Civisme |

Tous Mobilisés Contre Les Violences Faites Aux Femmes

Humiliations, menaces, agressions verbales ou physiques, chaque année en France des milliers de femmes sont victimes de violences. Face à ce terrible constat, la Région Sud a décidé de lancer les Assises régionales de lutte contre les violences faites aux femmes, pour faire du combat contre ce fléau une priorité.

Depuis septembre dernier, les femmes victimes de violences trouvent un refuge et une écoute précieuse auprès de la Maison des femmes Françoise Giroux à la Seyne-sur-Mer. « C’est un guichet unique destiné aux victimes de violences intrafamiliales, et notamment conjugales », explique Nathalie Rocailleux en charge de la gestion de la structure inaugurée en juin dernier. Une démarche exemplaire qui illustre la mobilisation à l’œuvre dans la lutte contre les violences faites aux femmes en région Sud. Un combat essentiel désigné grande cause régionale pour que cessent les violences et que l’égalité entre les femmes et les hommes progresse. Des violences dont les formes sont multiples et qui touchent tous les milieux sociaux.

Les différentes formes de violences envers les femmes

  • Physiques
    Bousculades, coups, tentative de meurtre, mise à la porte, séquestration, utilisation d’armes…
  • Verbales
    Cris, insultes, menaces, intimidations, dévalorisations…
  • Psychologiques
    Contrôle, critiques constantes, humiliations, dénigrement…
  • Sexuelles
    Viol, agressions sexuelles, prostitution forcée, pratiques imposées…
  • Économiques
    Contrôle des dépenses, privation d’argent, interdiction de travailler…
  • Administratives
    Destruction ou confiscation de document, recel de documents administratifs et/ou courriers,
  • Cyber-violences
    Cyber-intimidation, cyber-harcèlement, mots de passe changés, diffusion de photos ou vidéos intimes sans consentement
  • Harcèlement après séparation

1 femme sur 10 victime de violences

Malgré la place croissante de cet enjeu dans notre société depuis quelques années, notamment depuis la vague #MeToo qui a démarré en France il y 4 ans, la persistance des violences à l’égard des femmes impose de ne pas relâcher les efforts. En 2020, 102 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. Pour 2021, les associations signalent d’ores et déjà que la barre des 100 féminicides a été dépassée. Des chiffres qui font froid dans le dos.

A ces décès s’ajoutent les violences physiques, le harcèlement psychologique, les agressions sexuelles subies par des milliers de femmes chaque jour. Elles peuvent aussi prendre la forme de contraintes ou de privations de libertés au niveau administratif ou économique. En 2020, l’impact des périodes de confinement liés à la crise sanitaire a été particulièrement délétère : une hausse de 42 % des signalements pour des cas de violences domestiques a été enregistrée. Des violences que doit affronter aujourd’hui une femme sur 10. Et c’est très souvent dans l’enfer d’un foyer, qui devrait être protecteur, que le danger se loge : dans 80% des cas c’est au sein d’un domicile connu que les violences s’exercent, celui de la victime ou de l’agresseur. Dans 9 cas sur 10, les femmes connaissent leur agresseur. A l’extérieur, les agressions sexistes et sexuelles représentent aussi un fardeau de taille : on sait qu’au cours de leur vie, huit Françaises sur dix déclarent y avoir déjà été confrontées.

 

La région n’est évidemment pas épargnée. Elle représente 8,7% des appels au 3919, le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes ou aux personnes témoins de violences, ce qui la place au 3ème rang après l’Ile-de-France et Auvergne Rhône-Alpes. En ce qui concerne les fémicides, une étude nationale du Ministère de l’Intérieur indique qu’en 2020, le territoire régional fait partie des plus exposés. Il arrive au 5ème rang des régions qui comptabilisent plus de 10 victimes. Plus que jamais, il faut agir.

Briser la chape de plomb

Loin d’être de simples drames conjugaux ou des conflits d’ordre privé, le phénomène concerne la société tout entière, quels que soient le milieu, la catégorie professionnelle, la sphère sociale. Les violences envers les femmes est une réalité omniprésente, dans la rue ou les transports, au travail comme chez soi, en milieu scolaire ou hospitalier. Partout, les inégalités entre hommes et femmes, ainsi que les représentations sexistes qui les légitiment, constituent le terreau de ces violences.

