La gestion de l’eau : une nouvelle compétence régionale

La Région Sud a souhaité et sollicité la mission d’animation et de concertation dans le domaine de la gestion et de la protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques.

C’est le cas depuis un décret ministériel du 9 juillet 2018. En effet, la Loi NOTRe a permis aux Régions volontaires de prendre en charge la politique de l’eau, comme le prévoit son article 12 : Les Régions ont ainsi la possibilité de devenir une « autorité principale » de coordination et de concertation. La Région en a fait la demande car il n’y a pas d’aménagement du territoire sans eau. Seules deux autres Régions ont obtenu la même délégation : Bretagne et Grand Est.

Pourquoi demander cette compétence ?

Historiquement, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le développement des activités économiques s’est construit autour de la gestion de la ressource en eau.

Le changement climatique et l’évolution socio-économique du territoire redéfinissent la gestion de l’eau comme un des grands enjeux de l’aménagement du territoire régional. La Région, en tant qu’acteur en matière d’aménagement du territoire et de développement économique, dispose donc des atouts nécessaires pour assurer cette nouvelle mission. Elle propose un développement durable du territoire régional. 

La région possède des ressources en eau importantes et des aménagements performants qui permettent de sécuriser les usages d’une partie du littoral et de la basse Provence, même si, persistent des inégalités d’accès à la ressource sur le territoire : certains bassins versants sont identifiés comme déficitaires et nécessitent des actions fortes d’adaptation.

Malgré sa performance, le modèle régional existant connaît aujourd’hui un certain nombre de limites.

Deux principaux facteurs viennent particulièrement influencer ce fragile équilibre :

  • Les changements climatiques
  • L’attractivité et la démographie régionale

Région Sud, L’eau, en chiffres
• 46 000 km de cours d’eau dont 2 000 km sont des réservoirs biologiques 
• 14 milliards de m3 en eaux de surface dont 1,2 milliard de m3 pour la retenue de Serre-Ponçon ;
• 86 % des usages sont couverts par les eaux superficielles dont 2/3 proviennent du système Durance-Verdon ;
• 70 collectivités sur le territoire pour 83 % de la population ;
• 5 000 emplois directs sont liés à l’eau en région ;
• 10 % de la production hydraulique nationale sont assurés par le système hydroélectrique Durance-Verdon.

La Région Sud apporte une extrême attention à sa mission de gestion de l’eau, des milieux aquatiques et humides de son territoire. L’importance de leurs préservations de leurs développements ont un impact très fort sur l’aménagement du territoire régional, ses activités socio-économiques et son cadre de vie.

La Directive Cadre sur l’Eau prévoit l’atteinte du bon état des masses d’eau dans un délai estimé entre 2021 ou 2027. Ce bon état correspond au bon état écologique et au bon état chimique pour les masses d’eau superficielles. Pour les masses d’eau souterraines, elles doivent répondre au double critère de bon état qualitatif (chimique) et quantitatif. 

Elément déterminant pour le développement économique régional, pour l’aménagement du territoire et la préservation de la biodiversité, la ressource en eau a été depuis de nombreuses décennies, créatrice de valeur et d’emplois faisant de la Région un « modèle provençal » reconnu. Ainsi, on dénombre environ 5 000 emplois directs liés à l’eau en région et 25 000 emplois générés par l’agriculture irriguée. De nombreux usages et territoires se sont développés autour des grands aménagements de transferts d’eau : les eaux superficielles couvrent 86 % des usages, les deux tiers provenant du système Durance-Verdon.

La région a un haut niveau d’équipement qu’il est impératif de maintenir en état pour pérenniser les activités : 600 structures d’irrigation collective, l’agriculture irriguée représentant 100 000 hectares, 10% de la production hydraulique nationale assurée par l’alimentation Durance-Verdon. 

