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Particulier, Culture

Pieds-Noirs en Région Sud, 60 ans après

Mis à jour le 03 décembre 2022

La Région Sud a souhaité faire de l’année 2022 un moment fort du 60e anniversaire du rapatriement d’Algérie, en accompagnant et soutenant les projets visant à recueillir, préserver, transmettre et faire connaître la mémoire collective des Français d’Algérie et des Harkis.

Ainsi, après avoir inauguré l’exposition « Algérie 1962, le tragique exode » à Aix-en-Provence, et « les Hameaux de Forestage de Harkis en Provence-Alpes-Côte d'Azur » à l’Hôtel de Région, c’est une oeuvre audiovisuelle exceptionnelle que la Région Sud vous invite à découvrir : « Pieds-Noirs en Région Sud, 60 ans après ».

Un film en mémoire des Français d'Algérie 

Dans le cadre du 60ème anniversaire du rapatriement des Français d’Algérie et de l’indépendance de l’Algérie, le film « Pieds noirs : un héritage français » livre au travers de Sarah EL YOUNSI et Laura SAHIN, deux petites filles de pieds noirs, le récit de ce peuple de Méditerranée. Ces femmes et hommes d'origine italienne, maltaise, française, espagnole, algérienne, aux confessions diverses, incarnent la mixité́ qui fait la France d'aujourd'hui. Des personnalités comme Enrico Macias, Mado la niçoise ou Alain Afflelou mais aussi des anonymes comme Solange, André́ ou encore Huguette, leurs enfants et petits-enfants, révèlent avec émotion et enthousiasme cette cuisine, cet humour, ce besoin de transmission mais aussi cette souffrance indélébile de l’exil. Des fous rires bruyants aux larmes discrètes, il est urgent de mieux les connaître ou de rappeler qu’ils existent. C’est aussi une sorte de réhabilitation que les réalisatrices ont souhaité offrir à ces hommes et ces femmes, mal compris, débarqués en Métropole il y a six décennies, ramenant avec eux du soleil dans leur valise et dans leur cœur. 

Des témoignages authentiques et émouvants

Cette galerie de 60 témoignages et portraits vidéo de pieds-noirs résidant en Provence-Alpes-Côte d’Azur, revient sur le vécu de ces femmes et de ces hommes qui ont dû quitter leur terre natale en 1962. A eux tous, ils définissent l’identité d’une véritable communauté méditerranéenne et retranscrivent les témoignages poignants de profonds amoureux de l’Algérie.

Solange Ninu a été la dernière Miss Philippeville, élue en 1954. À 84 ans et depuis les allées du Roy d'Espagne à Marseille, elle se rappelle de "son Algérie", le bleu de sa mer et le soleil brûlant de ses étés parfois étouffants. Elle utilise encore des expressions qu'elle disait plus jeune  en Algérie "Encore aujourd'hui je dis Mektoub ; est-ce-que tu sais ce que cela veut dire ? Cela veut dire "destin" en arabe".

Jean-Luc Allizan a quant à lui une certaine fierté d'avoir été élu "plus beau bébé d'Oran" avec sa sœur jumelle " je le précisais même dans mon CV et ça amusait mes employeurs". Pendant longtemps, il délaisse l'Algérie dans un coin de sa tête. Mais plus le temps passe et plus l'Algérie occupe une place importante dans sa vie. Les souvenirs resurgissent parfois soudainement "surtout depuis qu'il vit face à la mer à Marseille". Comme Michèle Sujet, ancienne professeur de Français à Saint-Raphaël, qui raconte avoir quasiment fondu en larmes lorsqu'un élève, à peine arrivé dans sa classe, lui indique qu'il vient d'Alger. Son passé lui saute alors en pleine figure.

Alain Nahon est parti quand il avait 16 ans. Fils de commerçants, il garde de son Algérie "l'amour de la famille et des moments de convivialité avec les copains". Une convivialité que n'a pas oublié Edouard Baldo qui a grandi dans le quartier de Belcourt à Alger : "quand c'était l'Aïd, mon père achetait des moutons pour nos amis musulmans et quand c'était Noël, nos amis musulmans nous offraient des dindes". Charley Lenzini, toulonnais, n'oublie pas les plaisirs culinaires de sa ville natale, Sétif, et notamment le couscous de sa mère "le meilleur couscous du monde bien sûr. Sans parler des cocas. Un pur délice." 

À l'indépendance, quand Gilbert Chapuis a dû s'installer sur la Côte d'Azur alors qu'il n'était encore qu'au lycée, il n'a pas compris la réaction de ses camarades métropolitains : dire que ses parents étaient des colons n'avait rien de honteux pour lui bien au contraire. "Car être un colon, c'est avant tout être un agriculteur. Il n'y avait pas la maison de l'agriculture en Algérie, il y avait la maison du colon."

Un statut qu'assume Danielle Bernal dont le père et le grand-père cultivaient des oranges en Algérie : "Nous avions conscience de nos privilèges mais quand nos aïeux sont arrivés d'Espagne, ils ont travaillé dans des conditions difficiles pour faire prospérer ces terres". 

Retrouvez l'intégralité des témoignages sur la chaine Youtube "Pieds-Noirs en Région Sud, 60 après"

Mis à jour le 13 juin 2024