Franck Pennant

Agriculture-Forêt, Développement durable |

Le pastoralisme en 2021, un goût d’avenir !

Le pastoralisme fait partie des plus anciennes traditions. Utilisant les espaces naturels pour laisser pâturer les troupeaux, il n’est cependant pas l’apanage de notre seule région (Pyrénées, Alpes Italiennes et Alsace). C’est pourtant sur nos terres qu’il a gagné ses lettres de noblesse patrimoniale.

Qu’entend-on par pastoralisme et transhumance ?

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le pastoralisme fait partie d’une des plus anciennes traditions régionales. Il s’agit simplement de l’utilisation des espaces naturels pour le pâturage des troupeaux. Une adaptation ancestrale aux contraintes climatiques.

Car le climat méditerranéen sec et chaud des plaines limite la production de fourrage. Les parcours de transhumance et l’herbe des alpages garantissent l’alimentation estivale des troupeaux et permettent une précieuse économie de foin.

En plaine, les éleveurs, contraints à la transhumance, ont adopté des races animales adaptées : la Mérinos d’Arles, la Préalpes, la Mourrerous, les chèvres du Rove, la Commune provençale et la vache de Camargue.

Sur les territoires alpins, l’accès et le climat sont très difficiles et la seule activité possible est l’activité pastorale. Un échange de bon procédé en quelque sorte devenu un élément clef de l’élevage régional. Car le pastoralisme mobilise chaque année près d’un million d’hectares de superficie.


©Franck Pennant

Une économie

Le pastoralisme n’est pas seulement un patrimoine ancestral laissant place aux rêveries d’un mode de vie plus libre et plus en phase avec la nature. 

L’élevage et la transhumance génèrent des emplois directs et indirects et représentent une source d’emplois non délocalisables permettant à de nombreuses familles de vivre jusque dans les lieux les plus reculés de la région. Son dynamisme détermine les fondations indispensables à l’implantation d’autres activités. L’aide au pastoralisme, ainsi que le soutien aux éleveurs permet de pérenniser la pratique.

La filière ovine est la plus représentée et la plus importante mais des exploitations bovines et caprines, axées pour la plupart sur la production fromagère et la vente directe, s’y ajoutent. Cette spécificité régionale permet la production de produits exceptionnels : Agneau de Sisteron (IGP), fromages de Banon (AOP), taureau de Camargue (AOP)…

Une véritable vitrine pour notre région en termes de retombées commerciales et touristiques et un label de qualité en termes de gastronomie, mondialement reconnue.

Le pastoralisme en Provence-Alpes-Côte d'Azur ne manque donc ni de dynamisme, ni d'innovations ni de résultats.

Pour maintenir ce savoir-faire, des aides sont apportées pour l’aménagement et l’équipement des pâturages ainsi que pour la formation des bergers (accès carrossable ou héliportage des équipements d’estives, cabanes pastorales, alimentation en eau et en énergie renouvelable).

Le CERPAM, la Maison de la Transhumance en Arles et l’Ecole du Merle à Salon-de-Provence (seule école de bergers en France) sont les partenaires régionaux privilégiés qui permettent la modernisation et la transmission des savoir-faire pastoraux. De l’équipement et utilisation de la clôture électrique, à l’entretien des accès carrossables aux alpages, aux héliportages du matériel lourd (blocs de sel, matériaux de réparation des cabanes, alimentation en énergie et provisions de bouche pour plusieurs mois, etc…), les formations de bergers et l’accompagnement du pastoralisme régional permettent de transmettre et de diffuser ces savoir-faire.

Les troupeaux en estives sont essentiels à l’équilibre économique et à l’entretien des paysages. De plus, cette activité participe à la préservation de notre biodiversité spécifique.

Un atout pour les défis climatiques

Les espaces pastoraux et la pratique de la transhumance se révèlent de précieux atouts pour la sauvegarde de la biodiversité.Situés au cœur de nos Parcs nationaux et Parcs naturels régionaux, les parcours de transhumance et le pastoralisme permettent de réduire les risques d’incendie dans les massifs méditerranéens, formant un véritable pare-feu naturel tout en préservant la biodiversité endémique de la région. Il participe à l’entretien et la valorisation des espaces écologiquement rares et sensibles. De plus leurs déjections facilitent un apport en engrais et permettent la diffusion des semences.

Les besoins en eau et la qualité sanitaire nécessaire à l’eau d’abreuvement des animaux, conditionnent la conduite et le passage des troupeaux. Une façon de participer à la protection de la précieuse et indispensable ressource en eau.

Ils se placent de fait dans la droite ligne de la transition énergétique en cours.

 

Préservons ensemble cette pratique

Avec la prédation, des mesures de protection ont été mises en œuvre (chiens de protection, regroupement nocturne des animaux, surveillance renforcée). La modification des pratiques de protection du troupeau passe par quelques précautions à suivre par les randonneurs et les chasseurs, notamment avec les Patous. La présence de ces chiens de protection génère parfois quelques tensions.

Le Patou fait son boulot en dissuadant tout étranger (éventuel prédateur…) de s’approcher du troupeau. Et le Patou est très zélé…..

Pour éviter tout malentendu avec ce chien de garde, rien de plus simple, contourner le plus largement possible le troupeau. Si par inadvertance, vous vous trouviez face au Patou, soyez très humble, ne courrez pas et éloignez-vous doucement des moutons le plus calmement possible.

Généralement tout se passe bien si l’on respecte les distances et les randonnées n’en sont que plus savoureuses.

Ne perdez pas de vue que le pastoralisme œuvre pour vous et vos enfants et demeure un modèle d’équilibre entre l’homme, l’animal, le milieu naturel et le climat. Une vraie chance pour notre région !

Béatrice MICHEL-ARNAUD

Les cabanes pastorales

Les cabanes pastorales déterminent les conditions de vie et de travail des bergers, comme l’organisation et la gestion du pâturage. Par la transhumance, chaque été, près d’un millier d’alpages sont occupés par les troupeaux ovins et bovins, pour leur très grande majorité sous la garde d’un berger qui réside en permanence et plusieurs mois sur l’alpage. Si vous souhaitez le rencontrer, frapper à la porte ou laisser un mot ou des fruits en cas d’absence …mais respecter son intimité, il saura apprécier !