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© Crédit Photo : Ifremer
Entreprise, Environnement

Pourquoi " France 2030 " accélère l’exploration des fonds marins

Mis à jour le 07 novembre 2022

Le secteur de l’exploration sous-marine va bénéficier de moyens supplémentaires grâce à " France 2030 ". Mieux connaitre les grands fonds fait partie des priorités de ce programme d’investissement. Cela va se traduire par des nouvelles ambitions à l’Ifremer, situé en rade de Toulon, qui conçoit des engins capables d’observer les abysses dont le célèbre Nautile.

Faire de la France un champion de l’exploration sous-marine. C’est l’un des objectifs de « France 2030 », un programme d’investissement porté par la Région Sud et l’Etat. Cela va se traduire par des moyens supplémentaires en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La connaissance des grands fonds marins représente un formidable défi alors que les océans couvrent la moitié de la surface du globe et que les fonds marins restent largement méconnus. Cette exploration du fond des océans est indispensable pour collecter les données nécessaires et répondre aux grands défis environnementaux du XXIe siècle. Evolution de la circulation des eaux profondes sous l’effet du changement climatique, volcanisme sous-marin, surveillance du bon état écologique des aires marines protégées, les enjeux sont nombreux.

Au total, 300 à 400 millions d’euros sont d’ores et déjà dédiés à l’exploration des fonds sous-marins qui comprend à la fois un aspect civil et militaire. Sur le plan civil, la démarche consiste à mieux connaitre les grands fonds que ce soit sur le plan de sa faune, de sa flore ou de ses minerais. C’est une démarche d’abord scientifique avant d’être économique. Cette exploration représente un défi scientifique, technologique et industriel. En effet, les grandes profondeurs océaniques sont difficiles d’accès. La profondeur moyenne des océans est supérieure à 3 500 mètres, profondeur à laquelle la pression est 350 fois supérieure à la pression atmosphérique, la température de quelques degrés seulement et l’obscurité totale.

Ulyx, un nouvel engin avec le soutien de la Région Sud

Le site seynois en rade de Toulon de l’Institut français de recherche pour l’exploration de la mer (Ifremer) est concerné par ce plan d’investissement. Depuis 40 ans, l’Ifremer conçoit et exploite des engins autonomes et téléopérés capables de descendre à 6 000 mètres de profondeur dont le célèbre Nautile. Ce sous-marin habité, conçu par l’Ifremer, rend accessible 97 % de la superficie des fonds marins. Depuis sa mise en service, en 1984, il a effectué plus de 1 500 plongées.

En octobre 2020, l’Ifremer a lancé Ulyx, un drone sous-marin qui a mobilisé les compétences d’une quarantaine de scientifiques, d’ingénieurs, avec le soutien technique et financier de la Région Sud. Depuis, seuls quatre pays au monde détiennent un tel robot conçu spécifiquement pour la science et capable de plonger jusqu’à 6 000 mètres de fond. Ulyx se distingue de ses homologues japonais, américains et britanniques par ses performances de navigation et un niveau d’équipements inédits, une véritable rupture technologique dans l’exploration des abysses. Cette invention permet à la France d’occuper une place de pionnier.

France 2030, « une remarquable opportunité »

Inédit par son ampleur, le programme d’investissement « France 2030 » comprend 54 milliards d’euros investis dans les entreprises, les universités et les organismes de recherche. L’enjeu est de répondre aux défis écologiques et d’attractivité. « France 2030 est une remarquable opportunité pour accompagner notre ambition régionale, a déclaré Renaud Muselier, le Président de la Région Sud. Pour bâtir le premier budget vert d’Europe en 2023, dans une approche qui concilie économie et écologie, environnement et développement, on doit se positionner sur tous les appels d’offre nationaux. C’est tout le sens de cette initiative : obtenir le maximum de crédits nationaux pour notre région avant tout, dans nos filières stratégiques et d’avenir ! »

 A ce jour, 91 projets régionaux ont été déposés pour 200 millions d’euros, ce qui place la Région Sud en septième position en France. Afin de décrocher davantage de crédits, elle lance une expérimentation pour accélérer les dossiers. Les priorités sont l’exploration des fonds marins mais aussi la biomédecine, la décarbonation de l’industrie.

Mis à jour le 21 juin 2024