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Santé, Particulier

Cet été, les sauveteurs en mer sur le pont

Mis à jour le 22 juin 2023

A la Pointe Rouge à Marseille, la caserne des pompiers est aussi le repaire des bénévoles de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Tous les jours, « La bonne mère de Marseille », leur vedette star, prend le large. A l’approche de l’été, l’activité s’intensifie pour secourir des nageurs et plaisanciers, malchanceux ou imprudents.

A Marseille, les 57 kilomètres de littoral sont sous la protection des sauveteurs en mer de la Pointe-Rouge. Aux manettes de la vedette, 5 marins-pompiers. Une organisation unique en son genre, décidée en 1970, lorsque le Frioul a vu arriver ses premiers habitants et que les besoins de secours se sont fait sentir. Du côté de la SNSM, 16 bénévoles ont la charge de différentes opérations. Parmi eux, Gilbert Pouliquen, médecin anesthésiste à la retraite et amoureux de la mer et Dominique Riffelmacher, lui aussi à la retraite après une carrière à assurer la maintenance de paquebots.

Tous les cris, les SOS

« Les bretons appellent peut-être la Méditerranée une bassine, mais une bassine agitée ! prévient Gilbert Pouliquen. En quelques minutes, le mistral peut se lever et la mer peut devenir très dangereuse, courte et hachée ». De nombreuses missions de sauvetage sont dues à des imprudences ou à une mauvaise connaissance du milieu. Il y a les amateurs de paddle ou de kayak qui s’aventurent trop loin de la côte et ne parviennent plus à revenir, ceux qui louent des bateaux à voile sans savoir naviguer, ceux qui partent sans essence ou encore ceux qui pensent pouvoir rejoindre la Corse sans réaliser que cela représente 40 heures de traversée, comme l’explique Gilbert avec une pointe d’agacement. « Les interventions concernent aussi des accidents de plongées, des malaises, ou des promeneurs dans les calanques qui se blessent et doivent être rapatriés », précise-t-il. Après un appel au 18, au 196 (numéro des urgences en mer) ou un appel radio, il faut en moyenne 5 ou 6 minutes pour un départ en intervention, un record absolu. C’est l’avantage d’être directement rattaché aux marins pompiers, prêts à sauter dans la vedette dès que le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) en donne l’ordre. A leurs côtés, les bénévoles les accompagnent pour maitriser l’insubmersible, long de 16 mètres et équipé d’une caméra thermique ainsi que de tout le nécessaire pour porter secours aux victimes.

Le coût de la panne

Si le sauvetage en mer est gratuit, le remorquage est, lui, payant. Il constitue une entrée d’argent pour ce service bénévole et concerne une partie des interventions, à la suite d’une panne d’essence ou de moteur, par exemple. Elles donnent à Dominique Riffelmacher l’occasion de constater l’état des bateaux : « de nombreuses embarcations présentent des problèmes. C’est la raison pour laquelle nous proposons de réaliser des visites de courtoisie, pendant lesquelles nous vérifions que le bateau est aux normes, que tous les équipements de sécurité sont présents et fonctionnent ». Autre action de prévention forte menée par les bénévoles, les conférences-débat réunissent de nombreux curieux dans les Sociétés Nautiques. Santé à bord, homme à la mer, incendie, évacuation du bateau, les sujets ne manquent pas. Les bénévoles consacrent leur temps à rendre la rade de Marseille plus sûre, et seront sur le pont cet été pour aider les plaisanciers, mais comme le résume Dominique : « on est là pour vous sauver, mais moins on intervient, mieux c’est ! »

Sécurité en mer, les conseils de Gilbert et Dominique :

  • Assurez-vous que votre embarcation est en bon état et que la radio fonctionne
  • Vérifiez la météo et ne sortez pas si les conditions sont difficiles
  • Faites le plein d’essence
  • Adaptez votre sortie à vos passagers : enfants, débutants, personnes fragiles
  • Protégez-vous du soleil
  • Prenez de grandes quantités d’eau

Témoin ou victime, contactez les secours
Le 18 pour les pompiers
Le 196 pour les urgences en mer
 

Le saviez-vous ?
La SNSM assure également une mission bien moins connue mais tout aussi importante pour les habitants : la dispersion de cendres, qui permet aux amoureux de la mer d’y faire leur dernière sortie.

Mis à jour le 24 juin 2024