Biodiversité

La Région Sud dispose d’une biodiversité unique et d’une multitude d’espaces naturels : Mercantour, Luberon, Alpilles, Camargue, Sainte Baume, Préalpes d’Azur, Verdon, Port Cros, Ecrins, Queyras, Ventoux, Porquerolles, Calanques, Crau. 

En participant à la création de l’Agence Régionale de la Biodiversité et en accompagnant les structures régionales de protection de la biodiversité, la Région Sud est pleinement impliquée dans la préservation de ses richesses naturelles et de ses milieux vulnérables.  

La Région Sud est riche d’une diversité incroyable d’espèces animales et végétales. Avec le plan Climat, j’ai pris l’initiative d’inscrire la protection de la biodiversité au rang de priorité.

Renaud MUSELIER
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur est un très haut lieu de biodiversité. 

Elle abrite une exceptionnelle diversité floristique, avec 3 400 espèces recensées (soit plus de 65 % de la flore française), dont 31 visibles nulle part ailleurs dans le monde (Sabline de Provence, Armérie de Belgentier…). 

La faune n’est pas en reste, avec 85 % des espèces d’oiseaux nicheurs, 87 % des espèces de libellules, 85 % des espèces de papillons de jour de France métropolitaine. Les effectifs de l’aigle de Bonelli se stabilisent mais l’espèce reste fragile, la loutre d’Europe recolonise peu à peu notre région et l’Apron du Rhône, poisson endémique, indicateur de la bonne qualité des cours d’eau, progresse notamment grâce à l’amélioration de leur qualité des eaux.

Cependant, depuis plusieurs décennies, les milieux et les espèces sont soumis à la pression des activités humaines. Celle-ci engendre :

  • une importante réduction des surfaces agricoles au profit des espaces forestiers et des espaces péri-urbains ;
  • une forte urbanisation de la frange littorale qui, du fait d’une situation de saturation, tend depuis une décennie à se reporter sur l’arrière-pays ;
  • une économie centrée sur le tourisme saisonnier balnéaire et de montagne, à l’origine d’importantes infrastructures de déplacement, d’accueil, hébergement et d’activités de loisirs ; 
  • une prise de conscience progressive par les décideurs locaux et le grand public de l’importance des questions environnementales.

Les listes rouges régionales constatent que des dizaines d’espèces sont ainsi menacées de disparition : 

  • plus d’1/3 des oiseaux nicheurs (82 espèces sur 235), 
  • 15 espèces papillons de jour et 1 (l’Hespérie du Barbon) considérée comme disparue en Provence‐Alpes‐Côte d’Azur, 
  • plus de 16 % des espèces de libellules, 
  • 11 % de la flore régionale, 
  • 6 espèces d’amphibiens, 
  • 3 espèces de reptiles.

La mise en œuvre d’une Stratégie Régionale de la Biodiversité est un enjeu déterminant pour l’exécutif.

Les récentes lois (MAPTAM de 2014, NOTRE de 2015 et loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016) ont désigné les Régions comme Chefs de file des collectivités territoriales pour la préservation de la biodiversité.

La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur est impliquée dans la préservation de la biodiversité depuis de nombreuses années, avec la première stratégie globale en 2014. 

Avec son Plan climat « Une Cop d’avance », la Région Sud a pour ambition de devenir l’un des principaux acteurs pour le respect et la mise en œuvre des accords sur le climat. Une perspective qui s’applique à la préservation de la biodiversité. Protection, reconquête, valorisation et sensibilisation/éducation à la biodiversité sont une priorité de l’action régionale. 

La biodiversité fournit l’air que l’on respire (plantes), l’eau et la nourriture que l’on consomme (plantes et animaux), les vêtements qui nous couvrent (plantes et animaux).

La biodiversité est d’autant plus stable et renforcée qu’elle regroupe une plus grande variété de milieux et d’espèces. Plus cette variété s’amenuise, plus la biodiversité se fragilise.

La biodiversité constitue le tissu vivant de notre planète. Elle conditionne le bien-être actuel et futur des êtres humains. Son déclin rapide, ces dernières décennies, est une menace pour tous les êtres vivants et donc pour l’homme. Pour stopper ce déclin et inverser la tendance, des changements profonds, tant dans nos choix que dans nos pratiques, sont indispensables. Ces changements doivent intervenir à toutes les échelles, du global au local.

La communauté internationale a retenu 17 Objectifs de développement durable (ODD) pour l’horizon 2030. En France, le Ministère de la transition écologique et solidaire a publié un Plan National pour la Biodiversité, dont le sous-titre est : « Reconquérir la biodiversité, une question de survie pour nos sociétés ».

La Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficie d’une nature d’une exceptionnelle diversité. Elle est la région de France métropolitaine la plus riche en termes d’espèces. Cette richesse est essentielle pour notre santé, notre sécurité et notre qualité de vie. 

Elle constitue également un levier fondamental pour le développement durable de nos territoires.

Aujourd’hui, notre Région doit faire face à des pressions diverses et pour certaines particulièrement fortes : pollutions des milieux, perte de biodiversité, changements climatiques, artificialisation des sols, étalement urbain non maîtrisé… Ces atteintes multiples pèsent, de plus en plus, sur le développement du territoire régional, en altérant son attractivité et en pénalisant de nombreuses activités, qui reposent sur la nature : agriculture, sylviculture, pastoralisme, pêche, loisirs de pleine nature, tourisme etc…

Si la corrélation entre biodiversité et développement économique n’est plus à démontrer, le lien entre biodiversité et santé est tout aussi fort.

Les activités humaines perturbent la structure et les fonctions des écosystèmes et modifient la biodiversité originelle. Ces perturbations entrainent la raréfaction de certains organismes et la multiplication d’autres, modifient les interactions entre les différents organismes et les interactions de ces organismes avec leur environnement physique et chimique et influent ainsi sur les caractéristiques des maladies infectieuses. 

Certains facteurs « impactants » ont une influence sur les réservoirs d’agents infectieux et la transmission des maladies. 

C’est le cas de la déforestation, de l’aménagement du territoire, de la gestion de l’eau, de l’utilisation de pesticides chimiques… Incontestablement, le réchauffement climatique va entrainer l’apparition et ou le développement de nouvelles maladies. 

Une biodiversité protégée est aussi le gage d’une santé préservée.

Une convention portant création de l’Agence régionale de la Biodiversité a été validée par la Région Sud, l’Etat, l’Agence française pour la biodiversité, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse et l’ARPE. 

  • Préserver, reconquérir, valoriser la biodiversité régionale avec ses spécificités alpine et méditerranéenne, facteur de qualité de vie, de développement et d’innovation en région.
  • Créer un lieu partenarial entre les acteurs de la biodiversité pour échanger sur les positionnements stratégiques respectifs, et les projets à conduire en commun. 
  • Accompagner la mobilisation citoyenne en faveur de la biodiversité.
  • Assurer l’interface entre les dynamiques régionales, interrégionales avec les Régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, nationales, européennes, alpines et méditerranéennes.

4 objectifs stratégiques

L’Agence régionale de la biodiversité développe 4 objectifs opérationnels :

  1. Accompagner les projets et les démarches territoriales pour faire de la préservation et de la reconquête de la biodiversité, un levier de développement et d’innovation ;
  2. Améliorer et valoriser les connaissances sur la biodiversité et l’environnement pour éclairer les politiques publiques ;
  3. Informer, sensibiliser, éduquer et former les acteurs des territoires aux enjeux de la biodiversité ;
  4. Se positionner en cœur de réseaux des différents acteurs territoriaux pour une montée en compétences et le développement de projets innovants.

Ces 4 objectifs sont déclinés et mis en œuvre annuellement en missions et programme d’actions.

Parmi les priorités d’actions définies pour 2019

  • Animation du territoire pour mettre en œuvre les orientations du SRADDET, accompagnement des collectivités pour l’utilisation du Guide « PLUi et Biodiversité, concilier nature et aménagement » et organisation de journées d’information/formation.
  • Animation du label « Ville Nature » (qui reconnait les réalisations des collectivités en faveur de la nature) et organisation du JURY Capitale de la biodiversité, sur un thème annuel. En savoir plus : capitale-biodiversite.fr
  • Lancement des Territoires Engagés pour la Nature : faire émerger et reconnaitre des projets de territoire en faveur de la biodiversité, à toutes les échelles infradépartementales. Territoire Engagé pour la Nature reconnait l’engagement pris par les collectivités à œuvrer en faveur de la nature ; ce dispositif complète le label « Ville Nature », qui reconnait les actions déjà entreprises.
  • Elaboration d’une Stratégie régionale de la biodiversité (SRB) (en s’appuyant sur les éléments de la stratégie globale de la biodiversité et du SRCE qui avaient fait l’objet d’une large concertation), comprenant notamment :
    - une stratégie d’acquisition des connaissances terre, mer, milieux aquatiques
    - une stratégie régionale concertée d’acquisition et de protection
    - une stratégie sur la nature en ville.

La loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 a réformé la gouvernance de la biodiversité en prévoyant au niveau national, un comité national de la biodiversité qui remplace le comité national trame verte et bleue et recentre le Conseil national de protection de la nature sur son rôle d’expertise scientifique, et instaure au niveau régional le comité régional de la biodiversité (CRB). En Provence Alpes Côte d’Azur, le CRB a été réinstallé en juin 2018. L’article L371-3 du code de l’environnement définit la composition, le fonctionnement et le rôle du CRB.

Le CRB constitue le lieu privilégié d’information, d’échange, de concertation et de consultation sur toute question relative à la biodiversité au sein de la région. 

  • Il est associé à l’élaboration, la mise en œuvre et au suivi de la stratégie régionale pour la biodiversité (SRB).
  • Il est associé à l’élaboration et à la révision du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). Dans ce cadre, il s’assure de la prise en compte des orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, et des éléments pertinents du SDAGE.
  • Il peut émettre des propositions ou des recommandations sur tout projet de travaux ou de plans ou de programmes ayant une incidence sur la biodiversité à l’échelle de la région.
  • Il est informé par l’Etat et la Région des résultats obtenus par la mise en œuvre du schéma régional de cohérence écologique (SRCE), puis du SRADDET, en matière de préservation de la biodiversité (notamment sur les enjeux de continuité écologique et leur cohérence avec celle des régions ou pays voisins).
  • Il est consulté par l’Etat et la Région, lors de leur élaboration, sur les orientations de programmation financière des contrats de plan Etat/Région et est informé de leur mise en œuvre au moins tous les trois ans.
  • Il donne son avis sur les orientations stratégiques prises par l’agence régionale de la biodiversité.
  • Il peut donner son avis sur les projets de documents de planification relatifs aux continuités écologiques avant l’enquête publique. Il veille, en lien avec le comité de massif, à la cohérence avec les enjeux inscrits dans le schéma interrégional d’aménagement et de développement de massif.

L’arrêté constituant le CRB en PACA a été pris conjointement par le Président de région et le Préfet de région le 28 mai 2018.

Accès aux comptes rendus des séances plénières : paca.developpement-durable.gouv.fr

La connaissance est une composante essentielle pour préserver et valoriser durablement la biodiversité. Elle permet notamment la définition de politiques publiques de conservation pertinentes. Son partage est également un impératif pour limiter les dégradations par méconnaissance de la richesse d’un territoire. 

Son soutien à l’Observatoire Régional de la Biodiversité (ORB) 

L’observatoire régional est un outil d’analyse, de compréhension et de suivi des progrès ou des dégradations de la biodiversité et l’environnement. Son objectif principal est d’analyser et de mettre à disposition de l’information fiable sur l’état et l’évolution de la biodiversité et de l’environnement en région au service d’une amélioration des politiques publiques. Soutenu par l’Etat et la Région il est animé par l’ARPE-ARB.

Pour plus d’informations : observatoire-biodiversite-paca.org

Son soutien à SILENE : système d’information et de localisation des espèces natives et envahissantes

SILENE est le portail d’accès aux données naturalistes en Région Provence-Alpes Côte d’Azur. Il vise à améliorer la connaissance et la conservation du patrimoine naturel régional. Il fournit des données d’occurrence des taxons (absence/présence des espèces). Soutenu par l’Etat et la Région, il est développé et administré par les conservatoires :  le Conservatoire des Espaces Naturels Provence-Alpes Côte d’Azur pour la faune et le Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles (CBNMED) et le Conservatoire Botanique National Alpin (CBNA) pour la flore. 

Pour plus d’informations : silene.eu

Soutien aux ZNIEFF : zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique

Elles sont un espace naturel inventorié en raison de son caractère remarquable. L’inventaire des ZNIEFF est un programme d’inventaire naturaliste et scientifique lancé en 1982 au niveau national. La désignation d’une ZNIEFF représente un secteur du territoire particulièrement intéressant sur le plan écologique, participant au maintien des grands équilibres naturels ou constituant le milieu de vie d’espèces animales et végétales rares, caractéristiques du patrimoine naturel régional. 

On dénombre à ce jour 828 ZNIEFF en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Piloté par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement et soutenu par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, il est mis en œuvre par les Conservatoires Botaniques Nationaux Alpin et Méditerranéen et le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui en assure le secrétariat scientifique.

Pour plus d’informations : www.paca.developpement-durable.gouv.fr