid19, les producteurs locaux s'adaptent

Dans ce contexte de crise sans précédent depuis la grippe espagnole du siècle dernier, il convient à chacun de s’adapter en étant inventif et prudent, confinement oblige. Or les paniers paysans, AMAP ou apparentés créés pour générer du lien social en plus du respect des produits et de l’environnement semblent impactés. Le point sur la situation.

De nombreux particuliers en Région Sud font appel aux circuits courts pour manger bien, bio et local. Tout naturellement, les AMAP et associations apparentées ont donc fleuri sur le territoire et font partie des approvisionnements préférés des ménages. Ce nouveau mode de consommation est significatif des nouvelles préoccupations des familles et particuliers quant à l’exigence de qualité des produits, à la fiabilité de leurs provenances et au souci d’une agriculture relocalisée et redimensionnée à échelle humaine.

Manger des fraises, en plein hiver sous nos latitudes, a désormais mauvaise presse en raison d’un désastreux bilan carbone et d’une économie agricole forcément délocalisée. Le succès citadin des AMAP va de pair avec cette prise de conscience planétaire sur les limites d’une supposée croissance exponentielle. Mais qu’en est-il en période de crise comme celle que nous connaissons aujourd’hui ?

Les mesures prises par les producteurs locaux.

Le Mouvement Inter-régional des AMAP et plusieurs réseaux sont mobilisés, en lien avec les organisations de l’agriculture paysanne, pour faciliter le maintien des livraisons des paysans dans le cadre des AMAP et plus généralement pour le maintien de la commercialisation en circuits courts.

Des demandes ont été adressées aux autorités compétentes pour confirmer l’autorisation de maintenir les livraisons AMAP, en suivant les recommandations liées à l’application des règles sanitaires pour lutter contre la propagation du virus covid-19.

Nous avons interrogé pour vous les producteurs, gestionnaires, bénévoles et utilisateurs des AMAP pour vous permettre de récupérer vos paniers de fruits, légumes, viandes et œufs en circuits-court :

Dominique Barbera (secrétaire bénévole de l'AMAP du pays Voconces) à Vaison la Romaine :

"L'AMAP de Vaison livre sur un parking, c'est facile à organiser. Avant la livraison j'ai divisé la liste des « Amapiens » par groupes en tenant compte des habitudes horaires et des regroupements éventuels, et en donnant des consignes par mail suivies d'un tableau avec le nom des personnes concernées.
La livraison s’est faite à partir de 18h sur le parking des associations, par petit groupes de 5 personnes (1 personne par voiture) avec un horaire précis (5 personnes toutes les 10 mn) pour ne pas trop attendredans les voitures. Nous avons organisé une sorte de drive sur le parking afin d'éviter au maximum les contacts.
Une voiture à la fois se gare à proximité du fourgon de Claude (légumes-fruits), le chauffeur coupe le moteur et attend qu'on dépose son panier près du coffre, il charge son panier et s'en va. Les autres attendent à la suite dans leurs voitures jusqu'à son départ.
S'il a un colis de viande, il va se garer près du fourgon de Raphaël, récupère son colis déposé sur la voiture et s'en va. 

Cela s'est très bien passé. Personne n'a râlé et nous avons reçu beaucoup de mail nous remerciant pour cette organisation

Nous étions trois en comptant le maraîcher pour la livraison des paniers et deux pour la livraison de viande. Nous portions tous des gants et certains des masques. Finalement nous avons mis les paniers dans les coffres des voitures, c'était plus simple. Nous espérons que la mairie de Vaison-la-Romaine nous donnera le droit de continuer.  La question a été posée, nous attendons une réponse.
Pour moi qui vis à Malaucène, j'espère qu'on ne m'empêchera pas d'aller à Vaison (10km) pour aller chercher mon panier le vendredi. Nous sommes nombreux dans ce cas à venir des villages alentours le vendredi soir. Certains viennent même de Buis-les Baronnies où 4 familles viennent à tour de rôle récupérer les paniers.

Certains viennent de Mollans, Cairanne, Gigondas, St Romans de Mallegarde, St Maurice sur Aigues...
J'espère que le droit de circuler pour aller chercher sa nourriture sera maintenu : une nourriture Bio, pour nous c'est important, on ne la trouve pas forcément au village où l'on vit, et de plus, nos contrats sont pré-payés au maraîcher - si nous ne pouvons plus récupérer nos paniers, cela va faire un surcoût difficile à supporter pour certains."

 

A Marseille à Saint-Henri, l'exemple similaire d'Hubert. 

"Sur un parking, aidé par les bénévoles volontaires de l’association circuit-court, Claude, le producteur dispose des caisses constituées des légumes déjà répartis, sur le parking et étalé sur deux heures de temps, les personnes de l’association viennent chercher leurs légumes en toute sécurité."

Qu’en est-il des coopératives ?

Le Gouvernement et les Régions ont réaffirmé le caractère stratégique et crucial du secteur agricole et alimentaire, en remerciant « l’engagement des forces vives des filières agricoles ». Les agriculteurs-coopérateurs sont à pied d’oeuvre pour répondre à cet enjeu crucial de solidarité nationale : garantir une alimentation de qualité aux Français, sans aucun risque de pénurie sur la durée.

