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Voile : les espoirs se disputent le titre de champion de France

Entre le 20 et le 29 août, des centaines de jeunes venus de toute la France se sont retrouvés autour de l’étang de Berre. L’enjeu : le prestigieux titre de champion de France Espoir. Jeunes navigateurs, entraineurs et directeurs de clubs témoignent.

Au Nautic Club Miramas, les drapeaux sont tendus par le vent, qui souffle à près de 20 nœuds. A l’ombre des platanes, 144 jeunes représentent les 14 ligues régionales qui participent à cette finale dans la catégorie Extrême Glisse Foil (c’est-à-dire la planche à voile sur foil, pour les néophytes). L’ambiance est studieuse chez ces navigateurs âgés de 15 à 19 ans, qui ne semblent pas prêter attention à Manu Chao qui pousse la chansonnette dans les enceintes de la buvette. C’est le calme avant la tempête : une dernière vérification du matériel, quelques mots face aux caméras de la presse locale venue couvrir l’événement et il sera temps de se mettre à l’eau. Chaque jour, ils s’élancent en espérant faire leur meilleur chrono. « Nous leur présentons le parcours choisi le matin même, explique Didier Flamme, directeur technique de l’événement. Une fois sur l’eau, ils enchaînent des sessions de 10 à 15 minutes. A la fin de la semaine, nous faisons le classement en enlevant à chacun ses deux plus mauvais temps. »  L’enjeu est de taille, puisque le titre de champion est l’un des critères de labellisation haut niveau, qui conditionne l’entrée des navigateurs sur les centres d’entraînement.

Parmi les nombreuses ligues présentent, celle de la région n’est pas en reste. « Plusieurs de nos jeunes coureurs se retrouveront sûrement aux JO en 2028 ou 2032, annonce Xavier Mariani, entraineur du pôle espoir de la Région. Nous sommes là pour amener ces jeunes à accéder au haut niveau, mais aussi pour en faire des adultes prêts pour la vie active, car la voile n’est pas un sport professionnel. Ils doivent gérer leur projet scolaire, tout en s’entraînant 4 fois par semaine, penser à leur stratégie de navigation, travailler leur tactique, comprendre comment fonctionne la météo. Ce sont des jeunes très autonomes, structurés, rigoureux, qui font beaucoup de sacrifices. » Dans le club de Miramas comme dans les autres clubs de la région, l’approche des JO crée l’effervescence. « Même s’ils ne sont pas encore directement concernés par les JO, cet événement va leur permettre d’être au contact des athlètes et de voir ce vers quoi ils doivent tendre. Et puis, c’est toujours intéressant de voir évoluer des gens qui les font rêver depuis des années » ajoute l’entraineur.

A Martigues, 600 jeunes dans le vent

A quelques kilomètres de là, au cercle de voile de Martigues, l’une des plus grosses structures de la région, d’autres épreuves ont lieu. Catamarans, dériveurs en double ou en solitaire (petits voiliers à fond plat munis de dérives), habitables (voiliers plus imposants munis d'une quille et d'une cabine), les embarcations et les quelques 600 jeunes qui se disputent le titre prennent possession du plan d’eau. Ici aussi, le vent souffle fort et la mise à l’eau est déjà sportive. Les bômes des bateaux se balancent, les voiles se déchainent et certains parents viennent à la rescousse des plus jeunes compétiteurs. La session s’annonce musclée. Bertrand Menochez est directeur du centre, qui accueille les championnats de France Espoir depuis 20 ans : « Le club est organisé pour ça et la région l’accompagne via son plan voile en finançant du matériel et la rénovation de la base. Nous avons formé ici des jeunes très prometteurs, comme Joana Alves Lourenco, qui à seulement 15 ans est 2 fois championne de France Open Skiff (petit dériveur adapté aux enfants, ndlr), vice-championne du monde d’open skiff et actuellement première au classement de ce championnat. Maintenant elle s’entraîne à Marseille au pôle France, ça fait peine à son entraineur mais c’est beau à voir. »

La jeune martégale a de la suite dans les idées : « Pour ce championnat, je connais bien le plan d’eau, j’y navigue depuis que j’ai 7 ans, quand j’ai fait ma première sortie voile à l’école primaire. Aujourd’hui je m’entraine 4 ou 5 fois par semaine au pôle France à Marseille. Je fais tout pour avoir le niveau et pouvoir participer au JO en 2028. Pour 2024, ce sera trop tôt pour moi mais je serai là pour encourager les athlètes. En tant que sudiste je suis très fière que ma Région accueille les JO. »

Rien n’est joué avant la fin de la compétition. Pendant encore quelques jours, les jeunes s’affronteront sur le plan d’eau. Vendredi, les nouveaux champions de France seront désignés. Et parmi eux se cachent, peut-être, nos futurs champions olympiques.

 

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