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Le Verdon, un joyau millénaire

Avec les gorges les plus imposantes d’Europe, le Verdon demeure l’une des destinations régionales les plus courues. Sa fraicheur salvatrice en plein été provençal, ses paysages grandioses saisissant de beauté cachent pourtant une histoire millénaire dont voici un aperçu.

Un site d’exception

Sur un parcours de 21 kilomètres, les gorges du Verdon nous offrent une vue exceptionnelle sur des falaises de 300 à 700 mètres de haut et une eau d’une couleur turquoise unique au monde. Ce somptueux chaos rocheux est à parcourir sur des routes et sentiers qui longent les gorges et le canyon.  

Le Verdon fait office de frontière entre le Var et les Alpes-de-Haute-Provence. Les deux départements se partagent les trésors naturels et artificiels d'un de ses sites exceptionnels : le Grand Canyon. Si vous optez pour la voie d’eau, le Verdon serpente à travers la roche, suivant un parcours sinueux où la largeur entre les parois varie de 200 à 1 500 m.  Le couloir se résume la plupart du temps au seul lit du torrent, soit moins d'une dizaine de mètres.

Le pays du Verdon dispose d'un patrimoine naturel hors du commun. En amont des Gorges, des villages perchés trônent entre ciel et montagne. Au-delà des gorges, les villages perchés au riche patrimoine architectural proposent des parenthèses d’histoire. Des chapelles templières parsèment, en effet, ce territoire très généreux en vestiges médiévaux.

 

Le trésor des Templiers

Des légendes foisonnent sur le fameux trésor des templiers qui serait toujours enfoui quelque part peut-être entre Comps et les Gorges ou bien sur les contreforts du mont Lachens. D’autres le situent dans l'enceinte de la commanderie templière de Valcros, à moins que ce ne soit à Bargème ou Châteauvieux ? ou que celui-ci repose sous les eaux du lac de Sainte-Croix ?

Les retenues d’eau de Sainte-Croix, Quinson, Esparron apportent une dimension touristique au Verdon indéniable. Un lieu naturel qu’il convient de respecter afin de préserver la beauté et la richesse des lieux.

Une occupation constante de la préhistoire à nos jours 

De tout temps les gorges ont été parcourues ou occupées par les hommes. Elles en ont gardé des empreintes indélébiles.

En effet, la découverte de nombreuses grottes atteste d’une implantation humaine près des gorges dès le paléolithique. Les cavités naturelles, creusées dans la roche, faisaient office d’abris et nos ancêtres y trouvaient leur pitance par le biais de cueillettes, de chasse et de pêche. Vers 6 000 ans avant notre ère, les hommes du néolithique, devenus sédentaires, y développent l’élevage et l’artisanat. De nombreux vestiges de l’Age du bronze ont été découverts témoignant de leurs activités.

Beaucoup plus tard, les Romains s’y implantent. Ils fondent une province, et construisent des villae (domaines agricoles). La cité de Salinae (Castellane) a été fondée par les romains autour de sources d’eaux salées.

Rattachée au royaume des Francs en 536, la région reconquiert son indépendance en 879 jusqu’à l’invasion des Sarrasins qui occupent déjà le massif des Maures. La capture de Saint Mayeul, alors abbé de Cluny, en 972, déclenche une révolte, mais les Sarrasins seront définitivement repoussés en 976.

Durant la période médiévale, l’attrait de ce territoire atteint son paroxysme. L’art roman s’épanouit sur tout le secteur et le commerce est prospère jusqu’aux épidémies de peste au XVe siècle.

La Provence intègre le royaume de France à la mort du roi René en 1481.

Au XVIIe siècle, le territoire retrouve sa prospérité médiévale, les villages fleurissent et développent une industrie locale axée sur la poterie, la verrerie et les aménagements hydrauliques, essentiels aux cultures. C’est d’ailleurs, sous le règne de Louis XIV que Moustiers-Sainte-Marie devient un des plus grands centres faïenciers de France.

Paradoxalement, le siècle des Lumières marque une période noire dans l’histoire de la Provence. En 1720, la grande peste décime une grande partie des habitants.

 

Un paysage redessiné par des prouesses technologiques.

Ce n’est qu’au XIXe et XXe siècle que le paysage que nous connaissons va prendre forme avec les découvertes et la maitrise technologiques et surtout l’édification de cinq barrages :

Castillon (1948), Chaudane (1952), Gréoux (1967), Quinson (1972) et Sainte Croix (1974).

Des communes verront leur terroir englouti sous les eaux (Aiguines, Bauduen, Sainte-Croix…) alors que certaines seront littéralement rayées de la carte comme Les Salles-sur-Verdon. Cette transformation contrainte du paysage a marqué pour longtemps les mémoires de tous les habitants.
En 1963, l’ère du nucléaire n’épargne pas le Verdon qui voit la construction du centre d’études nucléaires de Cadarache, suivi dans les années 2000, de celle d’un prototype de réacteur nucléaire à fusion (ITER).Mais la créativité des habitants du Verdon a su préserver malgré tout, le caractère authentique et durable du territoire.

Château d’eau de la Provence

Avec une capacité de stockage de 434 millions de m3, cinq lacs artificiels et des retenues d’eau, le Verdon représente bel et bien avec la Durance, le château d’eau essentiel à la région Sud.

Le Verdon parcourt 165 kilomètres sur lesquels, il dispense grâce à l’ingéniosité des hommes, eau potable et énergie électrique.

Sa source à 2 819 mètres d’altitude dispense une eau pure que nous retrouvons au robinet des villes comme Marseille, Toulon ou Aix-en-Provence et ses alentours.

Le Parc naturel régional du Verdon

Créé en 1997, le PNR du Verdon propose sur les 46 communes qui le compose une préservation des paysages composites et exceptionnels et des activités ancestrales, mais également le développement d’une économie de proximité axée sur le développement durable et l’innovation.

Visites et ateliers du mardi au jeudi, en juillet et août sur le domaine de Valx.

Sur plus de 200 hectares de forêts de chênes et de pins et de terres agricoles, le domaine est la propriété du Conservatoire du littoral depuis 1993, un espace géré par le Parc naturel régional du Verdon.

Les ateliers proposent une découverte des savoir-faire locaux comme la fabrication du fromage, la récolte, la conservation et l’utilisation des plantes aromatiques… un savoir ancestral à réapprendre…

Au programme

  • Les mardis : balade le matin pour reconnaître les plantes aromatiques dans les collines et l’après-midi des techniques pour les conserver, les transformer et les cuisiner.
  • Les mercredis matin : une cuisine sans gaspillage avec des recettes pour les fanes et les épluchures de vos légumes ou vos restes de pain !
  • Les mercredis en fin d’après-midi : voyage entre réel et imaginaire pour une balade contée sur un sentier traversant le domaine agricole chargé d’histoires.
  • Les jeudis matin : atelier de fabrication de fromage de chèvre trait la veille au soir par les chevriers de La Danse des sonnailles.

Cette année, des nouveautés dans les balades proposées, notamment auprès des belles biquettes…du Verdon, à découvrir !

Programme et réservations auprès de la Maison du Parc Domaine de Valx
04 360 Moustiers-Sainte-Marie: 04 92 74 68 00

Ou en ligne :  
www.parcduverdon.fr/agenda

Attention, les places sont limitées !

Béatrice MICHEL