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400 ans de la Marine nationale : en Région Sud, l’histoire s’écrit encore au large !

Mis à jour le 03 septembre 2026

Née sous Richelieu en 1626, la Marine nationale fête en 2026 quatre siècles d’existence. Une histoire française qui a trouvé en Provence l’un de ses ports d’attache les plus solides. De l’arsenal de Toulon aux îles de Lérins, des galères royales au porte-avions, le littoral régional porte encore les traces de cette aventure maritime.

Avant 1626, la France possède bien des navires de guerre, mais pas encore de marine permanente organisée à l’échelle du royaume. Lorsqu'un conflit éclate, il faut souvent réquisitionner des bâtiments de commerce, recruter des équipages dans l’urgence et composer avec des forces navales dispersées. Sous l’impulsion du cardinal de Richelieu, l’édit de Saint-Germain-en-Laye pose les bases d’une marine d’État structurée. Quatre cents ans plus tard, la Marine nationale retient cette date comme son acte fondateur. L’objectif de Richelieu est politique autant que militaire. Dans une Europe où les grandes puissances se disputent les routes commerciales et les territoires, la France ne peut rester à quai. Elle doit protéger ses côtes, sécuriser ses échanges et être capable d’intervenir loin de ses frontières. La mer devient un espace de souveraineté, mais aussi une porte ouverte sur le monde.

Toulon, bien plus qu’un port d’attache

Cette nouvelle Marine a besoin d’arsenaux, de chantiers, de magasins, de fortifications et d’hommes capables de construire, réparer et armer les navires. Sur la façade méditerranéenne, le choix de Toulon s’impose rapidement. Sa rade, vaste et naturellement protégée, offre un abri précieux aux bâtiments. Le premier « parc de la Marine », achevé en 1635, est installé dans l’angle nord-ouest de la darse. 

A partir de 1666, Colbert accélère le mouvement. Toulon se transforme en grand port de guerre du Levant. Magasins, corderie, fonderie et infrastructures navales redessinent progressivement la ville. Puis Vauban entre en scène. Lors de sa première visite en 1679, il imagine ce qu’il présente comme le « plus beau port d’Europe situé dans la meilleure rade ». Remparts, bassins de radoub, deuxième darse, poudreries et nouveaux terrains donnent à l’arsenal une tout autre dimension. 

Pendant des siècles, Toulon et la Marine vont ainsi grandir ensemble. L’arsenal devient une ville dans la ville, avec ses ateliers, sa boulangerie, ses magasins de vivres et ses milliers de travailleurs. Son activité fait vivre des forêts exploitées pour le bois, des cultures de chanvre destinées aux cordages, des mines et des fonderies pour les canons. Derrière chaque vaisseau se cache alors toute une économie provençale.

L’anecdote : quand Toulon troqua ses savons contre les galères

Au milieu du XVIIe siècle, Toulon n’est pas seulement une ville militaire. C’est aussi une place forte de la savonnerie. En 1650, la cité compte une vingtaine de savonneries, soit davantage que Marseille. L’huile d’olive produite dans les environs alimente cette industrie florissante. Mais le développement du port militaire change la donne. En 1669, Louis XIV accorde à Marseille un avantage commercial décisif tandis que Toulon se voit assigner une vocation avant tout militaire. Les navires marchands cèdent progressivement la place aux galères royales. Marseille développera son savon, Toulon son arsenal. Une décision royale qui a durablement spécialisé les deux grandes villes portuaires provençales.

Des îles de Lérins au débarquement de Provence

L’histoire maritime de la Région Sud ne se limite pas à la rade de Toulon. Dès 1637, les îles de Lérins sont le théâtre de l’une des premières grandes opérations combinées françaises. Près de 70 navires et environ 5 000 hommes sont mobilisés pour reprendre l’île Sainte-Marguerite aux Espagnols. Cette bataille préfigure les opérations amphibies modernes, où forces navales et terrestres doivent avancer au même rythme. Trois siècles plus tard, le littoral provençal joue de nouveau un rôle majeur. Le 15 août 1944, le débarquement de Provence ouvre un second front en France. Les forces navales transportent les troupes, sécurisent les approches et assurent l’appui des opérations terrestres. Des plages du Var à la libération de Toulon et Marseille, la Méditerranée devient l’une des voies de retour vers la liberté. La région conserve aussi la mémoire de drames plus anciens. A l’est de la grande rade de Toulon repose par exemple "La Lune", un vaisseau de Louis XIV naufragé en 1664 avec une grande partie de son équipage. Son épave, découverte en 1993 par environ 90 mètres de fond, constitue aujourd’hui un site exceptionnel pour l’archéologie sous-marine.

