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© Nicolas Morison, INRAE
Agriculture, Environnement, Particulier, Jeune, Association

Lutter contre le déclin des abeilles en Région Sud

Mis à jour le 03 janvier 2023

Depuis 1956, le Pôle « Abeilles » de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement d’Avignon mène des recherches sur la santé des abeilles domestiques et sauvages et sur la diversité des pollinisateurs. Alors que la population de ces précieux insectes ne cesse de décroitre, le pôle de recherche se dote d’un nouveau bâtiment et de nouveaux laboratoires pour comprendre ce déclin et trouver des solutions.

Les abeilles sont essentielles à la biodiversité et indispensables à notre alimentation. Sans leur action de pollinisatrices, une grande partie du règne végétal serait menacée. En Région Sud, elles représentent aussi un enjeu fondamental pour les 4 500 apiculteurs du territoire, qui produisent 10% de la production française de miel. Leur déclin est une catastrophe à tous les niveaux. Pour mieux connaitre les abeilles, comprendre les menaces qui pèsent sur leur développement et apporter des solutions, les chercheurs du pôle avignonnais, de renommée internationale, s’intéressent à l’apidologie (partie de la zoologie qui traite des abeilles), en particulier la génétique, la physiologie et le comportement des abeilles, mais aussi à l’écologie ou encore à la transition des systèmes agricoles.   

Pesticides, parasites : le Pôle Abeilles en pointe sur les recherches

En 1995, le Pôle Abeilles publiait une première étude montrant que les pesticides altéraient le sens de l’orientation des abeilles, ouvrant la voie à des années de recherches et de surveillance des colonies. Ces résultats scientifiques contribuèrent à la révision des procédures d’homologation et d’autorisation d’utilisation de ces substances. Les nouvelles familles de pesticides et l’évolution des pratiques agricoles nécessitent cependant de poursuivre l’effort de recherche et à titre d’exemple, une nouvelle approche d’électrophysiologie cardiaque développée par la doctorante Mahira Kaabeche permet maintenant d’étudier la toxicité des pesticides sur le cœur d’abeille. Mais le déclin des populations ne s’explique pas uniquement par les intoxications. Le changement climatique, le manque de ressources alimentaires ou encore les parasites sont des causes de mortalité à prendre en compte. Là aussi, le Pôle Abeilles s’est illustré en 2021 en publiant une étude consacrée au comportement de défense des abeilles face au varroa destructor, un petit acarien parasite. Les alvéoles parasitées par le varroa émettent un cocktail spécifique de molécules qui déclenche, chez certaines abeilles, un comportement qui consiste à percer et nettoyer les alvéoles contaminées, permettant ainsi de préserver la colonie. Cette étude permet de fournir aux apiculteurs de nouvelles perspectives, en sélectionnant des colonies plus résistantes. Les recherches menées par le pôle participent d’une part aux orientations des politiques publiques et agricoles et d’autre part à trouver des finalités directement opérationnelles.

40 scientifiques réunis dans un nouveau bâtiment

Le nouveau bâtiment du Pôle Abeilles, inauguré en octobre dernier, comprend 528 m2, dont 214 m2 de laboratoires. Il s’inscrit dans le cadre du projet Contrat de Plan Etat-Région « Agroparc, Agrosciences et Abeilles » (CPER-3A) et a été soutenu par la Région Sud à hauteur de 3 millions d’euros. Son objectif ? Regrouper les équipes INRAE travaillant sur les abeilles dans une même structure pour faciliter les coopérations, et se rapprocher des partenaires de l’UMT PRADE (Unité Mixte Technologique – Protection des abeilles dans l’environnement). Le laboratoire de recherche se compose d’une quarantaine de scientifiques, répartis dans trois domaines de compétences : pathologie, toxicologie environnementale, pollinisation et écologie. Grâce à leur travail, les connaissances progressent et des solutions innovantes continueront de voir le jour.

La Région Sud et le plan abeilles  

Chef de file pour la protection de la biodiversité, Région-pilote de la planification écologique en France, Provence-Alpes Côte d’Azur fixe plusieurs objectifs dans son plan abeilles et son plan de soutien à l’apiculture régionale. Maintenir la biodiversité sur les territoires de la région Sud, soutenir la structuration de la filière apicole, conforter la production régionale en agissant sur les risques d’intoxication des abeilles, promouvoir l’installation de ruchers, accompagner le renouvellement des générations d’apiculteurs sont autant de défis à relever.  

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Mis à jour le 24 juin 2024