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Une histoire de terrasses !

Réalité culturelle, « s’asseoir à un café » est une seconde nature en France. A l'occasion de la 3e édition de La Fête des Terrasses, retour sur l'histoire de cet art de vivre très "Sud" !

La terrasse, une habitude très française

Comme souvent, nous tenons nos habitudes du passé. S’asseoir à une table, profiter du moment présent remonterait à la Belle Époque à Paris. Ce moment particulier de l’après grande guerre, ses morts par millions et sa légion d’horreurs a suffisamment marqué les esprits pour avoir cette envie de savourer le moment présent comme si c’était le dernier avec des personnes de l’entourage ou bien en créant des liens spontanément par des rencontres fortuites dans le cadre d’un café. Après la grande dépression de la fin du XIXe siècle suit l’ère des progrès sociaux et techniques. Les bicyclettes envahissent les rues, tout comme les photographes, soucieux d’être les témoins de leur époque. Plus spectaculaire encore, l’électricité se déploie dans les industries, les habitations, les lieux de rencontre… La guerre 14-18 n’aura pas raison de l’allégresse qui s’est emparée des parisiens au début de ce siècle, au contraire. Au lendemain du conflit, les Français veulent retrouver la légèreté d’autrefois. Les années 1920-1930 voient naître de grands cafés à Montparnasse et sur les Champs-Élysées, dont l’architecture témoigne de la joie de vivre qui s’empare de la capitale française après la première guerre mondiale et gagne le territoire tout entier.

Le saviez-vous ?

C’est à Marseille que le café (la boisson) a fait son apparition et que le premier établissement qui lui a été entièrement consacré a ouvert ses portes. Le café est la boisson la plus consommée en France juste après l’eau, avec six kilos par an et par personne. Si pour certains, c’est à Paris que le premier café public a été ouvert, sachez que cette information est fausse. Ramené de Turquie par les explorateurs, le café, est arrivé en Europe en premier lieu à Venise au tout début du 17ème siècle pour ensuite conquérir les autres pays d’Europe. En France, le café débarque officiellement en 1644 dans le port de Marseille, à bord d’un navire venant d’Alexandrie. Au début, les savants de la faculté d’Aix-en-Provence jettent le discrédit sur cette nouvelle boisson pour éviter qu’elle ne devienne trop populaire. Mais, la population marseillaise, déjà rebelle contre la bourgeoisie aixoise, en raffole et la consomme de plus en plus. Quelques années plus tard, en 1671, le premier établissement public destiné au débit de café ouvre enfin ses portes aux environs de « La Loge », aujourd’hui quartier de la Bourse, entre le Vieux-Port et Belsunce.

Que représente la terrasse d’un café ?

Un poste d’observation d’un monde qui évolue est né. Quel meilleur point de vue qu’un espace ouvert et protégé où l’on peut venir prendre le temps de penser, seul ou entre amis ? Comme un espace « tampon » entre le monde actif de la rue et celui du café où l’on s’autorise un arrêt.

La terrasse n’est pas seulement le sanctuaire des réflexions, elle a aussi un rôle social important. Elle peut devenir le bureau et le lieu de réception du monde des affaires et du monde artistique. Se retrouver pour prendre un verre, seul ou entre amis, au calme ou dans l’agitation de la ville est bel et bien une coutume française qui fascine ou intrigue les touristes.

D’où vient l’appellation de terrasse ?

Le terme faisse ou faïsse (en patois français local) désignait les « terrasses de culture ». Bon nombre de géographes et historiens ont supposé que depuis les temps médiévaux (sans aucune certitude) que les cultures en terrain pentu avaient nécessité des aménagements en terrasses pour plus de commodité, comme on peut encore l’observer sur les flancs du Mont Ventoux ou dans les Cévennes.

Mais le vocable de « terrasse » serait apparu au XIIe siècle, sous la forme « terrace » et dans les sens d’« amas de terre » et de «torchis». A la fin du XIVe siècle (1380), le mot « terrasse » désigne un support de statue ou un socle plat.

Aux XVIe et XVIIe siècles, l'accroissement démographique dans le Languedoc et les régions voisines fut accompagné de défrichements de terres nouvelles ou retournées à la friche. En Provence, l’endiguement des torrents se fait à l'aide de « restanques »

Au XVIIIe siècle, les techniques de défrichement et de construction de parcelles, s'affirment, avec dans les Cévennes la plantation de muriers sur des terrasses irriguées et le défrichement de terres jusque-là incultes car inaccessibles. 

 Des terrasses de cultures et à la culture de terrasses 

A la fin du XVIIe siècle, le mot « terrasse » a pris son sens moderne : le Dictionnaire de l'académie française de 1694 le définit comme une « levée de terre dans un jardin, dans un parc, faite de main d'homme pour la commodité de la promenade et pour le plaisir de la vue ». Ce serait donc les jardiniers-paysagistes du XVIIe siècle, concepteurs de terrasses pour les châteaux et parcs des puissants, qui auraient diffusé la notion et le mot. 

Pour les adeptes de la vision romantique et esthétique des vestiges du monde rural, ces terrasses étaient un lieu de contemplation avant de devenir ce lieu de convivialité citadin auquel nous sommes si attachés. Profitons de ces menus plaisirs, ils sont incomparables !!