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L’agriculture urbaine au service du plus grand nombre

La crise sanitaire que nous traversons a dévoilé les dysfonctionnements de la production agro-industrielle et démontrer l’urgence à repenser complètement notre façon de nous nourrir et de produire. Le modèle actuel épuise les ressources naturelles et paupérise de nombreux agriculteurs. De plus nombre de citoyens aspirent à des produits plus durables, plus diversifiés, plus locaux.

Nous n’avons pas tous la chance d’avoir un jardin ou une cour ou même un balcon en vivant au cœur des villes. Ceux qui ont cette chance ne sont pas toujours des jardiniers émérites et ceux qui aspirent à cultiver ne savent pas toujours comment s’y prendre. Les jardins partagés ou jardins ouvriers ne détiennent pas l’espace nécessaire pour tous, alors comment faire ?

D’autres alternatives se profilent au cœur des villes avec l’agriculture urbaine.

L’agriculture urbaine, qu’est-ce que c’est au juste ?

Elle permet la production de légumes, de fruits et d’autres aliments en ville, comme des œufs ou du miel. Elle se pratique sur des toits, dans des cours, des potagers partagés ainsi que sur des espaces publics, comme les trottoirs aménagés. La FAO (Food and Agriculture Organization), organisme dépendant de l’ONU, préconisent une généralisation de ce style de culture pour répondre aux besoins alimentaires des zones urbanisées. D’après leurs études« Les jardins potagers peuvent être jusqu'à 15 fois plus productifs que les exploitations des zones rurales. » 

Ses avantages 

L'agriculture urbaine est une façon de jardiner responsable, de faire diminuer les émissions de CO2, les coûts de production et de revégétaliser l’espace urbain. Elle permet la mise en place d’autres systèmes de distribution de la production à la vente. De plus, les fermes urbaines génèrent des emplois non délocalisables et répond à la demande des citadins qui aspirent à plus de liens et de nature au quotidien. Depuis quelques années, apparaissent des initiatives et projets novateurs d’agriculture à proximité ou au sein même des villes mais encore faut-il savoir comment s’y prendre…

Trois exemples de structures urbaines en passe de devenir « référentes »

Le Talus, Marseille 12è arrondissement

En 2018, laferme urbaine participative, le Talus voit le jour sur d’anciennes friches industrielles dans le 12ieme arrondissement de Marseille à Saint-Jean du Désert.  Cette ferme permet aux habitants de cultiver leurs fruits et légumes dans des potagers en location. Véritable îlot de verdure, le Talus est devenu un lieu de vie à part entière. Ouverte aux propositions des adhérents et à la convivialité (même si cette dernière est mise à mal par la situation sanitaire actuelle), la ferme propose une buvette, la vente de légumes aux particuliers comme aux restaurateurs et une programmation culturelle (expositions, concerts, etc…).

Elle n’en oublie pas pour autant nos bambins en proposant des ateliers pédagogiques et les grands en proposant des formations très diversifiées et toujours à visée environnementale, encouragés par la Région Sud. La crise liée au Covid-19 a impacté le Talus comme la plupart des structures qui ont dû s’adapter.  Les événements ne devraient pas tarder à reprendre, au printemps, il l’espère, car ce lieu n’accueille jamais plus de 200 personnes sur une soirée, respectant ainsi les restrictions gouvernementales. Pour ce qui concerne la reprise des ateliers pédagogiques, il faudra attendre la rentrée de septembre.

Ferme des Talus au 603 Rue Saint-Pierre, 13012 Marseille Tel : 04 91 47 48 72

La Cité de l’agriculture à Marseille dans le 15è arrondissement

Association marseillaise née en 2015, sur un terrain de 8 500 m2 au nord de Marseille, la Cité de l’agriculture expérimente d’autres manières de produire, de s’approvisionner, d’accéder à l’alimentation et de consommer. Elle développe et modélise des projets et essaime de nouveaux systèmes agricoles et alimentaires pour l’éclosion de la ville de demain. Elle fédère surtout des initiatives autour de l’agriculture et de l’alimentation durables. Une façon de penser la ville autrement et à échelle humaine. Ses actions et formations sont axées sur les enjeux environnementaux, alimentaires et agricoles vers une société plus sobre, plus saine et plus juste par des actions solidaires et collectives.