Ce modèle provençal doit évoluer pour s’adapter aux nouveaux défis et besoins en particulier les attentes environnementales et à l’adaptation aux changements climatiques. L’attrait touristique de la région est lié à la préservation d’espaces naturels emblématiques liés à l’eau et à la préservation des ressources en eau : 46 000 kilomètres de linéaires de cours d’eau dont 2 000 identifiés comme réservoirs biologiques. 62% des masses d’eau superficielles sont classées en bon ou très bon état écologique et 75% en bon état chimique. Au-delà de leur valeur écologique intrinsèque, le maintien en bon état de ces milieux aquatiques est garant de la bonne qualité de la ressource utilisée pour tous les usages domestiques, industriels et agricoles.

Une politique régionale de gestion durable de l’eau 

La nouvelle politique de gestion durable de l’eau a lancé la mise en œuvre d’un Schéma d’Orientations pour une Utilisation Raisonnée et Solidaire de la ressource en Eau –le S.O.U.R.S.E. Cette démarche a abouti à la signature par environ 160 structures de la Charte régionale de l’eau et à la création fin 2014 d’une instance de concertation pour la gestion de l’eau à l’échelle régionale : l’AGORA – Assemblée pour une Gouvernance Opérationnelle de la Ressource en eau et des Aquifères. 

L’eau est également une priorité retenue dans les deux volets interrégionaux : le plan Rhône et la Convention Interrégionale du Massif des Alpes ainsi que sur les fonds structurels avec les mesures « continuité écologique » du FEDER (9 M€) et « hydraulique » du FEADER (18 M€). 

Un contexte climatique qui nécessite une politique d’anticipation  

Le SOURSE est la première démarche engagée à l’échelle régionale qui a pris en compte les enjeux liés au changement climatique. Parmi les évolutions attendues sur la ressource d’ici 2030, il a été identifié au niveau des températures, une élévation de l’ordre de 1,5°C en été et en hiver, et en termes de précipitations une baisse de 10 % de l’alimentation pluviale des ressources superficielles par rapport à aujourd’hui. Il est donc à craindre une baisse des débits, un moindre rechargement des nappes, une baisse de l’enneigement et une augmentation de la fréquence et de la durée des épisodes de sécheresse. Les travaux récents, sur la base des scénarios du GIEC, indiquent que ces évolutions vont se poursuivre au-delà de 2030. 

Comme dans de nombreuses régions méditerranéennes, l’aménagement du territoire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est fortement marqué par sa relation à la ressource en eau, son accessibilité et sa disponibilité. 

De nombreuses activités économiques de la région (urbanisation, agriculture, tourisme, énergie, industrie) ont une dépendance très forte à la disponibilité de la ressource en eau et à sa qualité. Les territoires de la région peuvent s’appuyer sur une culture historique de gestion collective de l’eau établie en véritable modèle provençal de gestion de l’eau.

Malgré sa performance, le système existant connaît aujourd’hui un certain nombre de limites : Les changements climatiques, l’attractivité et la démographie régionale. De récentes recherches ont confirmé que dès 2050, des tensions se produiront de plus en plus régulièrement pour satisfaire l’ensemble des usages en période de pointe par rapport aux besoins actuels. Il est donc essentiel de rechercher aujourd’hui un juste équilibre entre la disponibilité de la ressource et la demande en eau dans un esprit d’anticipation et dans un objectif de bon état des milieux. 

A ce titre, la Région via la concession régionale des ouvrages hydrauliques concédés à la Société du Canal de Provence dispose d’un opérateur régional public pour maintenir l’attractivité des territoires, la qualité de vie des populations et la solidarité entre les différents bassins versants par une approche régionale. La gestion de la ressource en eau doit être considérée comme un atout et non un frein au développement économique et démographique, à condition de faire converger les politiques publiques de préservation de l’environnement, de développement économique et d’aménagement du territoire.

 La politique régionale actuelle dans le domaine de l’eau

La Région propose aujourd’hui deux cadres d’intervention pour répondre aux enjeux de la gestion intégrée des milieux aquatiques et humides d’une part et de la gestion quantitative et qualitative de la ressource en eau d’autre part. 

