Crédit photo : Jean-Pierre Garufi

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Réhabilitation du Pélicandrome de Hyères : que va-t-il se passer ?

Hautement stratégique dans la lutte contre les incendies, le pélicandrome de Hyères devrait être opérationnel pour l’été 2024. Le colonel Frédéric Gosse, directeur départemental adjoint du SDIS du var, fait la lumière sur ce projet d’envergure porté par la Région Sud.

Pour lutter contre les feux, plusieurs types d’avions bombardiers existent. Parmi eux, le plus célèbre est sans aucun doute le Canadair, cet avion jaune capable de se ravitailler sur les plans d’eau et de larguer 6000 litres à chacun de ses passages. Moins connu, le Dash est lui aussi un allié de poids contre les incendies. Il peut contenir 10 000 litres de retardant (ce produit rouge qui limite la combustibilité des végétaux) et se déplace à 600 km/h. « Les Dash peuvent se rendre sur les feux très rapidement et peuvent être utilisés pour réaliser des guets aériens armés. Lorsque les risques incendies sont très importants, ils peuvent tourner sur de grandes zones et sont prêts à plonger pour larguer leur charge sur les fumées », précise le colonel Gosse. Ces bombardiers présentent néanmoins l’inconvénient de devoir être ravitaillés dans un aéroport. C’est là que le pélicandrome de Hyères entre en jeu.  

Objectif : remplir 2 avions Dash en 6 minutes

Construit dans les années 70, le pélicandrome de Hyères a été rendu vétuste avec les années. Pourtant, il dispose d’une situation stratégique. Ce site est à la fois accessible quelles que soient les conditions météorologiques et peu impacté par le trafic commercial. « Aujourd’hui, le site est équipé d’une ligne permettant de remplir un Dash en 12 minutes. L’objectif avec le futur pélicandrome est de quadrupler les possibilités, pour remplir 2 Dash en 6 minutes via 4 lignes, poursuit le Colonel Gosse. La sécurité civile dispose de 7 Dash. Avec cette nouvelle base, nous pourrons couvrir la totalité du Var, mais aussi une partie des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence. Cela représente un gain d’efficacité extrêmement significatif ».

Un chantier d’envergue

Pour y parvenir, un important chantier se profile. Réfection totale d’un taxiway (piste qui permet aux avions de manœuvrer entre les pistes de décollage), construction d’un bâtiment pour accueillir les dispositifs techniques et les 10 sapeurs-pompiers qui seront présents sur le site pour alimenter les 4 lignes ainsi qu’une zone de repos pour les pilotes. Au total, près de 4,2 millions d’euros seront mobilisés pour ce projet. En Région Sud, la nécessité d’un tel investissement n’est pas sujet à discussion. « La décision de financer la réhabilitation du Pélicandrome de Hyères s’inscrit parfaitement dans notre volonté de combattre les incendies, affirme François de Canson, Vice-Président de la Région Sud en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs. Pour mener bataille, il faut affaiblir l’ennemi avant d’envoyer les fantassins ! Nous devons mettre les moyens et se doter d’équipements performants pour être efficace sur le terrain et mieux protéger les pompiers. La Région finance cette réhabilitation à hauteur de 70%, et nous appelons le ministre Darmanin à apporter un financement complémentaire le plus rapidement possible. »
Si la réhabilitation du Pélicandrome de Hyères ou le renouvellement de l’équipement des soldats du feu sont des avancées majeures pour lutter contre les incendies, d’autres leviers restent encore à activer. Parmi eux, la possibilité de louer en urgence des hélicoptères en cas d’incendies massifs ou encore l’investissement dans la flotte de bombardiers avec l’achat d’un 3e Canadair.