Marianne Casamance

Tourisme |

Vivre en Région Sud : les Embiez, une île sanctuaire proche du paradis !

L’île des Embiez c’est 95 hectares de paradis posés au large du Brusc, dans le Var. Telle pourrait être la simple description des Embiez. Réputée pour sa nature verdoyante, ses criques sauvages, ses rochers sculptés par la mer et ses fonds sous-marins limpides, l’île des Embiez est l’île familiale par excellence.

Préservée du béton, l’île recense plus de trois cents espèces à fleurs et à fruits, dont certaines espèces sauvages préservées : pins d’Alep, arbousiers, plantes grasses, vignes, fleurs, massifs et buissons… mais aussi chênes majestueux. Ainsi, l’île des Embiez possède à elle seule 90% des essences végétales méditerranéennes connues. Véritable refuge pour les oiseaux selon la Ligue pour la Protection des Oiseaux, elle a été à ce titre « éco-labellisée » Pavillon Bleu.

Membre du réseau européen Natura 2000, qui réunit plus de 1700 sites terrestres et marins français reconnus pour la rareté et la fragilité de leurs milieux naturels, l’Ile des Embiez s’est toujours engagée à protéger son environnement. Un sentier nature truffé de panneaux à thème (histoire, géologie, botanique, zoologie…) favorise la découverte de l’île et de sa nature environnante, à faire à pied ou à vélo.

Petite histoire

Le terme Embiez vient du latin « ambo » qui veut dire deux pour l’archipel des deux îles : celle des Embiez et celle de la Tour Fondue. Les vestiges les plus anciens retrouvés sur l’île, preuve d’une présence humaine, remonteraient à cinq siècles avant Jésus Christ, probablement laissés par des pêcheurs ou des navigateurs. En effetl’île des Embiez a, depuis toujours, été le refuge des amoureux et des professionnels de la mer. Elle a également subi les invasions des pirates.

A partir de 1068, les moines de l’Abbaye de Saint Victor commencent à exploiter les salins de l’îleLe sel, qualifié « d’or blanc », était, à l’époque, une denrée chère et précieuse, indispensable à la conservation des aliments. C’est à cette époque que les hébergements « Les Douanes » ont été construits et nommés en souvenir de cette partie de l’histoire. En effet, le sel était taxé par l’état, (la « gabelle ») et récolté par les « gabelous ».

En 1789, lors de la Révolution Française, l’île est déclarée « bien national ». Au début du 19ème siècle, l’île exploite son sel marin pour produire de la soude. Le sel était décomposé avec de l’acide sulfurique pour produire du sulfate de soude qui était utilisé pour la fabrication du savon à Marseille. Les dégagements d’acide chlorhydrique  très toxiques engendrent de nombreux dégâts sur la végétation environnante et la santé des populations alentours. L’usine de fabrication de soude fut définitivement fermée en 1847. Et en 1938, la production de sel sur l’île des Embiez prit fin.

En 1901 commença l’exploitation du vignoble.En 1922, le vin produit sur l’île des Embiez était réputé de consommation locale, une fois mis en barils, il était transporté par bateau jusqu’à la côte.

L’île des Embiez devient dans les années 40, un paradis pour les amateurs de plongée tels que Frédéric Dumas, Philippe Tailliez ou Jacques-Yves Cousteau.

1958 : Paul Ricard achète l’île des Embiez

C’est l’année du changement à l’initiative de Paul Ricard. Persuadé d’avoir trouvé « ce que la nature offre de mieux » il fait le vœu de « protéger ce paradis naturel et d’en faire une destination pour tous ceux qui aspirent à se ressourcer et à se retrouver, loin des foules et de la pollution du continent ». Paul Ricard, visionnaire, projette déjà la « civilisation des loisirs »et va peu à peu faire de l’île des Embiez un haut lieu du tourisme international. Les vacances idéales, loin de la circulation automobile au cœur d’un écrin de verdure ouvert sur des criques idyllique et intimes. Une île posée au milieu de la baie de Six-Fours.

Le changement radical de l’île des Embiez

Dès 1960, Paul Ricard entreprend la construction du port des Embiez, littéralement enclavé dans le nord de l’île (à la place des salins), pour en faire un abri; quelles que soient les conditions météorologiques. Mis en eau en 1963 et agrandi vers l’est dans les années 70, le port est accessible par tous les temps et dispose aujourd’hui de 750 anneaux et peut accueillir jusqu’à 150 escales par jour en saison estivale.

L’île des Embiez comptait déjà 10 hectares de vignes, en 1978les vins du Domaine des Embiez furent labellisés « A.O.C Côtes de Provence » et « Vin de Pays du Var » (aujourd’hui connu sous le nom IGP). Aujourd’hui, le vin du Domaine des Embiez est en conversion bio.

L’ambition de Paul Ricard était de faire de l’île des Embiez une « station touristique de l’an 2000 », un objectif visionnaire 40 ans avant l’an 2000. Très vite les familles y viennent pour s’y reposer et vivre loin du bruit.En 1961, une route de corniche permet de découvrir l’île des plages aux falaises, de la pinède aux maquis.D’importantes plantations ont été faites et trois hectares de vignes replantés. Le téléphone, l’eau et l’électricité arrivent sur plusieurs points de l’île. Un yacht-club est créé en 1963, en 1966, on peut se restaurer sur l’île par un snack sur le port ou le restaurant du Château avec vue panoramique sur la Méditerranée. Côté hébergement, un Mas pour 2 ou 3 personnes, des cabines-couchettes pouvant accueillir jusqu’à 3 personnes, avec bloc sanitaire et des villas studios, surplombant le port permettent aux vacanciers de se poser et de profiter du calme et de la somptueuse beauté de l’île.

Création de l’Institut océanographique Paul Ricard

1966 est l’année de création de l’Observatoire de la mer, connu sous le nom d’Institut océanographique Paul Ricard, pour l’étude, la recherche et la défense de la mer. Créé en partenariat avec Alain Bombard qui, après avoir protégé l’homme de la mer, s’est efforcé de protéger la mer de l’homme. Ainsi, des locaux, du matériel de laboratoire, des bateaux et tous les appareils nécessaires à l’observation de la surface et des fonds marins ont été mis à disposition des scientifiques et des chercheurs. Cet institut joue un rôle clé d’information auprès des jeunes et sensibilise aujourd’hui le grand public sur la nécessité de préserver la Méditerranée.

Aujourd’hui, l’île des Embiez met à disposition de ses vacanciers, plusieurs moyens de restauration, d’hébergement et de nombreuses activités, tout en préservant son côté nature et sauvage, tel que l’avait désiré et créé Paul Ricard. Désormais, celle qui signifiait deux ne fait plus qu’un avec celui qui a tant fait pour elle et avec l’île de Bendor, elles forment l’archipel des îles Paul Ricard.

Côté pratique 

Les liaisons sont assurées toute l’année 7j/7 du Brusc vers les Embiez pour 12 minutes de traversée et durant les deux mois d’été, un autre départ s’opère de Sanary pour 20 minutes.

Pour en savoir plus : https://www.lesilespaulricard.com/acces-ile-embiez/