Les problématiques de gestion de l’eau rencontrées dans notre région illustrent bien qu’il est primordial d’assurer un accès durable à l’eau pour tous les habitants et les professionnels, dans un contexte de raréfaction des ressources annoncé par les climatologues, et de demande croissante liée au développement de l’urbanisation, que l’Institution régionale puisse renforcer son aide dans ce domaine.

Le Président a immédiatement réagi suite à la lecture d’un rapport faisant état des effets du changement climatique et l’urgence liée à la transition écologique, la question de l’eau en Provence-Alpes-Côte d’Azur est devenue un sujet incontournable. Le territoire régional est particulièrement exposé au risque inondations avec une concentration des pluies sur un faible nombre de jours et paradoxalement, le risque sécheresse est également très marqué, notamment lors des périodes estivales. Si l’on ajoute à ce facteur climat un accroissement important de la population et une tendance à l’étalement urbain, les enjeux liés à la qualité de l’eau et des milieux aquatiques et humides ainsi qu’à l’accès à l’eau pour tous les usagers de manière durable sont devenus, ces dernières années, un enjeu de taille pour l’ensemble des acteurs régionaux.

Un travail initié par la Région en lien avec l’ensemble des acteurs de la gestion de l’eau permet aujourd’hui d’avoir une vision des grands enjeux sur l’eau à l’échelle régionale pour définir les orientations stratégiques de la politique régionale de l’eau et des milieux aquatiques. 

Les objectifs visés à court et long terme ? 

Dans le cadre du Plan Climat « Une Cop d’avance » adoptée par le Conseil régional en décembre 2017. La priorité est de répondre aux enjeux du changement climatique sur la disponibilité de la ressource en eau. La Région souhaite diminuer la demande en eau par des actions de sensibilisation des usagers et des investissements sur les ouvrages. Elle va diversifier les ressources pour les territoires les plus vulnérables. 

Cette stratégie se traduit par un aménagement du territoire qui prend en compte la disponibilité des ressources et leur préservation. A ce titre, la Région a sollicité la société du canal de Provence pour élaborer un programme d’investissement d’un montant de 580 millions d’euros sur la période 2018-2038 : un effort majeur rendu indispensable par les conséquences du changement climatique sur l’agriculture régionale (mesure 65 du plan climat). 

Sur le plan de la qualité de l’eau, le défi à relever sera celui de la prévention des pollution diffuses et émergentes. La Région cherche des solutions entre usages et entre territoires, autour du partage de la ressource en eau.

Une nouvelle politique régionale 

La Région travaille aux enjeux de protection de la ressource en eau, de restauration des milieux naturels et de pérennisation des usages. Un travail, qui a permis d’élaborer la Charte Régionale de l’eau dont la déclinaison opérationnelle a donné naissance à une instance l’AGORA (Assemblée pour une Gouvernance Opérationnelle de la Ressource en eau et des Aquifères) qui réunit à ce jour une centaine d’acteurs de l’eau et de l’aménagement du territoire. Cette assemblée s’appuie sur l’Agence Régionale pour l’Environnement (ARPE) qui anime l’Observatoire Régional des Milieux Aquatiques et le Réseau Régional des Gestionnaires de Milieux Aquatiques. 

La mission s’inscrit en complémentarité des actions locales et prend en compte les spécificités régionales de gestion de l’eau.

Pour anticiper les changements à venir, la Région a initié depuis 2009, en partenariat avec l’Etat et l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, une réflexion stratégique et s’est engagée dans une démarche : le SOURSE 

LE SOURSE : le Schéma d’Orientations pour une Utilisation Raisonnée et Solidaire de la Ressource en Eau

Les 3 grands axes fondateurs du SOURSE :

  1. Garantir durablement l’accès à l’eau pour tous et le bon état des eaux et des milieux aquatiques et humides en région Sud.
  2. Réduire le risque inondation avec un plan de reconquête des cours d’eau
  3. Préserver la biodiversité aquatique et les zones humides

En savoir plus sur le SOURSE

 

L’Observatoire régional de l’eau et des milieux aquatiques

L'OREMA fait également partie des partenaires privilégié de la Région Sud dont la politique intègre les milieux aquatiques et humides.

