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Stop au harcèlement à l’école !

Moqueries, brimades, humiliations, insultes… En Région Sud comme ailleurs, le harcèlement n’a pas sa place au sein des établissements scolaires sous quelque forme que ce soit. Un phénomène grandissant qui nécessite mobilisation et sensibilisation auprès de tous mais surtout des parents, des enfants et du personnel éducatif à l'approche de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l'école. Pour y faire face, la Région Sud a voté le 28 octobre un plan de lutte contre le harcèlement scolaire.

Quelle que soit la manière, la violence en milieu scolaire porte atteinte aux droits des enfants et des adolescents. Les comportements malveillants à l’école impactent les jeunes victimes de manière négative autant leur éducation, leur santé, leur bien-être que leur avenir. Aussi, combien est-il important de pouvoir identifier tous signes précurseurs subis par les enfants à l’école afin de pouvoir réagir à temps et ainsi de les protéger. Communiquer en brisant le silence, éviter l’isolement à tout prix et refuser catégoriquement la maltraitance par d’autres élèves concourent à endiguer le harcèlement à l’école.

La politique régionale contre le harcèlement scolaire

Dès la précédente mandature, l’exécutif régional, dans le cadre de ses politiques en direction de la jeunesse, s’est fixé pour priorité d’apporter une réponse globale à la hauteur de l’enjeu de pacification de l’environnement des lycées. La création du Programme régional de médiation éducative a permis par une présence humaine qualifiée en travail social de favoriser le maintien et le développement du lien social et la restauration d’un climat de confiance dans l’environnement des lycées. A ce titre, le dispositif constitue un outil de prévention du harcèlement et de toute autre forme de violence qui bénéficie à la totalité des lycées publics régionaux. Si la problématique du harcèlement et de toutes formes de violence dans l’environnement des lycées constitue l’axe central de travail quotidien des équipes de médiation, des actions de formes diverses allant de point écoute, en passant par des jeux interactifs jusqu’à l’animation de débats autour d’une exposition ou d’un film sont conçues spécifiquement en concertation avec les équipes de vie scolaire.

De plus, dans le cadre de sa politique régionale en matière d’Egalité Femmes Hommes, la Région a construit des partenariats avec des acteurs structurants tels que les Centres d’information des droits des femmes et des familles et les Mouvements Français des plannings familiaux dont l’un des trois objectifs est la mise en place d’actions de sensibilisation des jeunes, et plus particulièrement les lycéens, sur les enjeux de violences sexistes et sexuelles. Près de 200 actions ont été conduites entre 2019 et 2021 ; au cours de ces séances les problématiques liées au harcèlement y sont majoritairement traitées. Ces politiques régionales montrent que la Région a pris très tôt la mesure de l’enjeu de lutte contre le harcèlement scolaire.

 

Le plan régional de lutte contre le harcèlement scolaire voté le 28 octobre

Pour autant, conformément aux engagements pris, la Région Sud souhaite aller plus loin en faisant de cette question une grande cause régionale déclinée dans un plan d’actions en huit points :

  • organisation d’une journée de lutte contre le harcèlement scolaire à l’occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire ;
  • confirmation du rôle des médiateurs de la garde régionale des lycées en devenant ambassadeurs de la lutte contre le harcèlement scolaire à l’issue de la formation délivrée par le Ministère de l’Education Nationale dans le cadre de son Programme de lutte contre le harcèlement à l’école « PHARE » ;
  • organisation d’ateliers de sensibilisation et diffusion d’un fascicule d’information sur le harcèlement scolaire auprès des agents régionaux des lycées ;
  • création d’un prix régional de lutte contre le harcèlement scolaire doté d’un budget annuel de 6 000 € pour récompenser toutes les initiatives portées par les lycées (trois lauréats) et dont l’appel à projets intitulé « Pour en finir avec le harcèlement scolaire » est joint en annexe au présent rapport ;
  • création d’une fabrique « Lutte contre le Harcèlement scolaire » au sein du Parlement régional de la jeunesse qui aura pour première mission la rédaction d’une charte proposée à la signature des lycéens ;
  • organisation d'ateliers d'autodéfense verbale dans tous les lycées de la Région pour donner aux jeunes les moyens de répondre aux harceleurs ;
  • priorisation du financement de toutes les actions pédagogiques initiées par les lycées sur le thème de la lutte contre le harcèlement scolaire ;
  • dépôt de plainte de la Région aux côtés des parents d'élèves dès lors que celle-ci aura un intérêt à agir.

