Vous êtes ici :
© Maison Fragonard
Agriculture, Tourisme, Culture, Particulier, Jeune

Fragonard, les parfums du Sud !

Mis à jour le 03 janvier 2023

Entreprise historique du parfum, Fragonard a su conjuguer valeurs humanistes et success story économique. Grâce à une créativité foisonnante et des choix esthétiques et durables, leurs parfums et cosmétiques placent le Sud de la France sur les rangs du luxe à la française. Laissez-vous tenter par ce subtil mariage entre senteurs des fleurs de Grasse et essences d’ailleurs…

Au cœur du mois de septembre, nous mettons le cap vers Grasse avec ce nom mythique en tête : Fragonard comme le peintre ou une fragrance irrésistible qui envoute les papillons que nous sommes. Nichée à flanc de collines, Grasse apparait comme ce nid douillet propice aux fleurs délicates et à leur épanouissement. L’usine des fleurs de Fragonard nous ouvre ses portes pour un rendez-vous avec la 4e génération à la tête de l’entreprise Fragonard 100% familiale. Eric Fabre, son directeur nous reçoit avec élégance et chaleur pour une visite olfactive qui nous saisit dès les premières secondes. Mais avant de nous plonger dans l’univers des senteurs subtiles, revenons aux origines de Fragonard.

Fragonard, une histoire de famille

Le fondateur, Eugène Fuchs, notaire à Saint-Etienne souffre d’une affection pulmonaire dans les années 20. Envoyé à Grasse pour un climat propice à sa guérison, Eugène est séduit par cette bourgade dévouée aux parfums. Il fait l’acquisition de deux usines de parfumeries ety installe sa famille au dernier étage. En 1926,Fragonard voit le jour en hommage au peintre dont il acquiert le tableau « Le Sacrifice à la rose ». La fabrique des débuts prend tout en charge : la matière première, la distillation des fleurs, et les compositions de parfums.

Visionnaire, Eugène saisit l’engouement que connait la « french riviera » dans les années folles et crée une proximité avec les nombreux visiteurs qui ne manquent pas de faire un détour par Grasse, capitale du parfum depuis le XVIIe siècle, pour acquérir un parfum. Précurseur, il invente les visites des fabriques de parfums qui connaissent un franc succès après l’avènement des congés payés en 1936. Une tradition « Fragonard » qui perdure aujourd’hui. Le concept de proximité, d’humanité, d’excellence et de dynastie est né. Il existe trois usines de production, l’une au centre-ville de Grasse créé en 1926 (pour la macération) une autre usine à Eze, créée en 1968, spécialisée dans les cosmétiques et l’usine des fleurs en 1986.

Aujourd’hui l’entreprise familiale est dirigée par ses arrières petites filles : Agnès, Françoise et Anne Costa. A la tête de l’entreprise familiale depuis les années 80, le trio féminin a su faire les bons choix pour propulser Fragonard aux premiers rangs des parfumeurs français, tout en préservant une forte identité du Sud. Les trois sœurs ont apporté un souffle nouveau, repensé le marketing et proposent des cosmétiques bio. Elles continuent de s’approvisionner auprès de la production locale de fleurs pour ses parfums emblématiques aux senteurs de fleurs d’orangers, de jasmin, de rose Centifolia, de mimosa et de violettes. Fragonard défend aujourd’hui un mode de fonctionnement basé sur une production et une distribution en circuit court. Eric Fabre nous confie : « La politique de la Maison Fragonard, demeure celle des petites structures. Nous défendons le « fait main » et le partage avec nos visiteurs et notre clientèle. Notre modèle économique, c’est de garder un savoir-faire artisanal qui privilégie l’humain par rapport à la machine. »

Les parfumeurs au secours des producteurs de fleurs

Les parfumeurs français, dont Fragonard ne se chargent plus de la distillation des fleurs mais se procurent les essences et absolus de fleurs auprès des industriels. Cependant, ils détiennent le pouvoir de choisir les productions de fleurs qu’ils souhaitent utiliser pour leur création. C’est ainsi que Fragonard, Chanel et bien d’autres achètent les fleurs aux producteurs grassois. Leur qualité exceptionnelle permet aujourd’hui une renaissance des métiers et des cultures de plantes à parfum sur le territoire régional. Le microclimat spécifique permet de voir éclore des roses Centifolia, du jasmin étoilé à nul autre pareil, des tubéreuses et du mimosa aux qualités olfactives d’exception.

Car malgré un terroir exceptionnel et un savoir-faire transmis depuis le XVIe siècle, l’urbanisation, la naissance des produits de synthèse et la concurrence des productions internationales, moins chères en main d’œuvre a failli avoir raison de la culture des plantes à parfum à Grasse. De 5 000 tonnes de production dans les années 40 à quelques centaines en l’an 2000, il fallait une bonne dose de détermination et de passion pour persévérer.

L’excellence des parfums français, attachés à une qualité supérieure ont permis de maintenir quelques productions emblématiques comme la rose Centifolia. Mais comme nous le précise Eric Fabre : « La surface cultivée des plantes à parfum locales ne suffirait pas à notre production. Pour le moment, elles ne servent qu’à faire des séries limitées, car elles sont exceptionnelles. Grâce à la reconnaissance au patrimoine immatériel de l’Unesco, des métiers renaissent et cela nous enchante. »

 

Le saviez-vous ?

Pour fabriquer un 1 kg d’absolu de fleurs

  • de Rose Centifolia : 850 kilos de pétales de roses sont nécessaires.
  • De jasmin et de fleurs d’oranger, une tonne
  • De lavande 200kg

Aromatic’ FAB LAB

La Région Sud soutient l’association « Fleurs d’Exception du Pays de Grasse » (FEPG), pourla structuration de la filière Plantes à parfum aromatiques et médicinales ainsi que les organismes de recherche et ponctuellement des producteurs de fleurs. Cette association est composée de jeunes producteurs passionnés qui travaillent en collectif pour redonner vie à la filière et trouver des débouchés à leurs roses, jasmins, tubéreuses … emblématiques de la Ville des parfums. En se tournant directement vers les parfumeurs, ils se positionnent comme des défenseurs des espèces endémiques et comme un organe de transmission des savoir-faire traditionnels.  Sur une parcelle de 9 000 m², basé à Mouans-Sartoux, ouvert à tous les producteurs de plantes à parfum et financé par la Région Sud, le Département, l'agglomération du Pays de Grasse et des mécènes privés, ils sont les conservateurs de l’excellence du Sud.

Portraits de ces irréductibles dans un prochain article consacré à la terre du Sud, terre de parfum…

Pour approfondir vos connaissances en parfumerie, écoutez Michel TETI, chef du laboratoire des parfums à l’usine des fleurs de Grasse »

Podcast Fragonard : « A fleur de nez » avec Michel TETI https://www.youtube.com/watch?v=O1RqVkjYq9k

Mis à jour le 12 juin 2024