Le Plan Climat

Les Mesures 68 et 60 : protéger, restaurer, valoriser la biodiversité des rivières et objectif « Zéro plastique en 2030 »

Les impacts du changement climatique, un accroissement de la population et une tendance à l’étalement urbain ont conduit la Région Sud a élaboré une nouvelle stratégie sur l’hydraulique agricole et la ressource en eau : Le Plan Climat, une COP d’avance repose sur 100 actions qui place Provence-Alpes-Côte d’Azur en moteur des accords sur le climat et le ressource en eau est bien sûr aux premières loges.

L’action 60 du Plan Climat ambitionne d’atteindre «l’objectif zéro déchet plastique en 2030».

La France déverse 66 tonnes de plastique par jour en Méditerranée. Selon le rapport 2018 de WWF, 95% des déchets présents en mer et sur les côtes sont composés de plastique. La Méditerranée est la mer la plus polluée au monde par les micro-plastique. De plus en plus d’espèces sont menacées par cette pollution.

La Région a pris en charge la compétence déchets (loi NOTRe 2015) et a élaboré un plan ambitieux nommé « Zéro déchet plastique ».

La mise en place d’un réseau de collecteurs de déchets sauvages en fait partie. Ce réseau fédère les acteurs dans la préservation des milieux naturels et la lutte contre les déchets sauvages en milieu marin et invite à participer à des opérations de nettoyage d’envergure.

La Charte régionale de l’eau

La Charte régionale de l’eau décline cette stratégie : il a été créé une instance de concertation à l’échelle régionale pour sa mise en œuvre.

En savoir plus sur la Charte régionale de l’eau sur le site de l'Observatoire régional de l'eau et des milieux aquatiques en Provence-Alpes-Côte d'Azur

L’AGORA

L’Assemblée pour une Gouvernance Opérationnelle de la Ressource en eau et des Aquifères est un lieu de construction collective, de partage, d’échanges et de débats sur la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le Conseil régional pilote et anime cette démarche à la fois au niveau politique et technique.

Cette Assemblée se réunie en séance plénière au minimum une fois par an. Elle est aujourd’hui composée de 91 organismes représentant l’Etat, les collectivités et les usagers.

Des commissions de travail sont organisées autour de la gouvernances locales et l’aménagement du territoire, l’innovation, biodiversité et solidarités et le changement climatique, adaptation et patrimoine hydraulique.

Le financement se fait sur trois champs en priorité :

1. Le développement économique et l’innovation 

Preuve de ce savoir-faire local et de cette expérience, le territoire régional est concerné par de nombreux aménagements hydrauliques et la présence de leaders, entreprises expertes et de laboratoires académiques reconnus et soutenus par un Pôle de compétitivité EAU et le cluster Ea Ecoentreprises

2.et 3. L’adaptation au changement climatique et La communication et le porter à connaissance.

Le changement climatique interroge notre capacité collective à prévenir et gérer le partage de l’eau à court ou moyen/long terme en cas de tension sur la ressource. Cet objectif constitue un axe de travail prioritaire pour l’AGORA.

  • les impacts du changement climatique sur les ressources ;
  • la vulnérabilité des milieux aquatiques et des zones humides ;
  • la vulnérabilité des territoires ;
  • l’utilisation de ressources alternatives.

Un cadre d’intervention qui se décline autour de quatre dispositifs :

  1. la gestion quantitative de la ressource en eau et les économies d’eau ;
  2. la gestion qualitative de la ressource en eau ;
  3. la gestion des eaux souterraines ;
  4. les actions émanant des travaux de l’assemblée pour une gouvernance opérationnelle de la ressource en eau et des aquifères.

