Pendant que les flammes mobilisent encore pompiers et secours, d'autres victimes restent souvent invisibles : les animaux. Chiens, chats, chevaux, tortues, hérissons, oiseaux ou encore chevreuils se retrouvent piégés, blessés, désorientés ou séparés de leurs propriétaires. Dans le Var comme en Gironde, les incendies de l'été 2026 ont déclenché un vaste élan de solidarité pour leur venir en aide. Dans le Var, des milliers d'hectares sont partis en fumée autour de Pontevès, Cotignac, Brignoles. En Gironde, l'incendie de Saumos a provoqué des évacuations massives et mis en péril d'innombrables animaux domestiques et sauvages. Face à l'urgence, associations, refuges, vétérinaires et bénévoles se sont organisés pour secourir les animaux touchés par ces catastrophes.
Derrière les flammes, une catastrophe pour la faune
Les images les plus marquantes montrent souvent des chevreuils fuyant les flammes ou des chevaux évacués en urgence. Pourtant, selon la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), les espèces les plus vulnérables sont souvent les plus discrètes : hérissons, reptiles, amphibiens, blaireaux ou jeunes oiseaux qui ne peuvent pas fuir suffisamment vite. Beaucoup souffrent de brûlures, d'intoxications dues aux fumées ou de déshydratation sévère.
Les conséquences perdurent longtemps après l'extinction des incendies. Les habitats naturels disparaissent, les ressources alimentaires se raréfient et les animaux survivants doivent parcourir de longues distances pour trouver de l'eau ou un refuge.
Dans le Var, des refuges en première ligne
Au cœur du Var, plusieurs structures ont immédiatement ouvert leurs portes. A Fréjus, la Ferme du Pigeonnier a proposé plus de 12 000 m² de terrains aménagés pour accueillir gratuitement chevaux, chèvres, poneys et oiseaux issus des zones sinistrées.
A Flassans-sur-Issole, le refuge SAM a pris en charge une trentaine de chiens sauvés des flammes après leur découverte par les équipes de la Sécurité civile. Depuis, les dons de nourriture, couvertures et produits vétérinaires affluent pour soutenir l'association.
En Gironde, une mobilisation exceptionnelle
Dans le Sud-Ouest, les associations de protection animale ont activé des cellules de crise pour coordonner les secours. L'association FUTUR, en lien avec la Brigade de Secours Faune Sauvage, a déployé des équipes spécialisées et mobilisé vétérinaires, soigneurs, transporteurs et familles d'accueil.
A Landiras, des bénévoles accueillent chevaux, moutons, volailles et animaux évacués, tandis que des réseaux entiers s'organisent pour héberger temporairement les animaux de particuliers contraints de quitter leur domicile.
Donner de l'argent, de la nourriture... ou du temps
Le premier réflexe est souvent de vouloir intervenir sur le terrain. Pourtant, la LPO rappelle qu'il ne faut jamais pénétrer dans une zone incendiée ou récemment touchée par un feu. Les interventions doivent rester l'affaire des professionnels pour ne pas gêner les secours ni se mettre en danger.
En revanche, chacun peut agir :
- Faire un don financier aux associations mobilisées.
- Offrir des croquettes, pâtées, couvertures ou matériel de transport.
- Proposer temporairement un hébergement pour des animaux évacués.
- Relayer les appels aux dons et aux familles d'accueil.
- Soutenir les centres de soins qui accueilleront les animaux blessés pendant des semaines, voire des mois.
Car la reconstruction ne s'arrête pas lorsque les flammes s'éteignent : pour les animaux aussi, le retour à la normale va être long.