Harcèlement scolaire, qu’est-ce que c’est ?

On entend par harcèlement tout comportement agressif qui se traduit par des actes négatifs non désirés par la victime et répétitifs sur une période plus ou moins longue. Pour qu’un élève soit considéré comme une victime de harcèlement, les agressions doivent se produire au moins une ou deux fois par mois. En d’autres termes, on parle de harcèlement quand un élève ou un groupe d’élèves prend régulièrement pour cible un camarade avec des propos ou des comportements agressifs.

Les 5 visages du harcèlement scolaire

Le harcèlement physique se définit par des agressions répétées se manifestant de différentes manières pour les victimes qui sont battues, blessées, frappées à coups de pieds, poussées, bousculées ou enfermées… Leurs affaires peuvent même être volées ou abîmées. Dans d’autres occasions, les victimes sont obligées d’obéir à des ordres qui l’amènent à agir sous la contrainte. Le harcèlement physique est plus facile à repérer car l’enfant peut présenter des lésions ou des marques sur la peau qui attestent la maltraitance subie. Cela comprend aussi d’autres actes répréhensibles comme être poussé, bousculé, frappé ou gifler par un ou plusieurs agresseurs. Les agresseurs peuvent s’en prendre aussi aux affaires de la victime (vol, racket, matériels endommagés…). De tels comportements abusifs, souvent perpétrés en public, entraînent aussi des dommages psychologiques pour la jeune victime.

Le harcèlement psychologique est plus silencieux mais fait autant de ravage. Autant les filles que les garçons en sont victimes et un de effets pervers est qu’ils ont du mal à exprimer leurs sentiments négatifs et donc à s’emmurer dans le silence et à s’isoler. Blagues, moqueries, mots blessants… peuvent générer des complexes et des traumatismes importants qui peuvent affecter la vie de la victime jusqu’à l’âge adulte. Souvent, les agresseurs se servent de caractéristiques physiques (poids, taille, apparence ethnique) ou d’autres critères personnels (religion, statut socio-économique…) et utilisent des mots qui peuvent causer plus de tort que les coups.

Le harcèlement virtuel oucyberintimidation : avec l’avènement et la popularisation des réseaux sociaux, une autre forme de comportement abusif est née qui prend de l’ampleur. Selon des études effectuées dans 7 pays européens, le cyberharcèlement a augmenté considérablement, passant de 7 % en 2010 à 12 % en 2014 sur les enfants victimes de 11 à 16 ans utilisant internet.

Par ce biais, le harcèlement peut être permanent pour la victime. Fausses rumeurs malveillantes, atteinte à la vie privée par la divulgation de documents privés ou de photos intimes sans son consentement, agressions verbales, violence émotionnelle, exclusion sociale… Ce type de comportement abusif, blessant et méchant se retrouve aussi sur d’autres contenus électroniques : services de messagerie instantanée ou chat, courriels, textos, création d’un site internet pour se moquer d’un élève, textos, appels, vidéos via le téléphone portables… Dans la catégorie « cyberharcèlement », on retrouve aussi les « classements » ou « listes » sur lesquels les jeunes sont notés selon des critères physiques ou tout autres critères qui font l’apanage des préjugés.

Le harcèlement social : cette forme d’abus consiste à isoler et à ignorer la victime en ne l’incluant pas dans des activités ou événements et peut se combiner avec du cyberharcèlement.

Le harcèlement sexuelpeut se traduire des « petits » gestes qui peuvent paraître anodins pour ceux qui les commettent. Or, cela fait référence aux parties intimes du corps d’une personne, à sa sexualité ou même la forcer à embrasser quelqu’un qu’elle ne veut pas embrasser, des commentaires obscènes ou l’imposition de matériel pornographique que ne plaît pas à la victime.