Si l’Assemblée générale des Nations Unies, a fait du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes il y a plus de 20 ans, ce n’est que depuis 2017 qu’un véritable tournant s’est amorcé en France. A partir du phénomène #MeToo, des milliers de témoignages vont commencer à affluer du monde du cinéma à celui du théâtre, des milieux sportifs à ceux de l’enseignement supérieur. Ce mouvement sans précédent s’est fait jour autant pour lever le voile et libérer la parole que pour interpeler les pouvoirs publics.

Par sa médiatisation, les femmes victimes ont pu comprendre qu’elles n’étaient pas seules et qu’elles pouvaient sortir du silence pour demander de l’aide. Cela a aussi permis d’avancer sur la levée de certains verrous qui enrayent le dialogue entre acteurs de la prévention et de la prise en charge des personnes (victimes et auteurs). Ce mouvement est surtout l’occasion de montrer que la responsabilité est collective et que rester indifférent face à ces violences contribue à entretenir ce fléau. C’est donc par une mobilisation collective que l’on parviendra à briser la chape de plomb qui pèse sur toute la société, celle qui maintient les victimes dans le silence et qui paralyse les actions de lutte et de prévention.

 

Des Assises inédites contre les violences

En septembre 2019, le gouvernement lance le premier Grenelle contre les violences conjugales. 46 mesures nationales sont alors engagées pour prévenir, protéger et punir, parmi lesquelles 10 mesures d’urgence comme la mise en place de nouvelles solutions de logement et d'hébergement des victimes, la possibilité de déposer plainte dans les hôpitaux, la généralisation du bracelet anti-rapprochement.

Dans une région qui place l’égalité femmes-hommes au cœur de son engagement, par ses actions en faveur de l’égalité professionnelle ou la lutte contre la précarité menstruelle, le combat contre les violences faites aux femmes s’impose comme une priorité.

Plan de lutte contre la précarité menstruelle

C’est pourquoi le 25 novembre, la Région Sud organise les premières Assises régionales de lutte contre les violences faites aux femmes qui vont permettre de rassembler tous les acteurs engagés dans ce combat : partenaires institutionnels et associatifs, justice et police, acteurs du monde économique ou sportif, médecins, société civile. Ces Assises se veulent ouvertes à tous ceux qui souhaitent se mobiliser en faveur de l’égalité hommes-femmes et lutter contre les violences à l’égard des femmes. Avec un objectif clair : lancer une réflexion sur un plan d’actions régional et présenter des premiers objectifs assortis de mesures concrètes.

Assises régionales de lutte contre les violences faites aux femmes

Cette réflexion va s’articuler autour de trois grands piliers : alerter, accompagner et prévenir. Alerter, d’abord, car en cas de menace ou de danger il faut pouvoir avertir et trouver de l’aide rapidement. Accompagner les victimes est un deuxième levier d’action indispensable. Il s’agit notamment de les mettre à l’abri et de les aider à se reconstruire après des expériences traumatisantes. A l’instar de la Maison des femmes de la Seyne-sur-Mer, des dispositifs d’accueil spécifiques se développent un peu partout en France. Des solutions qui ont démontré leur efficacité et qui méritent d’être largement déployées. Enfin, parce que guérir les violences est un chemin long et difficile, les prévenir dans toutes les sphères de la société est absolument nécessaire. Organiser la prévention bien en amont, notamment auprès des plus jeunes, est l’une des clés pour stopper le cercle vicieux des violences. La prévention et la sensibilisation permettent de transformer les représentations sur les relations entre les hommes et les femmes et de déconstruire les clichés sexistes, pour mieux s’attaquer aux racines du mal.

A.S Lebon

Victimes de violences ou témoins, où trouver de l’aide ?

  • Les numéros d’urgence (gratuits et accessibles 24h/24)
    Le 17 pour une intervention de la police ou de la gendarmerie
    Le 114 destiné aux personnes sourdes et malentendantes
  • Le 3919 - Violences Femmes Info
    C’est le numéro national d’écoute, d’information et d’orientation destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés. Anonyme et gratuit, depuis fin aout il est accessible 24h/24, 7j/7, y compris les week-ends et les jours fériés.
  • www.service-public.fr/cmi
    Laplateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles. Des policiers ou des gendarmes spécialement formés peuvent déclencher des interventions. Cette plateforme de tchat est anonyme, gratuite et accessible 24h/24 et 7j/7.