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© La brasserie Zoumaï à Marseille
Particulier, Économie-Entreprise

La Provence, terre de bière ?

Mis à jour le 04 mars 2024

Ces dernières années, les brasseurs indépendants du territoire n’ont pas bullé. Rassemblés au sein de l’association « La bière de Provence », ils œuvrent au développement d’une filière brassicole locale de qualité et rêvent de céréales « made in sud ». A l'occasion de la journée mondiale de la bière, coup de projecteur sur ces brasseurs engagés.

Aquae Maltae, BASP, Bière de la Plaine, La Comédienne, La Serpentine, Les Maltfaiteurs... les initiés reconnaitront en un coup d’œil ces productions locales. De Nîmes à Chorges, de Cairanne à Avignon en passant par Aix, Marseille ou Toulon, les brasseries artisanales fleurissent sur le territoire, mettant un point d’honneur à faire connaître et reconnaître leur savoir-faire. Si ces derniers temps les brasseries semblent avoir le vent en poupe, l’histoire de la bière en Provence ne date pas d’hier. A Roquepertuse, dans les Bouches-du-Rhône, des découvertes archéologiques font remonter cette pratique au Ve siècle avant Jésus-Christ ! « Ces dernières années, les brasseries artisanales ont connu un regain d’intérêt, commente Thomas Narcy, chargé de projet pour l’association Bières de Provence. En 1903, 3500 brasseries étaient recensées en France. Dans les années 80, il n’en restait qu’une vingtaine. Aujourd’hui, il y en a 2 500, et 50 brasseries sont créées dans le pays chaque semaine ! ». Parce que l’union fait la force, 231 brasseurs de la région ont rejoint l’association depuis 2012.

Tous ont la même volonté : échanger sur leurs pratiques, s’entraider et produire une bière de qualité, localement. Mais pour être 100% local, il leur manque un ingrédient essentiel.

L'enjeu d'un approvisionnement local en malt et houblon

Les brasseries adhérentes de l’association Bières de Provence sont très impliquées dans le développement des filières agricoles. Souvent contraintes d’acheter leurs céréales auprès de malteries belges, allemandes ou dans d’autres régions de France, elles rêvent de pouvoir utiliser malts, orges et houblons « made in sud ». « Nous travaillons avec les acteurs du monde agricole et différentes structures comme la Région Sud et l’Europe pour tester des variétés d’orge brassicole et étudier le potentiel de la région sur cette production, explique Thomas Narcy. Concernant la culture du houblon, les expérimentations menées avec l’aide de l’association Agribio04 à Chorges, Callian, Solliès Pont, Entraigues-sur-la-Sorgue, Cabrière d’Aigues montrent des résultats encourageants en milieu méditerranéen. De nouvelles houblonnières sont en cours d'installation sur des surfaces conséquentes à Reillanne et Forcalquier ».
Pouvoir utiliser des ingrédients sourcés localement, travailler au réemploi du verre et des fûts, encourager l’économie circulaire : autant de pistes de développement pour les brasseurs du territoire. « La brasserie des Basses Alpes va très loin dans cette démarche. Ils réutilisent le pain invendu des boulangeries et restaurants pour produire leurs bières et vont jusqu’à récupérer la drèche (résidu de céréales après la phase de brassage, ndlr) pour fabriquer des gressins à déguster à l’apéritif », ajoute Thomas Narcy.

La bière artisanale plébiscitée par le public

Alternative à l’uniformité des bières industrielles, les petits brasseurs redoublent d’inventivité pour diversifier les arômes et les saveurs et redonnent à la bière ses lettres de noblesse. Du côté de La Bière de Provence, cela se traduit par des événements qui invitent le public à s’intéresser aux ingrédients et aux secrets de fabrication, à déguster les productions locales, ou encore à découvrir les accords bière-mets.

« Attention, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération » 

Mis à jour le 13 juin 2024