Intervenant « de la fourche à la fourchette », les coopératives agricoles sont impliquées sur l’ensemble de la chaîne qui doit pouvoir fonctionner à chaque étape : approvisionnement des exploitations, production agricole, collecte des matières premières, fabrication des produits alimentaires et approvisionnement des magasins.

Pour les coopératives, le lien avec le consommateur est essentiel. Attachées à leur territoire, elles développent des systèmes de vente avec un minimum d’intermédiaires : vente directe, vente en ligne, magasins coopératifs... Elles permettent aux consommateurs de manger local et coopératif : des produits de qualité pour une alimentation durable ! 

Pour faire le point régulièrement sur la situation et mettre en place les solutions adéquates, la Coopération Agricole est en coordination permanente avec les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs de la filière pour assurer la continuité des activités en toute sécurité sanitaire."

Qu’en est-il avec les interdictions ?  

Quelques réponses aux questions que vous vous posez concernant les circuits courts, transformation et la vente à la ferme. Le gouvernement autorise les services de livraison. Certains producteurs souhaitent réaliser des livraisons de produits alimentaires à leurs clients. Quel document doivent-ils avoir lors de leur déplacement ?

Les chefs d'exploitation souhaitant réaliser des livraisons doivent compléter, pour eux-mêmes, une attestation de déplacement dérogatoire         (https://www.interieur.gouv.fr/attestation_de_deplacement_derogatoire) en précisant qu'ils complètent le document pour eux-memes ainsi que le trajet de la livraison.

Plus d'infos : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

On conseille en outre aux agriculteurs d'être toujours munis d'un extrait de Kbis, inscription au registre agricole... ou de tout autre document justifiant qu'ils sont agriculteurs au cours de leurs déplacements.

Sous quelles conditions les marchés alimentaires sont-ils maintenus ?

La tenue des marchés, couverts ou non et quel qu'en soit l'objet, est interdite. Toutefois, le représentant de l'Etat dans le département peut, après avis du maire, accorder une autorisation d'ouverture des marchés alimentaires qui répondent à un besoin d'approvisionnement de la population si les conditions de leur organisation ainsi que les contrôles mis en place sont propres à garantir le respect des dispositions de biosécurité (en savoir plus : décret du 23 mars 2020) 

Peut-on avoir un manuel précis pour les règles d'hygiène et de distanciation sociale à observer pour la vente directe et les livraisons ?

Ces éléments sont disponibles sur le site du ministère de l'intérieur et du ministère de l'agriculture : www.interieur.gouv.fr . Retrouvez-les également sur les sites des Chambres d’agriculture régionale

Est-ce que les clients peuvent venir chercher leur commande directement à la ferme ?

Oui, les activités de vente à emporter et de livraison sont maintenues dans les restaurants et débits de boissons, avec la recommandation d'éviter tout contact.

Le client devra remplir, pour se déplacer, l'attestation de déplacement dérogatoire et en sélectionnant le motif :  "déplacements pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés". Il doit porter sur lui les justificatifs de déplacement, sous format papier uniquement. Il faudra en outre respecter les consignes de sécurité au moment de la vente.

Les drives fermiers font-ils partie des commerces alimentaires pouvant continuer à fonctionner ?

Oui, les drives fermiers sont déclarés, du point de vue de la réglementation sanitaire, comme un commerce de détail, toutefois, les mesures de prévention doivent être appliquées lors de la livraison.

Les AMAP sont-elles autorisées à fonctionner ?

Oui, ce sont des points des livraison. Elles peuvent se tenir, au même titre que les points de vente à la ferme ou les drives fermiers en respectant les mesures 'barrières'.

AMAP ou association pour le maintien d'une agriculture paysanne ou de proximité fonctionne comme un partenariat entre un groupe de consommateurs et une exploitation locale. Un contrat est conclu entre les deux parties et débouche sur un partage de récolte hebdomadaire avec un pré-achat de celle-ci par les consommateurs sur une période définie.

Du producteur au consommateur directement, d’où l’appellation de circuit-court.

Le panier hebdomadaire est composé de produits de saison fait en moyenne 7 à 10 kg de légumes par famille et représente un budget moyen de 12 à 25 € par semaine.

L'AMAP est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie. Ce système fonctionne

Le terme « AMAP » est déposé depuis 2003 en tant que marque française par l'association Alliance Provence. L'usage de la marque passe obligatoirement par l'engagement du respect de la charte des AMAP 

Une telle association est considérée comme participant de l'économie sociale et solidaire. Le fermier garde une indépendance par rapport au système de grande distribution ; quant aux consommateurs, ils choisissent le mode de culture, généralement bio ou d’agriculture durable.

Les AMAP soutiennent, en effet, une agriculture respectueuse de l'environnement par opposition à l'agriculture intensive. Elle permet également le « maintien des agriculteurs », dans un contexte où les plus faibles d'entre eux disparaissent progressivement (la part des agriculteurs dans la population active est passée de 30 à 3 % au cours des 50 dernières années).

À la suite d'une réunion organisée par ATTAC à Aubagne en février 2001 sur le thème de la « malbouffe », un couple présenta le concept vu aux Etats-Unis. L’assistance fut séduite par la démarche et en avril 2001, la première AMAP eu lieu à Aubagne dans notre Région Sud.