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© Chris Loidolt
Culture, Environnement

Les abeilles, sentinelles du vivant : l’urgence de les protéger

Mis à jour le 13 mai 2026

Depuis deux décennies, le monde des abeilles et des pollinisateurs en général est menacé. Cette disparition annoncée pourrait avoir de graves conséquences. Pourquoi ? Et connaissons-nous vraiment les abeilles ? Que diriez-vous d’un petit voyage au cœur d’un monde qui interagit discrètement et savamment avec le nôtre ? On vous explique tout !

L’abeille constitue un maillon indispensable pour le maintien de la biodiversité. Auxiliaire incontournable de l’agriculture, sa contribution à la production alimentaire mondiale a été évaluée à plus de 153 milliards d’euros. Avec 30% de mortalité supplémentaire observée dans le pays lors des dix dernières années pour les abeilles et les pollinisateurs en général, l’urgence est indéniable.

Primordiale en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour la production de fruits et légumes et de semences potagères, l'apiculture du sud souffre d'une baisse de rendement des ruches. La production de miel a été divisée par trois en vingt ans. La mobilisation a commencé pour limiter le déclin des abeilles, ainsi que de l’ensemble des espèces de pollinisateurs sauvages.

L’apiculture régionale en chiffre :
- près de 4 500 apiculteurs
- environ 165 000 ruches
- en moyenne 2 000 tonnes de miel produites chaque année

Ils existent de nombreuses espèces d’abeilles domestiques, mais la plus commune en Europe demeure l’Apis Mellifera. Découvrez son mode de vie et partagez le avec les enfants !

Comment s'organise une ruche ?

Une ruche représente, en moyenne, 80 000 abeilles produisant entre 20 et 30 kg de miel. Elle est constituée de plusieurs cadres composées d’alvéoles. Ce sont les abeilles qui, par la cire qu’elles sécrètent, réalisent les alvéoles dans lesquelles sont entreposés tour à tour, les œufs, les larves, le pollen, le nectar, la gelée royale et le miel.

Les apiculteurs, lors de la récolte du miel, gardent et filtrent la cire qui ferme les alvéoles contenant le miel et la redépose sur les nouveaux casiers de la ruche, comme une base afin que les abeilles ne s’épuisent pas et soient plus productives. Au cœur de la ruche, le "couvain" ou plus simplement la nurserie des abeilles, forme une boule. La première couche autour de cette sorte de bulle constitue le garde-manger, la seconde couche accueille le pollen et la troisième le nectar. Les larves, issues des œufs pondus par la reine, conditionnent l’avenir de la ruche, elles sont donc situées au cœur pour être protégées du froid et des éventuels dangers.

Une vie... bien remplie

En été une abeille ouvrière vit de 5 à 6 semaines, l’ouvrière d’hiver de 5 à 6 mois. La reine pour sa part, vit entre 3 et 5 ans. Son odeur détermine l’identité de la ruche.

  • La reine pond en été environ... 2 000 œufs par jour !
  • 3 jours plus tard, l’œuf se change en larve
  • 1 semaine plus tard, la larve se transforme en nymphe
  • 2 semaines plus tard, la nymphe devient une abeille.

L’abeille ouvrière n’exercera pas la même activité toute sa courte vie. Dès sa sortie l’abeille s’active, elle devient « nounou » en alimentant à son tour les larves de gelée royale (un mélange de nectar de fleurs et de pollen). Une dizaine de larves sont nourrie exclusivement de gelée royale pour devenir à leur tour des reines.

Puis elle bâtit les alvéoles, pour ensuite emmagasiner le nectar et pollen que rapportent les butineuses, qu’elle devient elle-même dans la dernière phase de sa vie. L’abeille s’oriente grâce au soleil, au champ magnétique de la Terre et à une communication très précises entre abeilles (une forme de danse et leurs phéromones)

Le faux-bourdon, un "papa" pas comme les autres...

Le mâle de l’abeille est issu d’un œuf non fécondé par la reine. Elle seule, détermine le nombre de mâle à engendrer. Nommés les faux-bourdons, ils n’ont pas d'autre utilité dans la ruche que celle de féconder la reine. Une fois leur rôle accompli, ils sont... exclus de la ruche.

Un trésor, le miel 

Le nectar est le liquide sucré situé à la base des pistils des fleurs, il est collecté par la trompe de l’abeille. Le pollen est sous forme solide et se récolte sur la fleur en se collant au corps de l’abeille.

Le miel est constitué d’un mélange de nectar et de salive d’abeilles. Il est ensuite ventilé par les mouvements d’ailes jusqu’à ce que le mélange ne dispose plus que de 20% d’eau. Le miel constitue la nourriture des abeilles, mais elles produisent toujours beaucoup plus que nécessaire. L’apiculteur récolte le surplus.

Pour produire 1kg de miel, il faut compter sur le travail de 6 000 abeilles parcourant 40 000 km et butinant 800 000 fleurs. De quoi regarder son pot de miel différemment, n'est ce pas ?

La gelée royale est quant à elle élaborée par les sécrétions du système glandulaire des abeilles ouvrières « nounous ». Produite en quantité réduite pour l’alimentation de la reine et des larves de reines, elle est située exclusivement dans les alvéoles royales, caractéristiques par leurs volumes plus importants que les autres.

Pourquoi les abeilles et des insectes polinisateurs disparaissent ?

Les raisons sont bien identifiées et multifactorielles. A 75%, les pesticides et engrais sont identifiés comme la première cause de mortalité, en particulier ceux constitués de néonicotinoïdes. Ils agissent sur le système nerveux des abeilles, les désorientent, perturbent leur communication, les fragilisent et les rendent donc plus vulnérables à leurs prédateurs. Parmi ces prédateurs : le frelon asiatique arrivé de Chine. Ce dernier peut dévorer les abeilles en grand nombre... Ajoutons à cela, un nouveau champignon,  le Nosema , qui attaque le système digestif des abeilles ainsi qu' un acarien qui s’attaque aussi bien aux larves qu’aux abeilles adultes et qui propage de nouvelles maladies. Et puis bien surr les changements climatiques qui perturbent toute la chaine du vivant et les écosystèmes...

Que serait un monde sans abeilles ?

Un tiers de l’alimentation mondiale résulte de la pollinisation réalisée en partie par les abeilles. Sans elle, nos étals de fruits et légumes seraient constitués en grande partie de céréales, à moins de procéder comme dans certaines régions de la Chine, également en proie à cette hécatombe, par de la pollinisation à la main ou par drones. 

Quelques gestes simples pour protéger les abeilles

Que ce soit dans votre jardin, sur les rebords de vos fenêtres ou sur vos balcons et terrasses, plantez des plantes mellifères ou des fleurs naturelles, placez également un point d’eau. Par exemple une assiette creuse avec un caillou en son milieu pour que les abeilles puissent se poser et boire : pensez-y, surtout au cœur de l’été. Et si vous utilisez des engrais, choississez les sans néonicotinoïdes. Chaque petit geste compte.

Mis à jour le 25 août 2026