La mise en réseau des citoyens et producteurs, permet de lutter contre la précarité alimentaire et la défense des liens de proximité. La Cité de l’agriculture invite les citadins à la reconquête de leur alimentation. Parce que faire un potager, créer un jardin partagé ou une ferme urbaine ne s’improvise pas, la Cité de l’agriculture propose des formations pour les particuliers, les porteurs de projets et toute personne travaillant dans la conception, l’aménagement ou l’animation des espaces de la ville. Toutes les connaissances nécessaires à l’installation agricole en milieu urbain, à l’accessibilité au foncier ou encore à la gestion financière de ce type de projet.

Des formations  soutenues par la Région Sud

Notamment, une formation permet d’aborder les problématiques de l’installation agricole urbaine et une aide au montage de projet. Elle est ouverte à toute personne ayant un projet d’installation en agriculture urbaine et ne nécessite aucun prérequis ou diplôme pour candidater.

La 1ère session de formation aura lieu entre mars et avril 2021. Une seconde session aura lieu en tout début d’été (juin-juillet). 7 jours répartis sur 7 semaines.

Pour s'inscrire : contact Arnaud Cleenewerk : arnaud@remove-this.cite-agri.fr

Les formations seront suivies de rendez-vous d’accompagnement avec des interlocuteurs professionnels pour le lancement du projet.

Cité de l’agriculture, 31 avenue Gascogne 13015 Accueil au 37 Boulevard National, 13001 MarseilleTél : 04 28 70 97 70

La ferme Capri à Sainte-Marthe dans le 14è arrondissement

On finit toujours par le fromage, ces derniers sont 100% marseillais. Avec une vache, une quarantaine de chèvres et de brebis, la ferme de la Tour des Pins de Sainte-Marthe produit des fromages au lait cru, comme on les aime, ainsi que des yaourts, du beurre et des faisselles, le tout recueilli et façonné sur place. Les 30 000 fromages sont ensuite vendus sur les marchés ou à des restaurateurs ais également aux particuliers si vous vous rendez sur place. Vous y trouverez également des fruits et légumes bio, de saison et cultivés sur place.

Cette ferme détient également un espace pédagogique où cochons, canards et poules font le plaisir des enfants. En effet, le terrain appartient à la Ville de Marseille et en contrepartie, l’éleveuse, Marie, briançonnaise, est tenue d’animer le lieu. Elle propose également des chantiers participatifs.

Vente des fromages : mercredi et vendredi de 16h30 à 18h00, samedi de 11h à 12h30 au 2 traverse Cade, 13014 Marseille
La visite de la ferme et les animations se font sur réservation au :  06 61 83 39 96

En ce moment, l’Etat met à disposition une enveloppe de 500 000 euros pour développer des projets de jardins partagés et d’agriculture urbaine dans les Bouches-du-Rhône. Dès aujourd’hui, les associations, collectivités territoriales ou encore bailleurs sociaux peuvent candidater. L’opération, nommée « quartiers fertiles », est pilotée par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU), dans le cadre du Plan de relance : https://www.anru.fr/developper-lagriculture-urbaine-dans-les-quartiers

Cultiver son jardin était déjà une idée des Lumières au XVIIIème siècle. Le visionnaire, Voltaire prônait l’idée au sens propre comme au figuré. A vous de voir comment cultiver le vôtre au sens propre. Sachant qu’1m2 de culture peut produire 20 kg de nourriture par an, il y a matière à réflexion ! Pour le côté intellectuel, nous vous faisons confiance !