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Les voix qui portent la cause du harcèlement scolaire en Région Sud

Au-delà des mots, le harcèlement sous toutes ses formes est un fléau causant bien des maux auprès des jeunes. Rencontre et témoignages émouvants de ceux et celles qui militent pour cette cause à l’occasion de la journée régionale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée à l’Hôtel de Région, jeudi 18 novembre.

« C’est une cause importante car on est tous concernés par le sujet »

Pauline,

ancienne lycéenne à Dominique Villars à Gap et actrice principale du clip et de la campagne « Non au harcèlement », primé en 2020 au concours du Ministère de l’Éducation nationale.

« J’étais lycéenne au moment où ce projet vidéo a été lancé par Victor. Je voulais y participer en tant que figurante car le sujet du harcèlement scolaire m’intéressait. Pour moi, c’est une cause importante car on est tous concernés par le sujet. Ma mère en tant qu’institutrice m’avait déjà bien sensibilisée sur cette problématique. Je n’en ai pas été victime mais j’ai pu voir les dégâts que cela peut causer sur des proches. Et puis Victor m’a finalement proposé d’être l’actrice principale du clip ! C’était une expérience totalement nouvelle pour moi. Malgré le stress, j’ai adoré y participer et cela m’a beaucoup enrichi personnellement ».

« Le harcèlement peut toucher tout le monde alors que ça ne devrait pas exister »

Maël,

ancien lycéen à Dominique Villars à Gap et protagoniste du clip « Non au harcèlement », primé en 2020 au concours du Ministère de l’Éducation nationale.

« Par mon éducation, j’ai appris à respecter la différence, à ne pas me moquer des autres et à les accepter tels qu’ils sont. Aujourd’hui, le harcèlement peut toucher tout le monde alors que ça ne devrait pas exister. C’est pourquoi j’ai voulu participer à ce clip pour sensibiliser davantage de monde à cette cause et pour qu’elle prenne plus d’ampleur. C’est une vidéo qui a réussi à toucher un large public grâce aux images fortes qui permettent de ressentir et de comprendre ce qu’est vraiment le harcèlement scolaire ».

Victor,

réalisateur du clip vidéo Non au harcèlement », primé en 2020 au concours organisé par le Ministère de l’Éducation nationale.

« Le harcèlement est une problématique sociale à laquelle on peut tous être confronté un jour ou l’autre. J’ai donc voulu m’emparer de ce sujet au travers d’une vidéo pour qu’un maximum de personnes soit touché et sensibilisé. J’ai imaginé ce scénario et j’ai constitué une équipe de 70 personnes environ parmi mes camarades. Un de mes amis a même créé la musique !  Je suis heureux que ce clip ait eu un impact positif et ce, bien au-delà du territoire régional. Aujourd’hui, cette vidéo sert de support pédagogique préventif. On a cherché à montrer à l'écran les détails du harcèlement. Cela peut se traduire par des regards, du cyberharcèlement… et on a essayé de le montrer le plus concrètement possible. Je pense que c'est très important car ça permet à chacun de se faire une idée des formes que peut prendre le harcèlement et de pouvoir les identifier. Mais aussi de proposer des solutions. Seules les images suffisent pour comprendre cette vidéo autant sur le fond, la forme que pour en ressentir les émotions. "

Plus de 38 millions de vues sur Facebook du clip « Non au harcèlement scolaire » de 2020
Prix Non au Harcelement 2020 - Lycée Dominique Villars de Gap - Bing video

Farouk,

médiateur de la Garde régionale des lycées à Arles (Montmajour, Pasquet et Privat) venu en aide à une jeune lycéenne harcelée depuis 2 ans.

« On a vu une jeune lycéenne de 17 ans, assise seule à un arrêt de bus, près de son lycée à Arles. On lui a demandé si tout allait bien et on s’est présenté en expliquant notre rôle en tant que médiateur. Elle nous a alors expliqué qu’elle subissait du harcèlement dans le bus scolaire depuis 2 ans. Un groupe de garçons la malmenait dès qu’ils la voyaient. Ils l’obligeaient à regarder des images à caractère pornographique, lui jetaient du chewing-gum dans les cheveux, lui balançaient des sacs de course sur la tête… Elle a vécu un enfer durant toute cette période. Elle se sentait seule car personne ne l’écoutait, ni ne la prenait au sérieux. Même les témoins préféraient ne pas se mêler de la situation. Comme elle avait peur de prendre le bus, elle n’assistait plus aux cours. En décrochage scolaire, le harcèlement a été un véritable frein à ses études alors qu’elle passait le baccalauréat sans compter les conséquences psychologiques. On a alors contacté le CPE de son établissement qui s’est mis en relation avec le Proviseur où étaient scolarisés ces agresseurs. Grâce au trombinoscope qu’il nous a fourni, elle a pu les identifier. La société de transports a également été mise au courant de ce qui se passait à bord de ce bus. Nous avons également fait en sorte de la rapprocher de l’équipe pédagogique qui a pu ainsi comprendre les causes de son absentéisme. Elle a pu poursuivre sa scolarité et passer son bac ».

« Zéro tolérance pour le harcèlement scolaire en région Sud »

Sabrina Agresti-Roubache,

conseillère régionale en charge des grandes causes régionales, lutte contre les violences faites aux femmes, lutte contre le harcèlement scolaire.

« En région Sud, nous aurons zéro tolérance pour le harcèlement scolaire (…) Nous visons toutes formes de harcèlement, comme le harcèlement physique, moral, psychologique, le cyber-harcèlement, le harcèlement sexiste et sexuel (…). Aujourd’hui, nous lançons un prix pour en finir avec le harcèlement scolaire pour sensibiliser les lycéens et leur entourage, permettre aux lycéens de devenir acteurs de la prévention, favoriser la mise en œuvre de projets innovants, expérimentaux ou durables et favoriser le respect d’autrui et l’école de la confiance (…) Main dans la main, nous entendons bien mener cette lutte, parce qu’il s’agit bien d’un véritable combat ».

 

Propos recueillis par Céline Beddou

L’action de la Région contre le harcèlement scolaire ?

Pour en savoir plus, cliquez ici
Stop au harcèlement à l’école ! - Ma Région Sud (maregionsud.fr)