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Culture, Particulier

Le Frac Sud, réserve de surprises

Mis à jour le 20 mars 2023

Le Fonds Régional d’Art contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur fête ses 40 ans en changeant de nom. Désormais appelé Frac Sud - cité de l’art contemporain, il nous ouvre ses portes pour mieux comprendre l’histoire et les missions de cette institution en compagnie de sa directrice, Muriel Enjalran. Coup de projecteur avant le vernissage des prochaines expositions, le 24 mars prochain.

A la Joliette, la façade multifacettes du bâtiment de l’architecte Kengo Kuma est devenue le symbole du FRAC, rebaptisé FRAC Sud, Cité de l’art contemporain. Aujourd’hui emblématique, il est sorti de terre en 2013, 30 ans après sa création, porté par l’effervescence de l’année capitale. « 22 Frac agissent sur le territoire français, détaille Muriel Enjalran, directrice du Frac Sud - cité de l’art contemporain. Ils ont été créés en 1983 sous l’impulsion de Jack Lang, dans l’idée de décentraliser la culture. Ils ont un modèle unique au monde qui permet de constituer des collections tout en allant à la rencontre des publics, aussi divers et éloignés soient-ils ». Contrairement aux autres musées d’art contemporain, les œuvres qui composent les collections du Frac ont pour vocation de voyager sur le territoire pour sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux de la création contemporaine et des pratiques artistiques, parfois grâce à l’intervention des artistes eux-mêmes.

Dénicheur de talents

L’ADN du Frac réside donc dans les collections qu’il fait découvrir au public. L’achat de ces œuvres permet de soutenir les artistes -souvent issus du territoire- de les aider à construire leur carrière, de participer à leur rayonnement en région comme à l’échelle nationale et internationale. Le Frac, plus grosse structure d’art contemporain de la région, garde un œil sur la nouvelle génération qui émerge dans les écoles d’art, les expose sur son plateau expérimentation et est souvent leur premier acheteur. Au fil des acquisitions, la collection s’est agrandie pour atteindre aujourd’hui 1 600 pièces qui reflètent toutes les identités artistiques, allant de la peinture à la sculpture, de la photographie et vidéo aux installations. « Les choix qui ont été faits par le Frac il y a 40 ans ont été confirmés par la postérité et par les artistes, précise Muriel Enjalran. Nous avons une collection régionale d’une valeur inestimable dans le champ de l’art contemporain. Certaines œuvres achetées au début des années 80 sont aujourd’hui celles des grands noms de l’art international comme Pierre Soulages, Joan Mitchell ou Simon Hantaï. Ces chefs d’œuvre sont prêtés dans les musées de la région. » Dans les réserves du Frac, les œuvres ne sont pas, comme dans les autres musées, installées sur des rails, mais sont pour la plupart sous caisse prêtes à partir aux quatre coins du territoire.

Passeur de culture

Depuis son centre névralgique du boulevard de Dunkerque, le Frac Sud pilote une cinquantaine de projets hors les murs et prête en moyenne 500 œuvres par an. Des expositions sont montées par les lycéens à partir de la collection, des œuvres sont créées par des détenus, des artistes sont accueillis en résidence pour travailler à leur prochaine création.

Les artistes sont des témoins de leur temps et leurs œuvres sont un moyen de décrypter ces enjeux, de penser notre société, de la secouer aussi, à travers l’art et la culture.

Dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, les petites collectivités territoriales, partout sur le territoire des œuvres du Frac peuvent se révéler. « Je suis arrivée il y a deux ans avec un projet artistique qui s’appelle « faire société », poursuit Muriel Enjalran. Il a plusieurs facettes et s’attache à développer une programmation, à lancer des invitations aux artistes pour développer des questions autour de l’espace public, de la manière dont se forme le corps social, des enjeux environnementaux. Les artistes sont des témoins de leur temps et leurs œuvres sont un moyen de décrypter ces enjeux, de penser notre société, de la secouer aussi, à travers l’art et la culture. » Cette volonté de s’emparer des défis contemporains s’illustre bien dans la prochaine exposition, consacrée à Hamish Fulton. Artiste marcheur, emblématique de la scène internationale, il présente le résultat d’un travail notamment effectué au cours de 21 jours de marche dans le parc national du Mercantour, pour alerter sur la nécessité d’opérer des changements dans notre rapport au vivant. Il est à découvrir au Frac Sud - cité de l’art contemporain à partir du 24 mars et au Cairn centre d’art de Digne-les-Bains dès le lendemain.
 

Au Frac Sud, il va y avoir du sport
Dans le cadre des Jeux Olympique 2024, le Frac Sud - cité de l’art contemporain, se lance à corps perdu dans les olympiades culturelles ! Au programme, de nombreux projets artistiques et éducatifs dans tout le territoire et une exposition d’envergure entre le FRAC, le Mucem et le Mac à Marseille.

Mis à jour le 24 juin 2024