Guillaume Castellot po/ Théâtre Liberté, Châteauvallon Scène nationale

Culture |

Charles Berling lit Albert Camus

A l’occasion de l’Année Camus initiée par la Région Sud dans le cadre de son dispositif « Une année, un auteur » Arsud propose une série de lectures exceptionnelles de textes d’Albert Camus auxquels Charles Berling a accepté de donner corps en leur prêtant sa voix. Une tournée est prévue dès mi-avril pour découvrir ou redécouvrir un auteur incomparable lu par un comédien incontournable.

Avec plus de cinquante rôles au théâtre, tout autant au cinéma, et plusieurs mises en scène, la curiosité et les désirs éclectiques de Charles Berling ne tarissent pas et l’amènent sur le terrain de l’écriture (son premier roman, édité en 2011, a emprunté d'ailleurs son titre à Camus, "Aujourd’hui, maman est morte", reçoit le prix Jean-Jacques Rousseau ; Un homme sans identité est lui édité en 2018).

Avant d’entreprendre ses lectures, Charles Berling a partagé avec nous en novembre dernier, sa perception de l’œuvre d’Albert Camus.

Que représente Albert Camus pour vous ?

Charles Berling : « Camus fait partie des penseurs, écrivains et artistes qui enrichissent notre rapport au monde d’une humanité folle, d’une envie de vérité. Camus représente un appel à l’indispensable sens critique, loin des dogmatismes en tout genre. Au-delà de la gravité de ses textes, il demeure un auteur solaire, méditerranéen, libre et universel. Sa pensée m’a toujours prodigué un sentiment de liberté et une certaine joie de vivre. »

Quelle est l’œuvre de Camus que vous affectionnez particulièrement et pour quelle raison ?

CB : « Sans conteste, « L’Etranger », car toute l’essence de Camus tient dans ce livre. Il y aborde la morale, la religion, la justice, la famille, le territoire, une mystique et bien d’autres choses essentielles.

C’est également car c’est le premier livre de Camus que j’ai lu et ce fut un véritable choc. Camus m’a fait aimer le savoir, il me l’a même offert !

J’ai alors découvert que la littérature était un instrument au service de ma liberté. C’est un don inestimable !

En quoi recommanderiez-vous la lecture de l’œuvre de Camus ?

CB : « Lorsque nous sommes adolescents, il est difficile de résister aux idées reçues, aux normes. Je n’échappais pas à la règle. Pourtant, Camus m’a appris à cette période de ma vie, que la pensée est puissante et il m’a conduit à aiguiser mon sens critique.

Aujourd’hui, alors que le panel numérique et les réseaux sociaux proposent une vision souvent simpliste et binaire de la vie et de la société, Camus, dans son universalité nous rappelle la nécessité de penser par nous-même, celle de préserver notre liberté qui ne peut se concevoir que parce que nous gardons notre esprit critique et notre libre arbitre. Lire Camus nous affranchit tout bonnement des limites sociétales.

 

Propos recueillis par Béatrice MICHEL

 

Ces lectures accompagnent l’exposition régionale itinérante "Albert Camus au plus près" qui tourne autour de 3 axes : l’homme, l’œuvre, l’action.  Trois axes pour trois lectures différentes, au cœur des facettes de la vie et de l’œuvre du Prix Nobel 1957. A retrouver du 12 avril à Gap au 19 juillet à Châteauvallon