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27 janvier : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité

En partenariat avec des lieux dédiés à la mémoire des génocides, la Région Sud promeut l’apprentissage à la citoyenneté et à la tolérance contre toutes formes de racisme et de discriminations.

La Région Sud s’est engagée dans une politique volontariste en direction de la jeunesse en élevant le travail d’histoire et de mémoire de la Shoah* au rang d’obligation citoyenne. Cette politique vise à développer l’apprentissage de la citoyenneté, l’esprit de solidarité et de tolérance comme rempart au racisme, à l’antisémitisme et à toutes formes de discrimination. Concrètement cela se traduit par des partenariats avec des institutions, des centres de ressources et lieux de mémoire afin de sensibiliser le jeune public, essentiellement lycéen et apprenti, au devoir de mémoire.

« Je tiens à soutenir activement le devoir de mémoire et l’héritage mémoriel des événements tragiques de notre histoire contemporaine. C’est pourquoi, je veux les défendre et les transmettre à nos enfants. Ce sont eux qui incarnent la jeunesse de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et les décideurs de demain, affirme Renaud Muselier, Président de la Région.

 

« Des engrenages menant au pire »

Une action déterminante pour cette transmission auprès des jeunes peut s’exercer sur le territoire régional par l’intermédiaire du Site-mémorial du Camp des Milles, situé sur la commune d’Aix-en-Provence. Depuis plusieurs années l’ancien camp d’internement et de déportation, entre 1939 et 1942, a été réhabilité en haut lieu de mémoire et d’histoire. Il est géré aujourd’hui par la Fondation du Camp des Milles – Mémoire et Éducation. « Il est de notre responsabilité commune de rappeler l’histoire du camp des Milles, du régime autoritaire de Vichy ainsi que de la Shoah et des grands génocides afin d’éclairer les citoyens, et en premier lieu notre jeunesse, contre tous les extrémismes identitaires, nationalistes ou religieux, qui sont le moteur des engrenages menant au pire » explique Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Éducation.

Ainsi, plusieurs centaines de lycéens et d’apprentis de Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficient du partenariat de la Région et de la Fondation, chaque année. En se rendant sur le site de l’ancien camp d’internement et de déportation, ils prennent connaissance de documents d’archives, de recueils de témoignages, d’une scénographie complète relatant les faits précis qui s’y sont déroulés. Sensibilisés dans un premier temps par leurs enseignants aux atrocités commises durant la Seconde Guerre mondiale et aux décisions politiques qui les ont permises, les jeunes visiteurs en acquièrent une conception plus claire et plus complète après leur immersion au sein du camp des Milles.

 

« Mémoire et Citoyenneté »

Depuis 2007, la Région anime le dispositif « Mémoire et Citoyenneté » en partenariat avec le Mémorial de la Shoah et les Académies de Nice et Aix-Marseille et la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF).  Ce partenariat fait l’objet d’une convention triennale d’objectifs avec le Mémorial de la Shoah et d’un financement régional annuel à hauteur de 95 000 euros. Mémoire et Citoyenneté se traduit par le lancement annuel d’un appel à projets en direction des lycées publics et privés sous contrat. Cet appel à projets permet à des lycéens de développer des projets centrés sur la Shoah et la transmission de sa mémoire. Ainsi, chaque année une dizaine d’établissements de la région s’engage dans la réalisation d’un projet pédagogique sur le thème de la Shoah et participe à un voyage d’étude à Auschwitz, avec l’accompagnement pédagogique et logistique du Mémorial de la Shoah.

*Génocide du peuple juif par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.

Le camp des Milles entre 1939 et 1942

Ouvert en septembre 1939 au sein d'une tuilerie, située entre Aix-en-Provence et Marseille, le camp des Milles connut un peu plus de trois ans d'activité et vit passer plus de 10 000 internés originaires de 38 pays, parmi lesquels de nombreux artistes et intellectuels. L'évolution tragique de la répression dont furent victimes les étrangers et surtout les juifs sous le régime de Vichy est vérifiée par l’histoire du camp. Cette évolution culmina en août et septembre 1942 par la déportation, à partir du camp des Milles, de plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs vers Auschwitz via les camps de Drancy (Seine-Saint-Denis) et de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales).

Site-Mémorial du Camp des Milles

Le Mémorial de la Shoah

Centre de ressources disposant des premières archives d’Europe sur la Shoah, installée au tournant du « siècle des génocides », ouverte sur le siècle nouveau, cette institution neuve est un pont jeté entre les femmes et les hommes contemporains de la Shoah et ceux qui n’ont pas vécu, ni directement, ni par la médiation de leurs parents, cette période historique. Pourquoi et comment enseigner la Shoah au XXIème siècle ? Ces questions sont au cœur de la mission du Mémorial, au cœur du travail des historiens, chercheurs comme formateurs, qui animent la vie de ce lieu de rencontre entre tous les publics, grand ouvert sur les nouvelles générations.

Site du Mémorial de la Shoah

Aux origines de la Journée commémorative du 27 janvier 

Le 27 janvier est la « Journée internationale dédiée à la mémoire des génocides et à la prévention des crimes contre l’humanité ». Cette Journée commémorative a notamment été proclamée telle par le Conseil de l’Europe, en 2002, et l’Assemblée générale de l’ONU, en 2005. Le choix de la date renvoie au 27 janvier 1945. C’est la date de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz par l’Armée rouge soviétique ; 7 000 prisonniers sont libérés alors que le nombre de victimes de ce camp d’extermination est évalué à un million.