Aux origines, une épargne portée autour du cou
L’origine généralement attribuée à ce bijou remonte au XVIIIᵉ siècle, sur les marchés de Marseille. À cette époque, les « partisanes », des marchandes au détail, investissaient une partie de leur salaire dans l’achat de petites boules d’or.
Elles les enfilaient sur un cordon qu’elles portaient autour du cou, ce qui constituait une forme d'épargne, mobilisable en cas de coup dur. La longueur du collier ainsi que la taille et le nombre des boules témoignaient de l’importance des économies accumulées et étaient ainsi un outil de distinction sociale.
Une tradition familiale
Au XIXᵉ siècle, cette pratique aurait progressivement été adoptée par des familles de la bourgeoisie et de la classe moyenne provençale. Le collier devint alors un symbole de transmission familiale.
Dans certaines familles, une petite fille recevait une première boule d’or à sa naissance, puis d’autres à l’occasion des grandes étapes de son enfance : anniversaires, communions, Noël... Lorsque le nombre de boules était jugé suffisant, souvent autour du seizième anniversaire, un bijoutier les assemblait en les reliant par de petits maillons d’or. La jeune fille pouvait alors porter son collier complet.
Cette tradition se serait maintenue jusqu’au milieu du XXᵉ siècle. Maintenant, les colliers sont le plus souvent achetés déjà assemblés.
Anatomie d’un bijou
Le modèle traditionnel du collier marseillais possède plusieurs caractéristiques reconnaissables.
- Le montage « en chute » : dans sa forme la plus caractéristique, les boules ne sont pas toutes de la même taille. La plus grosse est généralement placée au centre et leur diamètre diminue progressivement de chaque côté, en direction du fermoir.
- Le matériau : le modèle traditionnel est composé de boules creuses et lisses en or jaune, reliées par de petits maillons. De nombreux modèles anciens ou contemporains sont réalisés en or 18 carats, également appelé or 750 millièmes.
- La longueur : le collier mesure généralement autour de 45 centimètres, même si ses dimensions peuvent varier selon les modèles.
- La fragilité : en raison de leur conception creuse, les boules peuvent se bosseler sous l’effet d’un choc. Le collier doit donc être manipulé et porté avec précaution.
Pour son entretien, il est préférable de suivre les recommandations d’un bijoutier, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un modèle ancien ou fragile. Un nettoyage doux à l’eau tiède savonneuse peut convenir à certains bijoux en or, à condition d’éviter les frottements appuyés, les produits abrasifs et les chocs.
Le collier marseillais, toujours populaire !
Aujourd’hui, il demeure un bijou emblématique du Sud. Il continue de se transmettre au sein de certaines familles, tout en inspirant des bijoutiers et des créateurs contemporains.
Il existe désormais sous différentes formes : colliers en argent ou en métal doré, bracelets, modèles aux boules de taille identique ou créations montées sur une chaîne plus fine... Tout en conservant son identité d'origine.



