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Loto du patrimoine 2026 : 6 trésors de Provence-Alpes-Côte d’Azur à sauver !

Mis à jour le 02 septembre 2026

Une chapelle peinte cachée dans les Alpes, un vieux pont posé sur le Caramy, une cathédrale baroque ou encore les vestiges d’un hameau perché… Six sites de Provence-Alpes-Côte d’Azur rejoignent cette année le Loto du patrimoine. Six lieux très différents, mais une même urgence : préserver ces morceaux d’histoire avant qu’ils ne disparaissent.

Ils n’ont pas forcément la notoriété des grands monuments français. Certains se découvrent au bout d’un sentier, d’autres se fondent dans le décor familier d’un village. Pourtant, chacun raconte quelque chose de la région : ses paysages, ses croyances, ses métiers, ses habitants et leur façon de vivre au fil des siècles.

Dévoilée le 31 août 2026 par la Fondation du patrimoine, la sélection départementale du Loto du patrimoine met à l’honneur 100 nouveaux sites en métropole et en Outre-mer. Six se trouvent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, soit un dans chacun des départements de la région. Au niveau national, plus d’un tiers des projets retenus concernent le patrimoine religieux, 57 % appartiennent à des communes et près de la moitié ne bénéficient d’aucune protection au titre des monuments historiques. 

Six lieux, six histoires à transmettre

A Demandolx, un hameau médiéval entre ciel et terre

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le hameau de Ville ne se livre pas au premier regard. Pour l’atteindre, il faut emprunter un itinéraire de randonnée d’environ 13 kilomètres, au-dessus des lacs de Castillon et de Chaudanne. Là-haut subsistent les traces d’un ancien habitat perché, les vestiges d’un château médiéval et la chapelle Saint-Fortunat. Plus loin, à 1 340 mètres d’altitude, la chapelle Notre-Dame de Conche complète cette promenade dans un paysage où le patrimoine semble ne faire qu’un avec la montagne. La sélection de ce site rappelle que le patrimoine ne se résume pas aux édifices les plus spectaculaires. Il peut aussi prendre la forme d’un village abandonné, d’un mur encore debout ou d’un ancien chemin qui permet de lire autrement l’histoire d’un territoire rural.

A Névache, des fresques vieilles de près de six siècles

A Névache, dans les Hautes-Alpes, la chapelle Notre-Dame-des-Grâces de Plampinet cache un décor exceptionnel derrière ses murs de pierre. Construite au XVe siècle et classée monument historique depuis 1928, elle conserve des peintures murales dont certaines remontent aux alentours de 1450. À une époque où les textes religieux étaient principalement accessibles en latin, ces scènes peintes racontaient les épisodes bibliques par l’image. Elles témoignent également des échanges artistiques et culturels entre les vallées alpines et l’Italie voisine. Aujourd’hui, la chapelle reste peu ouverte, principalement lors de visites guidées pendant les vacances scolaires ou sur réservation. Sa restauration doit permettre de conserver ce décor particulièrement fragile et de mieux faire connaître ce petit joyau de la vallée de la Clarée. 

A Sospel, le baroque au cœur de la Roya

Dans les Alpes-Maritimes, c’est tout un ensemble emblématique du centre historique de Sospel qui a retenu l’attention de la Mission Patrimoine. Le projet concerne notamment le clocher de la cathédrale Saint-Michel, son beffroi et la calade polychrome qui habille le parvis. Reconstruite à partir de 1641 après une épidémie de peste, puis achevée en 1672, la cathédrale conserve un clocher roman lombard des XIIe et XIIIe siècles, vestige de l’édifice médiéval. À l’intérieur, dorures, trompe-l’œil et retable de François Bréa composent un décor baroque remarquable. L’ensemble a déjà traversé bien des épreuves, dont le séisme de 1887, mais il présente aujourd’hui de nouveaux désordres structurels. Des interventions d’urgence sont notamment nécessaires sur les poutraisons du clocher, la couverture et le pavement du parvis. [Le chantier, prévu sur plusieurs années, doit permettre de sécuriser et de restaurer cet ensemble qui donne au cœur de Sospel une grande part de son identité.

A Auriol, l’heure du beffroi

Dans les Bouches-du-Rhône, le projet réunit deux bâtiments familiers des habitants d’Auriol : le beffroi et l’ancien hôtel de ville, aujourd’hui occupé par le musée Martin-Duby. Installé sur l’une des anciennes entrées de la cité médiévale, le beffroi rythme la vie locale depuis le XVIe siècle. À quelques pas, le bâtiment du musée a connu plusieurs vies : d’abord loge et halle à grains, il devient hôtel de ville de 1759 à 1969, avant d’accueillir en 1994 le musée Martin-Duby. Ses collections réunissent notamment des œuvres d’artistes locaux, des faïences, des objets anciens et des santons. La réhabilitation engagée doit préserver les deux édifices tout en améliorant leur accès et leur mise en valeur. Sauver le patrimoine ne signifie donc pas figer les bâtiments dans le passé. Il s’agit au contraire de leur permettre de continuer à accueillir des habitants, des visiteurs et des collections.

