Région Sud

Développement durable, Aménagement |

Le Pastoralisme, une tradition d’avenir

Le pastoralisme est un élément spécifique à la Région Sud. Sur une superficie d’un million d’hectares, les troupeaux pâturent chaque année avec un mode d’élevage bien particulier qui permet la production de produits de qualité supérieure sur tout le territoire régional.

Un pastoralisme régional traditionnel et innovant

Le pastoralisme et la transhumance ont façonné le territoire au fil du temps et sa pratique dans la région remonte à près de 4 000 ans. Il est une des traditions les plus anciennes du territoire et curieusement une de celles qui s’avère des plus modernes. En effet, ces pratiques ancestrales représentent aujourd’hui un atout primordial face aux enjeux climatiques auxquels nous sommes confrontés.

Le pastoralisme permet le maintien de l’emploi non délocalisable, contribue à l’entretien des paysages, et garantit des produits d’une exceptionnelle qualité (labels IGP ou AOP). Sa pratique constitue un véritable pare-feu naturel tout en préservant et enrichissant la biodiversité de la région. Cette pratique en parfait équilibre entre les besoins des hommes, de l’animal et du milieu naturel constitue un atout local indéniable contre le changement climatique.

C’est pourquoi, la Région Sud engage des moyens importants pour aider à sa modernisation et améliorer les conditions de travail des éleveurs en préservant notre patrimoine et sa biodiversité. Cette année particulière, les mesures sanitaires seront prises mais l’héliportage se fera, comme convenu. Cette aide essentielle pour les éleveurs de brebis de qualité consiste à leur faciliter la tâche et à emmener le matériel lourd que les dos d’ânes portaient auparavant, avec quelques petits éléments de confort bien rudimentaires, dont le berger se contentera le temps de l’estive.

Quelques consignes simples à l’usage des randonneurs

Les chiens « Patou », chiens de protection des Pyrénées, sont dressés pour faire barrage à toute intrusion à proximité du troupeau.  Certes, il use de dissuasion mais mieux vaut observer ces quelques consignes simples qui vous éviteront tout problème :

  • Evitez tout contact avec le troupeau, contournez-les dès qu’ils sont en vue.
  • Tenez vos enfants éloignés du chien et votre animal en laisse, le cas échéant
  • Pas de caresses, ni de nourriture
  • Oubliez le portable pour une story-Insta
  • Ne le regardez pas dans les yeux et éloignez-vous au plus vite sans courir

Entretien avec le directeur de la Maison de la transhumance Patrick FABRE.

Les circonstances sanitaires n’ont pas affecté le déroulement de la transhumance qui a pu s’effectuer sans encombre en respectant les nécessaires gestes barrières. Les troupeaux ont été acheminés par camions vers leurs pâtures d’été, seules les fêtes traditionnelles de la transhumance ont dû être annulées en Région Sud.

La transhumance en 2020

« Malgré la crise sanitaire la transhumance a pu se dérouler quasi normalement en mai sur l’ensemble du territoire. Les cheptels de brebis ont rejoint les pâturages de montagne en camion et malgré les circonstances, tout s’est déroulé normalement.

Quelques adaptationsont été nécessaires concernant les datesde réalisation des prophylaxies annuelles des cheptels transhumants avec les vétérinaires sanitaires, afin de respecter les gestes barrières et les mesures de distanciation entre lespersonnes. Même si l’activité en elle-même reste inchangée, nous avons cependant dû annuler les fêtes de la transhumance dans les villages et bourgs concernés, de la Provence aux Alpes, les sonnailles des troupeaux, qui annoncenthabituellement l’arrivée de l’été, n’ont pas pu résonner dans les rues et ruelles de Saint-Rémy-de-Provence en raison desmesures de confinement. Les mêmes mesures ont été prises sur l’ensemble du territoirenational, de l’Aubrac aux Cévennes, des Vosges au Pyrénées.

Les filières d’élevage

Elles se sont rapidement organisées pour assurerla continuité de la production et de l’approvisionnement des points de vente durant la crise du Covid. Les nombreuses initiatives des éleveurs, de leurs collectifs et des organisations professionnelles agricoles ont pu aboutir à un écoulement des produits grâce à des systèmes de plateforme de vente. Lait, fromage, viande ou laine, ont été commercialisés, notamment grâce à la plateforme mise en place par la Région Sud. Malgré une vive inquiétude en pleine période de Pâques, décisive pour la production ovine. La commercialisation s’est dérouléepresque normalement, malgré des difficultés ponctuelles chez certains éleveurs et une considérable surcharge de travail pour adapter les réseaux de distribution.

Concernant lafilière laine, Le marché du textile est également en net recul par manque d’achats. Même si lescours des laines mérinos résistent mieux que les autres laines de France, les prix de vente sontà la baisse par rapport aux années précédentes. Certains chantiers de tonte n’ont pu se tenir en temps normal dans les élevages, etdes difficultés de ramassage de la laine sont apparues. Alors que la demande chinoise tendaitle marché mondial ces dernières années, ce dont profitait également les laines de France,l’arrêt brutal des importations a entraîné une chute spectaculaire des cours. Les élevages ou associationsd’éleveurs ayant générés des démarches de valorisations spécifiques ont mieux résisté. C’est donc une démarche à suivre. »

    Lors du dernier salon de l’agriculture à Paris, sur le stand du CORAM*, la première étape de l’inscription de la pratique de la transhumance sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité (UNESCO), a été enclenchée, avec les acteurs du monde pastoral et en partenariat avec les Ministères concernés. Cette pratique, qui relie les plaines de Provence aux montagnes alpines, est ancestrale. A quel point ? Une équipe archéologique internationale travaille sur la question dans le Parc National des Ecrins, à plus de 2000 m d’altitude. Leurs fouilles ont révélé l’apparition et le développement de l’activité pastorale, avec la présence de cabanes et d’enclos, il y a plus de 4000 ans. Un argument de poids pour la candidature au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de L’UNESCO.

    *Collectif des races locales de massifs (défense des races bovines et ovines)