La qualité des eaux superficielles fait l’objet de suivis sur plusieurs cours d’eau de la région. Il y a donc lieu d’étendre cette connaissance à d’autres territoires non suivis actuellement ainsi qu’aux eaux souterraines. Les acteurs de la gestion de l’eau doivent accroitre leurs connaissances sur ces polluants émergents. Hormis les pesticides dont le suivi est plus ancien, voici les catégories de polluants ciblées :

  • Médicaments,
  • Métaux et plastiques,
  • Peintures et produits chimiques industriels,
  • Cosmétiques et matériaux de nanotechnologies,
  • Antimicrobiens, savons, shampoings, parfums,
  • Hormones synthétiques et naturelles.

Une gestion intégrée des milieux aquatiques et humides

La politique régionale de gestion intégrée des milieux aquatiques et humides entend s’appuyer sur ses ressources et ses forces, particulièrement la qualité de ses milieux, son réseau d’acteurs locaux et ses grandes infrastructures, et faisant face aux défis et menaces auxquelles elle est confrontée. Il s’agit d’améliorer la gestion de la ressource en eau pour tous les usages et à atteindre et tendre vers le bon état des eaux et des milieux aquatiques et humides en région.

Les finalités sont le développement économique et social de la région, cette gestion s’articule autour de cinq dispositifs :

  • la gouvernance et l’animation territoriale ;
  • la connaissance, la recherche et l’expertise technique ;
  • la restauration physique et morphologique des cours d’eau et la réduction du risque inondation ;
  • la biodiversité aquatique, la restauration de la trame bleue et les zones humides ;
  • les participations statutaires aux structures dont la Région est membre 

Les zones humides sont les seuls milieux à faire l’objet d’une convention internationale, la convention de Ramsar (2 février 1971-Iran). Les objectifs de cette convention sont « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution au développement durable dans le monde entier ».

La particularité écologique des milieux aquatiques méditerranéens résulte pour l’essentiel du climat méditerranéen dont la conjonction des extrêmes, crues, sécheresses, températures… est sans équivalent sur le territoire national. Les milieux méditerranéens connaissent de plus un sur-aménagement lié aux développements de nombreux usages autour de la ressource en eau (alimentation eau potable, irrigation, hydroélectricité…) et à la forte urbanisation des bassins ce qui les fragilise.

De plus les régions méditerranéennes sont aux avant-postes du réchauffement climatique : La pression démographique et les usages nécessite de diminuer les pressions humaines sur les milieux naturels.

Chiffres clés : 6 % du territoire régional sont classés en zones humides (200 000 ha)

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les cours d’eau accueillent de nombreuses espèces endémiques et emblématiques. Plusieurs zones humides (terrestres ou lagunaires) du territoire sont reconnues d’importance majeure au niveau national voire international. La Région dispose de zones humides d’exception : la Camargue, les étangs de Villepey et Salins-d’Hyères mais aussi l’Étang de Berre, second plus grand étang salé d’Europe après le Mar Menor, en Espagne.

Leur préservation constitue un capital pour le développement du territoire et des activités. 

Il convient d’agir par : 

  • L’expertise scientifique pour protéger la biodiversité aquatique et piscicole. 
    • Restaurer des habitats, des corridors et réservoirs écologiques 
    • Protéger des peuplements issus de la Loi sur l’eau (Loi LEMA 2006) ; 
    • Restaurer les zones humides et la continuité écologique 
    • Lutter contre les espèces invasives végétales et animales 
    • Sauvegarder le peuplement piscicole 
  • L’amélioration de la connaissance sur les habitats et les espèces dans un objectif de préservation de la biodiversité aquatique, de reconnaissance des spécificités méditerranéennes et alpines 
    • Il s’agit notamment : 
    • des études génétiques permettant d’identifier les endémismes régionaux ; 
    • des actions de connaissance sur les espèces invasives végétales et animales

En zone méditerranéenne, l’irrigation est indispensable à la quasi-totalité des cultures. Le déficit pluviométrique marqué et la faible capacité de stockage du sol fait de l’irrigation un facteur essentiel de la richesse agricole provençale et alpine. On considère que l’agriculture irriguée est porteuse d’emplois : un hectare d’exploitation irrigante génère en moyenne 70% d’emplois.