A Vins-sur-Caramy, un pont qui relie bien plus que deux rives

Avec ses trois arches de pierre et son profil en dos d’âne, le Vieux-Pont de Vins-sur-Caramy, dans le Var, fait partie du paysage de la Provence Verte. Édifié dans les années 1660 par les villageois sous l’autorité de la marquise de Vins, il remplace alors un ancien passage en bois. Depuis l’ouvrage, le regard porte jusqu’au château de Vins, construit au XVIe siècle. Mais le pont est aujourd’hui gravement fragilisé. Fissures sous les voûtes, pierres descellées, maçonneries décalées : fermé à la circulation, il risque l’effondrement si rien n’est entrepris. Les travaux, programmés entre juin et décembre 2027, doivent consolider les piles, les becs, les arches, le tablier et les parapets. Sa remise en état permettra aussi aux agriculteurs de rejoindre leurs parcelles et offrira un passage supplémentaire aux services de secours en cas d’incendie. Un bel exemple de patrimoine utile, qui ne sert pas seulement à décorer le paysage mais participe encore très concrètement à la vie du territoire.

A Villes-sur-Auzon, une église à la devise républicaine

Dans le Vaucluse, l’église Saint-André ne passe pas inaperçue. Sur sa façade, deux inscriptions peintes en rouge attirent immédiatement le regard : « République française » et « Liberté, Égalité, Fraternité ». Une particularité rare, seules quelques dizaines d’églises françaises affichant ainsi la devise républicaine. Construite entre 1852 et 1854 à l’emplacement de l’ancien cimetière, l’église remplace un édifice devenu trop petit et insalubre. Ses chapelles sont décorées de fresques du peintre avignonnais Charles Barbantan. Mais la toiture dégradée provoque aujourd’hui d’importantes infiltrations, tandis que la charpente, les voûtes, la rosace et plusieurs vitraux présentent des signes inquiétants. La restauration doit permettre de rouvrir le lieu au culte, mais aussi à des visites et à des concerts gratuits.

Le Loto du patrimoine, huit ans de chantiers et de mobilisation

Le Loto du patrimoine est né d’une mission confiée en 2017 à Stéphane Bern pour identifier les monuments en péril et trouver de nouvelles ressources afin de les restaurer. Créée par la loi de finances rectificative du 28 décembre 2017, l’opération est lancée auprès du public en 2018. Elle est aujourd’hui portée par la Mission Patrimoine, déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de FDJ United.

Chaque année, les candidatures sont examinées selon quatre grands critères : l’intérêt patrimonial du lieu, son état de péril, la maturité du projet de restauration et son impact sur le territoire. La sélection cherche également à représenter la diversité des époques, des usages et des formes de patrimoine, du château à l’atelier industriel, de l’église au lavoir. 

Depuis 2018, plus de 1 080 projets ont été sélectionnés et plus de 210 millions d’euros ont été collectés grâce aux jeux Mission Patrimoine. Plus de 70 % des projets des huit premières éditions sont déjà sauvés ou en passe de l’être, avec 514 chantiers terminés et 281 encore en cours. 

Trésors du Sud : le petit patrimoine entre aussi dans la lumière

Si le Loto du patrimoine braque les projecteurs sur des sites en péril, la Région Sud agit toute l’année en faveur d’un patrimoine plus discret. Celui que l’on croise au détour d’une route, au centre d’un village ou au bord d’un champ : une fontaine, un four à pain, une chapelle, une cabane en pierre sèche, un lavoir, un moulin ou un ancien ouvrage lié à l’eau.

Depuis 2016, la Région accompagne la restauration et la valorisation de ce patrimoine rural non protégé. En dix ans, 253 projets ont bénéficié de 5,5 millions d’euros d’aides régionales. Cette action concerne des édifices modestes par leur taille, mais essentiels pour comprendre l’histoire des villages, les anciens métiers et les usages quotidiens de leurs habitants. 

Créé par la Région, le label« Les Trésors du Sud » leur donne désormais une visibilité nouvelle. En 2026, 18 sites répartis dans les six départements ont été labellisés, parmi lesquels les chapelles des hameaux de l’Adret au Lauzet-Ubaye, le rucher fortifié de la Roya à Tende, le grand lavoir de Maussane-les-Alpilles, la ferme de la Grande Forêt à Aiguines ou encore l’ancien four à plâtre de Pernes-les-Fontaines.

Trois catégories permettent de raconter toute leur diversité : Patrimoine cultuel, Cœurs de villages et Coup de cœur. Derrière ces distinctions, une même idée : une restauration réussie ne consiste pas seulement à réparer des pierres. Elle permet aussi de faire revenir de la vie, des visiteurs, des rencontres et parfois de nouveaux usages dans les communes rurales

Loto du patrimoine 2026 : comment jouer ?

À partir de quand ?
L’offre Mission Patrimoine est disponible depuis le 31 août 2026 dans près de 29 000 points de vente FDJ, sur le site fdj.fr et dans l’application FDJ. 

Le ticket à gratter
Le ticket Mission Patrimoine coûte 15 euros et permet de gagner jusqu’à 1,5 million d’euros. Il existe en trois versions inspirées de l’esthétique du vitrail. Pour chaque ticket acheté, 1,86 euro est reversé par l’État à la Fondation du patrimoine

Les tirages Loto
Sept tirages dédiés sont organisés les 7, 9, 12, 14, 16, 19 et 21 septembre 2026, avec un jackpot minimum de 2 millions d’euros. Pour chaque grille de 2,20 euros, 0,54 euro est reversé à la Fondation du patrimoine.

Le Super Loto
Un Super Loto exceptionnel aura lieu le vendredi 18 septembre 2026, à la veille des Journées européennes du patrimoine. Le jackpot annoncé est de 13 millions d’euros minimum. Pour chaque grille de 3 euros, 0,73 euro est affecté à la Fondation du patrimoine. 

A savoir
Les jeux d’argent sont interdits aux moins de 18 ans. Jouer doit rester un loisir, avec un budget fixé à l’avance.

Mis à jour le 02 septembre 2026