Anne Van der Stegen

Aménagement |

L’eau en Région Sud : l’engagement sans faille de la Société du Canal de Provence

La Société du Canal de Provence et d’aménagement de la région provençale (SCP) détient, jusqu’en 2038, un contrat de concession avec la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur concernant principalement la sécurisation de l’approvisionnement en eau de la Provence. Un enjeu de taille que nous vous proposons de découvrir à l'occasion de la journée mondiale de l'eau, le 22 mars.

L’eau, ressource primordiale

L’eau est source de vie par définition. Tous les êtres vivants de la planète sont majoritairement constitués d’eau et la vie elle-même, sous forme monocellulaire, est apparue dans l’eau. A notre échelle humaine, l’eau est au cœur de toutes nos activités. D’elle dépend des secteurs essentiels : l’agriculture, notre vie quotidienne, l’économie industrielle et touristique, l’énergie hydraulique etc… Avec l’augmentation croissante de la population et des usages, l’eau constitue un enjeu, voire l’enjeu primordial de toutes sociétés. Par ailleurs, notre région a toujours connu des épisodes de pénuries d’eau. Très vite, il a fallu pallier les besoins grandissants de la population de façon équitable.

Une compétence régionale accrue en 2018

La Région Sud a souhaité et sollicité la mission d’animation et de concertation dans le domaine de la gestion et de la protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques.Elle l’a obtenue dès 2018, la loi NOTRe permettant aux Régions volontaires de prendre en charge la politique de l’eau, en tant qu’autorité de coordination et de concertation.

Pourquoi demander cette compétence ?

Dépositaire de l’aménagement du territoire, la Région Sud devait très légitimement intégrer la gestion de l’eau à cette compétence. Seules deux autres Régions ont obtenu la même délégation : Bretagne et Grand Est. Par ailleurs, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le développement des activités économiques s’est construit autour de la gestion de la ressource en eau. Le changement climatique et l’évolution socio-économique du territoire redéfinissent la gestion de l’eau comme un des grands enjeux de l’aménagement du territoire et du développement durable régional.

La Société du Canal de Provence

Un peu d’histoire…

Si aujourd’hui la Provence est à l’abri des effets de la sécheresse, cela n’a pas toujours été le cas. L’histoire de l’eau en Provence permet de comprendre les origines de la Société du Canal de Provence.

Nous avons dans notre région un château d’eau naturel : les Alpes. Mais le relief détourne cette eau vers l’ouest en la canalisant dans la Durance, puis dans le Rhône au Sud d’Avignon, échappant ainsi à la Provence qui reste une région méditerranéenne sèche. D’autant que le climat est lui aussi capricieux : il pleut en Provence, mais moins en été au moment où la région en a le plus besoin.

Ce contexte explique les tentatives multiples entreprises au cours des siècles passés pour capter cette eau et permettre d’alimenter la Provence, notamment le littoral où la population se concentre.

Les premiers canaux sont construits par les Romains. Au 16ème siècle, le canal de Craponne est créé pour alimenter, à partir de l’eau de Durance, Salon-de-Provence puis Arles, suivi de la création de canaux d’irrigation puis, au 19ème siècle, de celles du canal de Marseille, pour alimenter en eau de la Durance la ville de Marseille, et du canal du Verdon, ancêtre du canal de Provence, qui alimentait Aix-en-Provence. Mais la Provence se développe et l’eau manque toujours pour satisfaire ces nouvelles demandes.

Après-guerre, les institutions publiques décident de réaliser un projet de plus grande envergure dérivant l’eau du Verdon pour faire face à la croissance des besoins de l’ensemble des territoires régionaux, donnant naissance au projet du canal de Provence.

En 1957, la Société du Canal de Provence et d’aménagement de la région provençal (SCP) est créée. C’est en 1963, après l’aménagement hydroélectrique du bas Verdon par EDF, que la SCP débute la réalisation des ouvrages hydrauliques de la concession du canal de Provence qui compte aujourd’hui :

  • 216 km d’ouvrages de transport, dont 2/3 de galeries,
  • 5 600 km de canalisations enterrées
  • 4 grands barrages et 90 réserves et réservoirs de proximité
  • 81 stations de pompage et surpresseurs
  • 26 stations de traitement
  • 12 microcentrales hydroélectriques
  • 10 centres d‘exploitation

Les missions de la SCP

Aménageur et opérateur de la concession hydraulique régionale du canal de Provence pour le compte de la Région Sud, la Société assure en permanence une mission d’intérêt général qui consiste à :
-Soutenir et pérenniser le développement durable et solidaire des territoires,
-S’engager à préserver la qualité de la ressource,
-Sécuriser l’accès et l’alimentation en eau des différents usages.

Aujourd’hui…

La Société du canal de Provence a toujours fait preuve d’innovation en termes d’économie d’eau, veillant à préserver le canal de tout gaspillage de la précieuse ressource, grâce à une gestion responsable et durable de l’eau.

Innovante en termes d’usage agricole notamment, elle a su mettre en place des services, dans les Agritech et l’irrigation connectée plus particulièrement, pour accompagner les agriculteurs dans une gestion toujours plus maîtrisée de l’eau. Elle développe et maintient les ouvrages hydrauliques opérationnels en garantissant la continuité multi-usages du service de l’eau pour :

  • 165 collectivités, représentant 2 millions d’habitants alimentés par l’eau transportée par le canal de Provence (soit 40 % de la Région Sud)
  • 6 000 exploitants agricoles
  • 87 000 ha irrigable, soit 50 % des surfaces agricoles de la région Sud
  • 1 700 entreprises et industries
  • 37 000 clients particuliers
  • 2 200 poteaux et postes incendie

Répondre aux nouveaux enjeux environnementaux

Face aux nouveaux enjeux issus des impacts prévisibles du changement climatique, la Région a fixé d’autres orientations aux actions de son concessionnaire que l’on nomme les Obligations de service public (OSP) attachées à la concession qui se traduisent au travers d’un contrat d’objectifs : 

  • Anticiper les effets du changement climatique et préserver la ressource en eau
  • Poursuivre l’aménagement hydraulique en investissant dans les infrastructures d’hydraulique pour préserver le potentiel économique agricole
  • Protéger et valoriser la qualité des milieux naturels terrestres et aquatiques

Pour y répondre, le montant prévisionnel des investissements a été révisé à la hausse, passant de 580 millions d’euros à 620 millions d’euros.

Ces nouveaux investissements permettent de couvrir 30 200 hectares de surfaces agricoles supplémentaires, notamment dans le domaine de la viticulture.

70 % des investissements concernent le développement ou l’extension de réseaux d’irrigation portant ainsi en 2028, la surface irriguée à 101 900 hectares en 2028, inscrit dans les objectifs du Plan climat notamment celles liées à la préservation de la ressource en eau, à la mise en œuvre de projets d’économie d’eau et au développement de l’hydraulique agricole.

Dans un contexte de changement climatique, la concession hydraulique régionale du canal de Provence est un outil essentiel pour soutenir et pérenniser le développement durable et solidaire des territoires régionaux.

 

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