Quatre siècles d’innovations

En quatre cents ans, le décor a radicalement changé. Les coques en bois ont laissé place au métal, la voile à la vapeur, puis aux turbines et à la propulsion nucléaire. Les cartes tracées à la main côtoient désormais les satellites, les systèmes de combat numériques, les drones et les moyens de détection sous-marine.

Toulon reste au centre du dispositif. Considéré comme le premier port militaire d’Europe, le site accueille notamment l’état-major de la Force d’action navale, des bâtiments de surface, la flottille amphibie et une partie des forces sous-marines. Il constitue également le port d’attache du groupe aéronaval. 

A quelques kilomètres, le Pôle Écoles Méditerranée de Saint-Mandrier forme les nouvelles générations de marins. Il est présenté comme le plus grand centre de formation de la Marine nationale. A Marseille, à Toulon, à Hyères et sur l’ensemble du littoral, militaires, personnels civils, industriels, ingénieurs, techniciens et services de secours participent au même écosystème maritime. 

Cet ancrage se lit aussi dans les missions du quotidien. Sauvetage en mer, surveillance du trafic, lutte contre les pollutions, neutralisation d’engins explosifs, protection de l’environnement marin ou sécurisation de grands événements font partie des opérations coordonnées en Méditerranée. En 2025, le CROSS MED a ainsi coordonné 4 584 opérations de sauvetage ou d’assistance impliquant plus de 10 000 personnes, tandis que les sémaphores de la Marine ont surveillé plus de 257 000 navires.

Toulon regarde déjà vers... les 400 prochaines années

Dans la rade, l’histoire de la Marine nationale continue de s’écrire à coups de grands travaux. La base navale se prépare en effet à accueillir la nouvelle génération de bâtiments de combat, avec la construction programmée d’un bassin de 360 mètres, de nouveaux quais et d’infrastructures adaptées au futur porte-avions. Ainsi va Toulon, avec un œil sur ses archives et l’autre sur l’horizon ! Dans l’arsenal, le plus grand centre d’archives de la Marine en France conserve 23 kilomètres linéaires de documents remontant au XVIIe siècle. A quelques quais de là, ingénieurs et marins travaillent déjà sur les outils de défense de demain.

Toulon en fête pour les 400 ans de la Marine nationale !

Samedi 5 septembre 2026, place de la Liberté
De 14h à 18h, un village d’animations proposera des ateliers pédagogiques, des rencontres avec les marins et une exposition de maquettes. À 18h, une cérémonie militaire commémorera la bataille de la baie de Chesapeake, victoire navale française du 5 septembre 1781 qui joua un rôle décisif dans l’indépendance des États-Unis. La soirée se poursuivra avec un concert de jazz de la Musique de la Marine nationale, puis un DJ set jusqu’à 22h. Des foodtrucks seront installés sur place. 

Samedi 19 septembre 2026, au fort Lamalgue
Un spectacle son et lumière fera revivre quatre siècles d’histoire à partir d’images d’archives, d’un récit conçu avec les élèves de l’École navale et d’une création musicale interprétée par l’orchestre de la Musique de la Marine nationale. Début à 20h30. Tarifs annoncés : 15 euros, 10 euros pour les moins de 18 ans. Report au 20 septembre en cas de mauvais temps.

Samedi 3 octobre 2026, dans la base navale
La Foulée des 400 ans proposera une course inédite de 10 kilomètres au cœur de la base navale, avec un départ porte Malbousquet et une arrivée au stade Jauréguiberry. Une manière sportive de découvrir un lieu habituellement peu accessible au grand public.

La carte de tous les événements en France est ici 

Mis à jour le 03 septembre 2026