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Recyclop : agir pour une gestion durable des mégots

Mis à jour le 08 novembre 2023

Depuis plus de 10 ans, l’association marseillaise Recyclop a décidé d’agir contre la pollution due aux mégots de cigarettes. Leur philosophie aujourd'hui ? « Orienter sans contrainte », en faisant appel au civisme des fumeurs, pour collecter et traiter de manière sécurisée, ces déchets désastreux pour l'environnement.

Chaque année, plus de 23 milliards de mégots de cigarettes sont jetés au sol et se retrouvent dans la nature.Composés de substances chimiques et plastiques, un seul d’entre eux pollue jusqu'à 500 litres d’eau, et peut être responsable de violents incendies. On ne le rappellera jamais assez, les mégots sont un véritable fléau pour l’environnement. Ce constat, Abdès Bengorine l’a fait il y a plus de dix ans maintenant, sur les plages et dans les rues marseillaises, quand le grand public n’était pas aussi sensibilisé sur la question qu’aujourd’hui. Depuis 2013, il se consacre donc à sa propre association pour lutter contre ce problème : Recyclop.

Organisant de grandes séances de ramassage de mégots depuis une dizaine d'années, c’est à partir de 2017- grâce au soutien de l’incubateur Inter-made spécialisé dans les projets de l’économie sociale et solidaire - que Recyclop a pu passer de l’idée, à la concrétisation de son projet : développer une activité commerciale autour du mégot. Dans une démarche de gestion durable de ces déchets, son directeur et fondateur, Abdès Bengorine et sa directrice adjointe, Paola Sgro, accompagnent à présent leurs partenaires dans la gestion des zones fumeurs, articulant leurs actions autour de trois grandes missions : « sensibiliser, gérer, valoriser ».

Une sensibilisation essentielle

Pour Recyclop, la sensibilisation des habitants de la région à l’impact environnemental des mégots est primordiale. Pour cela, ils interviennent régulièrement dans les établissements scolaires ou au cours d'évènements comme les grands festivals marseillais (le Delta, la Fiesta des Suds, ou encore Marsatac). Gagnant en visibilité, ils souhaitent ainsi conscientiser notamment le jeune public sur les conséquences écologiques des filtres de cigarettes.

L’association organise aussi régulièrement des sessions de ramassage de ces déchets dans les lieux publics ou sur les plages, pour agir en communauté. Plusieurs autres associations les accompagnent dans ces démarches, comme « 1 déchet par jour », qui les suit depuis plusieurs années, ou encore « Clean my calanque ».

Une meilleure gestion des zones fumeurs

Le second objectif de l’organisation prévoit l’accompagnement de ses partenaires dans la mise en place de dispositifsde gestion des zones fumeurs. Associations, entreprises ou même campus : Recyclop compte aujourd’hui entre 70 et 80 partenaires, ou points de collecte en tris spécifiques, dans le Var et les Bouches-du-Rhône.

Leur stratégie ?  Le Nudge, ou « coup de pouce » en français. Paola Sgro insiste, « il faut inciter d’une façon douce et ludique, sans forcer », pour conscientiser les fumeurs sans les accabler. Les cendriers de vote par exemple sont l’un de leurs dispositifs phares. En jetant son mégot, le fumeur vote pour répondre à une question à double choix comme « thé ou café ? » « matin ou soir ? » « croissant ou pain au chocolat ? » : une manière simple et amusante de jeter son filtre. Cette solution « fonctionne d’ailleurs très bien dans les milieux scolaires comme les campus, mais aussi en entreprise et collectivités » explique la directrice adjointe.

Autres grands gisements de mégots ciblés par l’organisation : les terrasses de bars, cafés et restaurants. Depuis la loi Evin, interdisant aux fumeurs de fumer à l’intérieur des lieux publics, le problème des mégots jetés sur les trottoirs s’est aggravé. En 2018, Recyclop a choisi de lancer son programme « Ma terrasse propre », projet soutenu en 2020 par la Région Sud, pour pallier ces difficultés en proposant des alternatives aux propriétaires de ces établissements. La quarantaine de partenaires présents le long de la Côte Bleue jusqu'au Var, disposent de grands fûts de stockage pour vider les mégots collectés. Une fois remplis, Recyclop les récupère pour la dernière phase de leur action : le traitement sécurisé des mégots.

Un traitement sécurisé des mégots

La dernière étape du processus de Recyclop nous amène au centre de valorisation énergétique de Rognac, Spur-Environnement, spécialisé dans le traitement des déchets toxiques et dangereux. Les mégots y sont acheminés - par vague de 500kg minimum – pour être broyés, puis incinérés dans un processus très sécurisé. Ce procédé est ainsi qualifié de « valorisation des mégots ». Au cours du refroidissement des incinérations, de la vapeur d’eau se créée, pour être transformée en énergie électrique - sans l’intervention d’aucune matière fossile – qui sera utilisée pour le fonctionnement de la centrale, lui assurant une parfaite autonomie. 

Vous aussi, en tant que particulier, vous pouvez participer au projet Recyclop très simplement. Il vous suffit de collecter tous vos mégots dans une boite hermétique, et de les porter dans l’un des points d’apport volontaire marseillais de l’organisation :

  • Au Talus
  • Au Super Cafoutch
  • Au Grain de la Vallée 
Mis à jour le 12 juin 2024