Quelles conséquences pour la victime ?

La violence et le harcèlement à l’école peuvent avoir de graves répercussions sur les jeunes victimes : problème de concentration en classe, absentéisme élevé en classe et aux activités scolaires, école buissonnière voire arrêt complet de la scolarité. Ce contexte délétère, où le climat scolaire est anxiogène et stressant, est nuisible à l’apprentissage et à la qualité de l’éducation. Cela se répercute, par voie de conséquence, sur leurs résultats scolaires, leur éducation future et leurs perspectives d’emploi.

C’est ce que confirme un rapport de l’Unesco* qui déclare que « les enfants fréquemment harcelés ont plus de deux fois plus de risques de manquer les cours, ils réussissent moins bien, ils obtiennent de moins bons résultats en mathématique et en lecture. Plus ils sont harcelés plus les résultats sont mauvais, ils abandonnent plus souvent leur éducation formelle dès la fin de leurs études secondaires ». Par ailleurs, ces actes abusifs dégradent les conditions de vie de la victime et cela se manifeste notamment par de l’anxiété, une chute des résultats scolaires et la dépression ».

On peut lire également dans cette étude que « la violence et le harcèlement à l’école ont des répercussions sur la réussite de l’ensemble des élèves. Le manque de discipline et l’insécurité de l’environnement d’apprentissage sont des facteurs déterminants d’une baisse des performances académiques. Plus précisément, les élèves des écoles où le harcèlement est un phénomène répandu réussissent moins bien en sciences que ceux des établissements où le harcèlement est moins fréquent. Cela peut aussi avoir des conséquences sur la santé mentale, la qualité de vie et les comportements à risque des enfants concernés. Chez les enfants harcelés, l’isolement, les pensées suicidaires et les problèmes de sommeil sont près de deux fois plus fréquents que chez les enfants qui ne sont pas harcelés. Il est également lié à une consommation plus forte de tabac, d’alcool et de cannabis ainsi qu’à des expériences sexuelles précoces ».

Quelles conséquences pour l’agresseur ?

Le harcèlement n’est pas un jeu. Les agresseurs âgés de plus de 13 ans sont passibles de sanctions (amandes) et de peine de prison. En effet, les faits de harcèlement scolaire sont sanctionnés par la loi, qu’ils aient été commis au sein ou en dehors des bâtiments de l’établissement. D’autres mesures et sanctions spécifiques s’appliquent aux mineurs de moins de 13 ans.

Quels sont les jeunes les plus à risque face au harcèlement scolaire ?

Divers facteurs influent sur le harcèlement scolaire. En général, il semble que les enfants perçus comme « différents », pour quelque raison que ce soit, sont plus exposés au harcèlement à l’école par rapport à :

  • leur non-conformité aux normes de la masculinité et de la féminité,
  • leur apparence physique,
  • leur nationalité ou la couleur de peau,
  • leur caractère timide ou introverti.

Sources : *« Au-delà des chiffres : en finir avec la violence et le harcèlement à l’école » Unesc

Que faire en cas de harcèlement scolaire ?

Conseils pratiques et recours possibles ici : Mon enfant est victime – Non au harcèlement (education.gouv.fr)

Un numéro d'appel gratuit : le 3020

Prévention face au harcèlement scolaire

  • Être attentif aux changements d’humeur possibles de votre enfant, par exemple s’il refuse de partager des activités de groupe ou de raconter ce qu’il a fait avec ses amis à l’école.
  • Apprendre à l’enfant à utiliser la technologie de manière responsable car l’éducation joue un grand rôle pour éradiquer ce comportement.
  • Lui apprendre à dire sans blesser les autres.
  • Utiliser le contrôle parental en limitant les sites sur lesquels l’enfant peut surfer.
  • Lui apprendre à la maison (et pas qu’à l’école) la tolérance, la solidarité et l’ouverture d’esprit, le droit à la différence.