Pour faire face à une inégale répartition de la ressource en eau dans le temps et dans l’espace, les aménagements hydrauliques ont façonné et structuré le territoire provençal et alpin. La mise en place des grands transferts d’eau puis des aménagements des chaînes hydroélectriques de la Durance et du Verdon ont permis le développement des territoires et des usages. 

A l’aval, de multiples aménagements permettent de stocker, transférer et répartir l’eau sur le territoire. L’organisation collective de ces réseaux structure le territoire :  Associations syndicales, collectivités et sociétés d’aménagement sont des espaces de gouvernance de l’eau d’où émergent des règles de partage, de maintien et modernisation des ouvrages de desserte. Au cours de cette dernière décennie, la diminution des surfaces irriguées et irrigables s’est accélérée du fait de l’urbanisation. 

La ressource est abondante mais inégalement répartie. Un constat : des territoires dans l’arrière-pays situés en zone déficitaire nécessitent de repenser les solidarités entre les territoires consommateurs pour maîtriser la demande. 2/3 des ressources superficielles en eau qui alimentent les prélèvements agricoles (1,846 milliards de m3) proviennent de ressources sécurisées (Verdon - Durance). En dehors de ces zones, les prélèvements se font dans des ressources non sécurisées, sujettes aux sécheresses.

Le SOURSE a identifié que d’ici 2030, les températures s’élèveront de 1,5°C en été et en hiver avec une baisse de 10 % de l’alimentation pluviale. Il est donc à craindre une baisse des débits, un moindre rechargement des nappes, une baisse de l’enneigement et une augmentation de la fréquence et de la durée des épisodes de sécheresse. Les travaux du GIEC, indiquent que ces évolutions vont se poursuivre au-delà de 2030.

Malgré sa performance, le système existant connaît aujourd’hui un certain nombre de limites. Il est donc essentiel de rechercher un juste équilibre entre la disponibilité de la ressource et la demande en eau. 

Les enjeux de la gestion collective de la gestion de l’eau agricole en Région

Il convient de trouver le bon ajustement entre les prélèvements, les aménagements, les systèmes d’irrigation et les besoins environnementaux.  

L’hydraulique agricole se situe à la croisée de plusieurs enjeux de territoire.

Il existe un potentiel important d’économies d’eau : plus de 182 millions de m3 d’économies d’eau ont été réalisés entre 1970 et 2000 mais il reste environ 43 millions de m3 d’économies d’eau à réaliser. Globalement, les efforts accomplis et les marges de manœuvre se situent au niveau systèmes collectifs de transport et de distribution. 

La pression foncière exercée sur les surfaces agricoles irriguées pose la question de la compensation des surfaces irrigables perdues au profit de l’urbanisation. 

Les objectifs de la politique en hydraulique agricole

La Région a intégré la gestion collective menée par les structures de l’hydraulique agricole lors de l’élaboration du SOURSE, de la charte régionale de l’eau et dans les sujets à traiter par l’AGORA -. Elle a également participé activement à l’élaboration de la stratégie régionale de l’hydraulique agricole (SRHA), pilotée par la Chambre régionale d’agriculture.

Entre 2010 et 2016, 13 millions d’euros de subventions régionales ont été alloués à 340 projets d’hydrauliques agricoles. En matière d’investissement, les aides régionales concernent l’extension des réseaux, les travaux de restauration et de modernisation des ouvrages d’hydraulique agricole. La moitié de ce budget a concerné des opérations de réhabilitation et près des trois quarts de ce budget en faveur des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.  

Elle intervient également sur l’irrigation agricole au titre de la concession régionale des ouvrages hydrauliques par la Société du canal de Provence. 

