@Région Sud/Florent Gardin

Agriculture-Forêt, Développement durable |

Alexandre Aubert , le gentleman sapeur-pompier !

A 30 ans, il compte déjà 12 ans d’engagement auprès des sapeurs-pompiers de Roquevaire en plus des 4 ans de formation règlementaire. Ce caporal-chef travaille également pour la Région Sud en tant que chef de service à la Direction du protocole. Comme de nombreux pompiers volontaires, il concilie avec sourire et aisance ses missions de pompier, sa vie privée et son métier.

Comment vous êtes-vous engagé dans l’aventure des sapeurs-pompiers volontaires ?

Mon cousin avait une passion pour les gros camions rouges lorsque nous avions environ 14 ans. Il m’a entrainé dans une galerie marchande vers Aubagne où un stand de sapeurs-pompiers informait les futurs volontaires. Nous nous sommes engagés et le plus drôle c’est que mon cousin n’a pas pu poursuivre son engagement, mais j’y suis toujours.

Concrètement, comment ça se passe ?

J’ai intégré le centre de formation des jeunes sapeurs-pompiers où j’ai suivi 4 ans de formation au Centre de secours d’Auriol. Par la suite, j’ai intégré le Centre de secours de Roquevaire où je suis des formations toutes les années et effectue, comme tous mes collègues, des gardes : soirs ou week-end. Nous avons été récemment mobilisés sur l’incendie de la Montagnette à Graveson, durant 4 jours sur le terrain.

Quelle est votre motivation ? Qu’est-ce qui vous pousse à poursuivre cet engagement ?

Au moment où l’on passe la porte de la caserne, nous laissons notre vie personnelle et professionnelle derrière nous, nous devenons pompiers. Il s’agit d’un univers parallèle où l’individu se fond dans l’équipe . L’opérationnel que nous avons vécu ensemble au fil des années, avec les sensations fortes qui vont avec, soude l’équipe. Lorsqu’il m’arrive d’être fatigué, je me motive en me disant que si je n’y vais pas, l’équipe en souffrira et une seule personne manquante peut impacter les potentielles opérations. Fatigué ou non, il faut trouver le moyen d’accomplir ensemble la mission qui nous est confiée.

Vous évoquez un monde à part, comment l’expliquez-vous ?

Nous sommes souvent confrontés à la mort d’une façon ou d’une autre. Nous avons appris à gérer ces émotions mais pour autant cela nous a appris à relativiser beaucoup de choses dans notre vie de tous les jours. Rendre service aux personnes en détresse, être soudés sur le terrain et dans l’adversité, cela nous inculque des valeurs uniques et indélébiles : celles du collectif, de l’écoute qui permet de mener à bien les opérations Mais ce que nous retenons c’est que la vie reste le bien le plus précieux.

Comment parvenez-vous à concilier cet engagement avec votre vie privée et votre poste de chef de service représentations et relations publiques ?

J’ai la chance de travailler pour la Région Sud qui défend les valeurs des sapeurs-pompiers. Je n’ai pas souhaité bénéficier de la convention à titre personnel, mais la Région Sud œuvre contre les feux de forêt et facilite mes missions le cas échéant.

Depuis 2018, la Région Sud prend des mesures autour de son dispositif « Guerre du feu » et invite les citoyens à agir. Du petit geste du quotidien à la patrouille dans les collines avec les Comités Communaux Feux de Forêts (CCFF) jusqu’à l’engagement en tant que pompier volontaire, chacun à notre niveau, le mot d’ordre est simple :
Ne laissons pas notre maison brûler !

Avec 1,6 million d'hectares, les forêts de Provence-Alpes-Côte d’Azur font partie intégrante du patrimoine régional naturel à préserver : pour notre bien-être, pour la beauté de notre territoire et pour la sauvegarde de la filière sylvicole.
A la suite des incendies de la Montagnette, qui ont impacté Barbentane, Graveson, Boulbon et Tarascon, la Région Sud a activé son fonds d’aide aux communes, une solidarité qui permettra la reconstruction et un reboisement, en temps voulu.

Propos recueillis par Béatrice MICHEL