Ce cadre d’intervention en faveur de l’hydraulique agricole intègre les priorités de la nouvelle mandature à travers les nouvelles stratégies régionales de l’agriculture et de l’eau de la Région, et notamment de 4 dispositifs : 

  • Création et modernisation des ouvrages d’irrigation
  • Réhabilitation et aménagement d’ouvrages hydrauliques
  • Extension de réseaux d’irrigation
  • Gouvernance, démarches intégrées, connaissance

La politique d’intervention de la Région dans le domaine de l’eau et des milieux aquatiques, s’appuie sur un partenariat fort avec les acteurs de l’eau et ceux de l’aménagement du territoire. 

Elle a adopté une stratégie sur l’hydraulique agricole et la ressource en eau. Elle s’appuie sur les axes prioritaires suivants : 

- La promotion d’une gestion équilibrée de l’eau et des milieux aquatiques et l’accompagnement de l’adaptation de la ressource face au changement climatique. 

La Société du Canal de Provence

Initialement concession d’Etat portant sur les travaux du Canal de Provence et d’aménagement hydraulique et agricole du bassin de la Durance, cette concession a été transférée à la Région le 30 décembre 2008. La durée de la concession d’un délai de 75 ans n’a pas été modifiée, son échéance est fixée au 31 décembre 2038.

Société d’économie mixte, son périmètre d’intervention couvre une partie des départements des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, et la totalité des départements du Var, des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes.

Chiffres clé : Un patrimoine de 2,8 Milliards €. 516 salariés, répartis sur 10 centres d’exploitation. Un aménagement hydraulique de 220 km d’ouvrages principaux, 5700 km de canalisations, 94 barrages et réservoirs, 7 mini et microcentrales hydroélectriques, 25 stations de traitement des eaux (potable et industrielle).

L’activité de la Société du Canal de Provence se décline en trois métiers :Entreprise publique concessionnaire, Société de services et Société d’ingénierie  Sa mission est la desserte et la sécurisation en eau de la Provence, pour tous les usages:  Les usages ruraux représentent 42 % des volumes. Les usages industriels et urbains représentent 58 % des volumes. La SCP met son savoir-faire et ses connaissances à disposition des agriculteurs et des gestionnaires d’exploitation, dans le domaine de l’irrigation et du traitement de l’eau ; elle propose des conseils et des études personnalisées.

Rôle de Région : Au sein de la Société du Canal de Provence, la Région remplit trois rôles : Autorité concédante, financeur et actionnaire

La Maison régionale de l’eau est un membre actif de l’AGORA. Par ailleurs, le MRE a été reconnu par la Région comme une ressource en éducation à l’environnement. Par ses actions, la maison régionale de l’eau valorise et diffuse les connaissances scientifiques sur l’eau et les milieux aquatique dans un objectif de préservation et une utilisation raisonnée de la ressource en eau. 

La Maison régionale de l’eau

La Maison régionale de l’eau fait partie des associations de portée régionale qui accomplissent des missions d’intérêt général ou d’amélioration de la connaissance et de la recherche, permettant d’alimenter le dire régional et de renforcer la conscience citoyenne. Association loi 1901, elle a pour vocation la création et la diffusion de connaissances sur l’eau et les milieux aquatiques. Elle intervient depuis 1991 sur le territoire régional tant sur l’expertise scientifique et technique des écosystèmes dulçaquicoles que dans le champ de l’éducation à l’eau. 

Dans son domaine de compétences, la Maison Régionale de l’Eau s’engage à : 

  • Informer, Sensibiliser et Former les citoyens pour une culture régionale de l’eau et des risques sur le territoire régional. 
  • Accompagner les porteurs de projets, leurs actions et leurs outils… 
  • Réaliser et partager des supports de communication sur l’eau Professionnaliser les acteurs de l’eau (gestionnaires, éducateurs…) pour développer les compétences de chacun dans la connaissance des cours d’eau 
  • Etudier les écosystèmes aquatiques pour produire des données scientifiques sur les milieux dulçaquicoles 
  • Recherche fondamentale sur des milieux aquatiques.